LXXXIV. — * Mesprison, faute, tort
2 Entendez je m'enhorte, c'cst-à-dirc « je m'efforce », littéralement « je m'excite, je m'encourage ».
' Perrichon, diminutif familier de Pierre. Marrison, chagrin.
Que plus n'allon a la petite porte 8 Luy et moy a mynuit quérir la verte cotte ^.
Tous mes parenz, ne soyez esbahyz Sy je m'en voys ^ en estrange pays : Vostre rigueur et maulvaise riote "^ 1 2 Me font fouyr le pais, et fault qu'au loing je trote.
Ne vous plaignez, mon bel oncle Regnault, Car pour voz plains certes il ne m'en chault : Vostre foUeur et correption ^ sote i6 M'ont fait souventefîoyz désirer estre morte.
Dueil angoisseux sans nul forfait
A ma joye ravie^ Et de tout plaisir en effait 4 M'a fortraite et bannye.
De ce piteux et dolent fait
Je suis toute esbahye; Mais dure fortune l'a fait^ 8 Qui n'est de nul amye.
Les plus grands petits elle faict
Par sa cruelle envie; De toute joye m'a deffait :
12 C'est ung cas qui m'ennuye.
3 La verte cotte; cette locution, dont on a donné des explications trop approfondies, signifie simplement Faction de s'asseoir ou de s'étendre sur l'herbe, qui, naturellement, laisse sa marque au vêtement. Voy. les exemples à l'historique de Littré (s. V. cotte); dans la citation de la reine de Navarre il faut lire deux fois bailler au lieu de baisser.
• Voys, forme ancienne et étymologique pour vais.
"^ Riote, querelle, chicane.
' Correption, réprimande.
Et a nulli * qui soit vivant Ma douleur n'ousc dire.
Tant ay paourdu taulx médisant 16 Qui s'csbat a mesdire.
A tout bien est contredisant,,
Et va de mal en pire ; En Guidant faire du plaisant 20 II mort quant il doit rire.
LXXXVP
Cécile qui m'a demandé Argent pour estre m'amye, El m'a fait grant villennye :
4 James je ne Taymeray.
Et bon gré en ait ma vie - !
Lui fault il prendre retour^ ?
Ne luy doibt il pas suftire 8 Sy je luy donne m amour ?
Je la quicte en bonne foy Et feray une aultre amye, Puis qu'el demande partie 12 D'argent qu'avon elle et moy*.
[Ma damoiselle m'amye.
De vostre cousté vient le tort,