INSURRECTION DE
Assez tosl après que le Roy eut espousé femme , le conte de Champaigne commença à contrarier le Roy et cnforcer ses villes et ses chastiaus et à faire garnisons. Nouvelles vindrent au Roy à Paris, où il estoit, que le conte vouloit entrer en France à force d'armes. Si manda le conte de Poitiers son frère et Robert d'Artois et pristrent conseil ensemble qu'il manderoient leur gent ; et ainsi le firent, et puis se mistrent en chemin droit vers Champaigne pour abatre la fierté du conte. ~ Le conte Thiébaut sceut que le Roy venoit contre luy à grant compaingoie de gent; si se doubla que le Roy ne luy tollist sa terre et envoya au Roy des plus sages hommes de son conseil pour requerre paix et amour. Et pour ce que le Roy avait fait despens à sa gent assembler , le conte lui doonoit
deux bonnes villes avecques les appartenances; c'est assavoir Monstereuil en for l'Yonne et Bray sur Seine. Le Roy qui tousjours fu piteux lui ottroya paix et accordance. — A celle paix faire fu la Royne Blanche, qui dist : — Par Dieu , conte Thibault, vous ne deussiez point estre nosti-e contraire : et vous deust bien remembrer de la bonté, que le Roy mon fils vous fist, qui vint en vostre aide pour secourre vostre contrée et vostre terre contre tous les barons de France , qui la voulaient toute ardoir et mettre en charbon, » Le conte regarda la Royne , etc. — Nous avons donné le texte de ce passage dans notre préface. -- Grandes chroniques de France^ t. IV. p. 255.