‹ Chansons du 15e siècle, publiées d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale de ParisChapitre 30 sur 100 · LXXVII · texte numérisé non relu

LXXVII

^^ C'est simplement donner congié A ung sien amy quant on l'a :

A tout le moyns j'eusse dit : Va I 4 Fourvoyés vous, car j'é changé.

« Hellas! je n'eusse pas cuidé Que vous feussiés de ses gens la ; Mais, belle, quant il vous plaira, 8 De vostre amour je jouyrai. »

LXXVII. — * Cette chanson se retrouve en partie dans le recueil Lotrian de i543. Elle est citée au livre \ de Pantagruel.

a Garson, tu es bien abuzé De toy venir a moy jouer :

Tu n'y faitz rien que babiller; 1 2 Ailleurs te convient prochasser ^ )>

Pandu soit il qui se fira En femme qui deuxamys a; Qui plus y mect plus y perdra :

i6 Pour ung perdu deux couvrera 'K

Or suis je bien desconforté De la belle qui m'a laissé, Mais pleust a Dieu qu'il m'eust cousté 20 Mille escuz et Feusse couvre.

[Roussignolet du boys joly, Va a mon amy et luy dy Que je me recommande a luy 24 Et qu'il viengne parler a my.l

James d'amoureux couart n'orrez bien dire.

Il y a ung amoureulx en ceste ville Qui a bien amé ung an sans i-iens en dire. 4 James d'amoureux couart n'orrez bien dire.

Qui a bien amé ung an sans riens en dire, Et sy parloit tous les jours a son amye. 7 James d'amoureux couart n'orez bien dire.

^ Pi'ocJiasser, pourvoir.

3 Coiivrer^ simple de recouvrer. Ce mot était déjà vieilli au quinzième siècle ; le ms. Ta remplacé par recouvrer ici et au V. 20 : la mesure l'exige dans les deux cas. — Le sujet est ici la femme : pour un amant qu'elle perd, elle en retrouve deux.

Et sy parloit tous les jours a son amyc, Et la baisoit bien souvent sans luy mot dire. 10 James d'amoureux couart n'orrez bien dire.

Et la baisoit bien souvent sans luy mot dire ; Quant ce vint au bout de l'an, elle souppire. 1 3 James d'amoureux couart n'orrez bien dire.

Quant ce vint au bout de l'an elle souppire. « Qu'avez vous a souppirer, ma doulce amye ? » i6 James d'amoureux couart n'orrez bien dire.

a Qu'avez vous a souppirer, ma doulce amye? Si vous souppirez du cueur, sy me le dictes. » 19 James d'amoureux couart n'orrez bien dire.

« Sy vous souppirez du cueur, sy me le dictes; Sy vous souppirez d'amours, je vous en prie^ » 22 James d'amoureux couart n'orrez bien dire.

^^ Je feusse resjouye Sy je veisse cellui 3 A qui je suis amie. »

a Faux jaloux plains d'envye Sy ont parlé sur moy, 6 Sur moy et sur m'amye.

« En ma chambre, m'amye, Nous irons vous et moy, 9 Sans point de villennye'. »

LXXVIII. — * C'est-à-dire : « je vous prie d'amour, » locution usitée pour dire : « demandera une femme son amour. »

LXXIX. — * Point, même avec un sens purement négatif, s'emploie encore au moyen âge avec la valeur d'un substantif. C'est le cas ici.

« Ma mère en est mamCj Et dit qu'el me batra 12 Sy je fays la foUie * :

« Il fault bien que j'en rie, Car jamès n'en cessa i5 Tant qu'elle fut joUye.

« Nous menrons bonne vie Le dernier l'uys clorra ; i8 II n'est tel quoy qu'on dye. »

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