‹ Chansons du 15e siècle, publiées d'après le manuscrit de la Bibliothèque nationale de ParisChapitre 36 sur 100 · XCIII. ' Cette chanson est une imitation de la précédente · texte numérisé non relu

XCIII. ' Cette chanson est une imitation de la précédente

Sans nul confort Osté m'a la présence Du myen amé, Le mieulx famé, Le renommé^ Le réclamé^ 10 Des amans l'excellance.

Tant triste en suis Que jours ne nuyz En nulz desduitz Ne me rcduys, Mais seullecte souspire ; Quant je m'esbas En quelque esbas, Guidant soûlas Avoir, hellas !

20 Le myen mal en est pire.

En mon advis Plus je ne vis, Mais je transis :

J'ay mon cueur mis En ces prisons cruelles, Dont je mourréj Ainsi le croy, Sy je ne sçay Et de luy n'ay 3o Bien toust bonnes nouvelles.

De ce malheur Et tourmenteur En a mon cueur Si grant douUeur Qu'a peine peult il vivre ;

2 Ce vers se rattache au suivant : « Celui qu'on proclame l'idéal des amants. »

Vray Dieu d'amours^ A vous recours Quérir secours Et en briefs jours, 40 Ou a mortsoye délivre.

Hellas ! que je suis désolée, Plaine de dueil et de soucy^ Sur ma foy plus que je ne dy^ 4 De mon amy qui m'a lessée !

Il m'a lessée seuUe^ esgarée, Et n'ay reconfort de nuUy :

Je croy que je mourray d'ennuy 8 Sy de bref ne suis consollée.

Hellas ! pourquoy m'a il lessée ?

Je ne luy ay ne fait ne dit ; J'avoye mys mon amour en luy, 12 Mais je voy bien qu'il m'a trompée!

Hee ! Dieu, quel piteuse journée Quant de moy il fut desparty !

J'en eu le cueur triste et marry : 16 J'eusse voulu estre enterrée.

O tresdoulce Vierge honorée, Vueillez en pitié regarder Et la vueillez reconforter, 20 Celle qui tant est désolée.

Sy je pcrdoys mon amy, Pas n'aurois cause de rire ;

Je l'ay si longtemps servi :

Vray Dieu ! qu'en voullés vous dire ?

Il y a an et demy Que sur tous l'avoye choisi.

Morte suis si je ne l'ay; 8 Qu'en vouliez vous donc dire de moy ?

Par ung matin m'y levay, Dès que vy le souleil luyre; En noz jardrins m'en entray Non pas sans melencolye, Et disoys tout a par moy :

Quant mon amy pourray veoir ?

Morte suis sy je ne l'ay; 1 6 Qu'en voulés vous donc dire de moy ?

Je vouldroye celluy par qui Toute ma joye est bannye Au plus fin parfond d'ung puys Ou le souleil ne luist mye^ Et je tinsse mon amy Entre mes braz esveillé.

Morte suis sy je ne l'ay; 24 Qu'en voulés vous donc dire de moy ?

XGVP

1 ousjours de celle me souvyn Qui a la teste envelopat D'in covrechef ensaffrenat*. 4 La merendeM je l'ama bin.

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