‹ Chansons du 15e siècle, publiées d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale de ParisChapitre 35 sur 100 · LXXXVII. — » Tanné, voy. v · texte numérisé non relu

LXXXVII. — » Tanné, voy. v

* Je n'ai pas rencontré ailleurs cettj si^^nification attribuée au jaune. Voy. cependant les Poésies de Martin Despois, p. p. M. R. Dczeimeris (Bordeaux, 1875), p. 49.

LXXXVIII. — ' Le pas d'armes, espèce de tournoi (voy. Littré).

* Rustres, ici simplement vigoureux. — Gorgias, mot trèsusité au quinzième siècle, qui signifie « élégant jusqu'au luxe, fastueux sur sa personne «.

Pourpoints d'orfaverie et manteaulx de damas '; 5 Les chesnes en escharpe trainentes jusqu'en bas, Etfaisoyentles gambades plushautqueleurspleumas^. J*y advisé ma dame qui ne me veoitpas, Faisant chère moyenne, et a son rent chanta : a Mon cueur n'est pas en joie pourtant sy je m'esba :

10 « Mon amy est en court qui avecques luy Ta;

<c Mais j'ay bonne espérance que de bref reviendra, « Et coucherons ensemble tous deulx nuz braz a braz;

i3 « En despit qui qu'en groigne^ tousjoursilm'aymera.»

^^ Entrée je suis en grant torment, Mon amy^ pour vous regarder; Or me doint Dieu allégement 4 Ou aultrement mes jours finer î

« Je vous sers de beaulx argumens, Mais tousjours vous me répliqués^ Et dictes qu'il n'est nullement 8 Possible d'y remédier. »

ic De cela plus ne me parlez, Chère dame que j'ayme tant; Maisj je vous pry^ considérez 12 Qu'il n'est pas aise qui attend. »

3 Damas, étoffe venue de Syrie; le nom nous en est resté.

■* Pleumas, plumets. De là plumassier.

^ Qui qu'en groigne est une phrase complète (pour qui qui en grogne]^ dont l'usage a un peu effacé le sens; dans une phrase comme celle-ci le second qui n'est pas justifié.

Ha ! la doloreuse journée Que de mes amours dcparty !

J'en suis demouré sans party ; 5 Elle m'est par trop fortunée *.

Une seullc dame et maistresse J'ay bien aymée sans repcntyr :

Par quel raison ne pourquoy esse S Qu'il nous fault si toust départir ?

Esse le malheur de l'année, Ou d'elle, ou de moy, ou d'aultruy? Ou si Mallebouche^ a menty, 1 2 Qui tousjours parle à la voilée ?

C'est grant pitié quant gentillesse Vient par amour jusqu'à périr; Car d'elle doibt venir noblesse, i6 Qui tousjours vcult honneur quérir.

En douleur et tristesse Languiray je tousjours, Sy je pers ma maistresse, Ma dame par amours.

M'amour luy ay donnée:

James ne Toubliray; En parle qui qu'en groingnc, 8 Tousjours la serviray.

XC. — ' Fortuné se prend souvent (voy. Littrc) dans le sens de voué à la mauvaise fortune. Un sens analogue du primitif s'est conservé dans /or///ne de mer.

2 Maîlebouche, voy. xxvni, 5.

Ce n'est pas de merveille Si je la veulx aimer, Car c'est la non pareille Qui soit dessa la mer ; James tant que je vive Autre je n'aymeray, Et s'elle estoit en gaige 1 6 La vouldroye racheter.

Sy tous les maulx du monde Estoyent ensemble mis, Et il y eust ung homme Qui les voulsist souffrir, Encore vieulx je dire Que le myen est plus grant; Pourtant, ma doulce amye, 24 Contentez vous d'autant.

XCIP

Fortune a tort :

Par son effort En grand descort Sans nul confort Ousté m'a la présence D'une que j'ame De cueur et d'ame :

Je la tiens dame Sans nule blasme, 10 Des aultres l'excellance.

Tant triste en suis Que jours ne nuitz En nulz desduitz Ne me réduis,

XCII. — * Cette chanson (ou la suivante) est citée au I. V (ch. 33) de Pantagruel.

Mais tout seul je souspire ; Sy je m'esbas En quelzque esbatz, Guidant soûlas Avoifj helas I 20 Le mien mal en empire.

Par le rapport De faulx aport Je suis au port De dur transport, Dont je souffre a oultrance; Danger de mort Qui picque et mort Mon cueur remort Pour le fier port^ 3o D'une fille de France.

Triste rigueur Tient en langueur Mon dollant cueur, Et n'a vigueur Fors qu'a mourir aspire; O noble fleur, Vostre valleur Me fait douUeur :

Car de malheur 40 J'ay de tous maulx le pire.

xciir

Fortune a tort :

Par son effort En grant discort

* Port, manière de se conduire, de se déporter.

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