‹ Chansons du 15e siècle, publiées d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale de ParisChapitre 11 sur 100 · XXXV. — * Cette chanson se retrouve dans le ms. de Baveux · texte numérisé non relu

XXXV. — * Cette chanson se retrouve dans le ms. de Baveux

■■* Esgacher, agacer, houspiller; proprement ce verbe désigne le cri de la pie ou af^ace.

' Poussin] le mot poulet est peu usité au moyen âge: poucin remplace notre poussin et notre poulet.

Je m'en allé droit au quoquart *, Et luy dis : « Que quiers tu^ Jouen ? » « Certes, sire, c'est le renart, i i6 Qui ne nous lessa tout ouen ^. »

« Vous dictes vray : il s'en va la ; Courrez après, si sera prins.»

Jouan me creut et y alla :

20 O sa femme je m'en revins.

Si vous demourez longuement, Mon amy, sans me venir veoir^ Je vous fays du tout ^ a savoir 4 Que je meurs pour vous seuUement.

Et vous en yrez vous ainsy Sans me venir veoir, mon amy?

Vous me faictes languir ycy 8 Sans de moy avoir nul mercy.

Vous souviengne du temps passé.

De ce que m'aviez promys :

Le cueur de moy avez tiré, 1 2 Qui oncques vers vous n'a mespris.

Venez acquiter vostre foy; Car je vous jure mon serment Que ce que je vous dy est vray : 1 6 Je Pay mis en mon testament.

* Quoquart ou coquart. Ce mot est employé à la fois dans le sens de « jeune homme qui fait le beau, l'élégant », et de '< niais ». C'est ce dernier sens qu'il a ici. Le dérivé coquardeau n'a guère que celui-là.

* Oucn, cette année (voy. vi, 26) ; tout ouen, de toute l'année.

XXVI. — ^ Du tout, absolument, sans réserves; nous n'avons gardé cette locution qu'accompagnée d'une négation.

— DÇ)

^^ Plaisante fleur que j'ay tant désirée, En vous j'ay mis mon cueur et ma pensée, Sans jamès autre eslire ne choisir : Oncques puis l'heure que vous eu advisée, 5 Je n'eu ailleurs fors qu'a vous mon désir.

[« Vostre doulx cueur en emporta le mien : Gardez le bien, plaisante créature.

Et me donnés le vostre qui soit myen, 9 Ou je n'ay rien, fors soucy que j'endure*.]

« Je n'auroie pas une seuUe journée De mon plaisir, s'avecques vous n'estoie. Pour Dieu, ma dame, vueillez moy secourir, Ou aultrement plus vivre ne pourroie : 14 Je ne viz pas, je ne faiz que languir. »

tt Puisque tu dis de m'avoir tant aymée, Raison n'est pas ne droit que je te hée ^ : De tout mon cueur de joye te vueil saisir A tousjours mes, en quelque lieu que soye, 19 Mais que bien gardes mon honneur d'amaindrir. »

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