‹ Chansons du 15e siècle, publiées d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale de ParisChapitre 18 sur 100 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

V ecy venir la gellée, Qu'il fait froit en la saison.

Que m'amye est mariée :

4 Dieu luy doint anuyt bon jour !

Que m'amye est mariée :

Dieu luy doint anuyt bon jour Et aussi bonne journée, 8 Et a my pareillement !

Et aussi bonne journée Et a my pareillement !

Je la prins par sa main blanche, 12 Et la gecté soubz ung houx;

Je la prins par sa main blanche Et la gecté soubz ung houx :

« Baisez moy, ma doulce amye :

i6 Une robbe vous donray;

c( Baisez moy, ma doulce amye ; Une robbe vous donray D'escarlecte ou de migraine ^, 20 Ou de tel drap que vouldrez;

LUI. — * L'écarlatc, anciennement, n'est pas une couleur, mais bien une étoffe de drap fin. Quant à la mi foraine, il est probable, drap teint en ^r^iVie signifiant étoffe imbibée de teinture rouge, qu'il s'agit d'étoffe à demi imbibée de la même teinture. Voy. la note de M. dliéricaultàCoquillart, t. I,p. 7S.

a D'escarlecte ou de migraine Ou de tel drap que vouldrez; Et puis quant l'aurez vestue, 24 II vous souviendra de may.

« Et puis quant l'aurez vestus Il vous souviendra de moy. »

« Ne suys je pas mariée ?

28 Mon amy, oubliez may.

a Ne suis je pas mariée ?

Mon amy, obliez moy. »

a Qui bien aime tart oublye :

32 Oublier ne vous sarovs.

« Qui bien aime tart oblie :

Oublier ne vous sarois

Que mauldit soit le lignaige Et cellui pareillement Qui a fait le mariage 40 Dont j'en ay le cueur dollentî

Q ui a fait le mariage Dont j'en ay le cueur doUent !

Les oyseaulx du bois ramage 44 En ont tout perdu leur chant.

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