LXX
La dernière nuitée d'apvril En une chambre m'y dormaye, Sydoulcement m'y repousaye, En actendant le moys de may 5 Qui n'estoit gueres loing de moy.
Il me vint ung souvenement D'aller veoir m'amye par amour :
Je m'y levay apertement^ 9 Pour aller veoir s'il estoit jour.
Est il jour? si m'aist Dieux, ouy; Adonc je me mys en la voye Pour aller veoir sy trouveroye 1 3 La tresgracieuse au cueur gay.
J'ouy chanter ung si doulx chant Qu'il n'est homme si près de mort, Si Tescoutoit^ bien je m'en vaut, 17 Qui n'y pransist moult grant confort.
'^ Ce qui me donne courage, envie.
LXX. — ' Dans le ms. de Baycux se trouve une chanson dont la première strophe seule ressemble à la nôtre.
^ Apertement ; ce mot doit avoir encore ici le sens qu'il a au treizième siècle : « adroitement, agilement. »
C'estoynt les oysillons du bois, Le doulx rousigneul et la troye ^, Qui demenoyent si très grant joye Qu'avis me fut en bonne foy 22 Que paradis fust près de moy.