‹ Chansons du Chat noirChapitre 6 sur 9 · Partie de Tambour d'après le règlement du 12 Juia ISTii · texte numérisé non relu

Partie de Tambour d'après le règlement du 12 Juia ISTii

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MARCHE DES SCOLAIRES

Il était un' fois quat" mioches, Conduits par un caporal.

C'était r bataillon sans r'proches Des scolair" de Bougival.

L'un mangeait du pain d'épice, Le deuxièm' du chocolat, L' troisièm' suçait du réglisse Et r quatrièm' son p'tit doigt.

Refrain.

Et moi, les mains dans mes poches,

Je m' disais en voyant ça :

Oh ! là ! là ! Qu'est c' qui mouch'ra

Tous ces mioches !

Oh ! là ! là ! Qu'est c' qui mouch'ra

Tous ces mioch'-là !

Soudain la troupe héro'ique Voit un bout d' cigare éteint

Qui gisait, mélancolique, Abandonné du destin.

Tous quatre avec frénésie Tomb' dessus comm' des vautours.

L' premier dit : « Pas d" jalousie, On r fum'ra chacun son tour. »

Et moi, les mains, etc.

Tout en faisant d' la fumée.

Ils entrent chez 1" mastroquet, L' deuxièm" dit : « C'est ma tournée, Moi j' m'enfile un perroquet! »

« Patron, servez-nous du raide, » Fait rtroisièm". un p'tit pâlot ; L' quatrièm' dit : « J'intercède Pour un verr" de picolo ! »

Et moi. les mains, etc.

Les voilà près d' la boutique Au grand épicier du coin, Qui faisait d' la politique A cent pas d' son magasin.

Tout à coup r premier s'écrie, En montrant un grand baquet :

« C'est d' la mélass', je V parie.

Mince c' qu'on va s'en flanquer !

Et moi, les mains, etc.

Saisissant 1' moment propice.

Ils font semblant d' se cogner Pour fair' sauver la police Qui commence à les lorgner.

Le plus grand, l'ivress' dans l'âme, Plong' son sabre dans l' tonneau, Y en a deux qui suc' la lame Et deux qui suc' le fourreau.

Et moi, les mains, etc.

« Sapristi, j'ai la colique.

Fait r quatrièm' tout d'un coup ;

Faut qu'on s' soit trompé d' barrique.

C'était pas sucré du tout ! »

— « Et moi j'ai 1' feu dans la tête,

J' crois qu' c'était du savon noir ;

Faut-il qu' l'épicier soit bête,

Nous allons mourir ce soir ! »

Et moi, les mains, etc.

Vint à passer Déroulède ;

II aperçut les gamins

Qui criaient tous quatre : A l'aide !

En s' tordant 1' ventre à plein' mains.

D'un geste patriotique

Les réchauffant sur son cœur,

Il dit : « Viv' la République,

J'ai sauvé quatr' z'électeurs ! «

Et moi, les mains dans mes poches,

Je m' disais en voyant ça :

Oh! là! là! Qu'est c" qui mouch'ra

Tous ces mioches!

Oh! là! là! Qu'est c' qui mouch'ra

Tous ces mioch'-là!

LE PENDU

LE PENDU

Moderato

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Le Bri.

LE PENDU

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Un garçon venait de se pendre, Dans la forêt de Saint-Germain, Pour une fillette au cœur tendre, Dont on lui refusait la main.

Un passant, le cœur plein d'alarmes, En voyant qu'il soufflait encor, • Dit : « Allons chercher les gendarmes, Peut-être bien qu'il n'est pas mort ! «

Le brigadier, sans perdre haleine,

Enfourcha son grand cheval blanc.

Arrivé chez le capitaine.

Il conta la chose en tremblant :

« Un jeune homme vient de se pendre,

A son âge, quel triste sort!

Faut-il qu'on aille le dépendre ?

Peut-être bien qu'il n'est pas mort ! »

L'officier, frisant sa moustache, Se redresse et répond soudain :

« Vraiment, c'est une noble tâche Que de soulager son prochain ; Cependant, je n'y puis rien faire, Ça n'est pas de notre ressort.

Courez donc chez le commissaire, Le pendu vit peut-être encor ! »

Le commissaire sur la place

Descendit, c'était son devoir.

D'un coup d'œil embrassant l'espace,

Il cria de tout son pouvoir :

« Un jeune homme vient de se pendre.

Villageois, debout, courez fort,

Emportons de quoi le dépendre.

Peut-être bien qu'il n'est pas mort ! »

Vers le bois on arrive en troupe.

On s'arrête en soufflant un peu.

On saisit la corde, on la coupe.

Le cadavre était déjà bleu !

Sur l'herbe foulée on le couche.

Un vieux s'approche et dit : « D'abord Soufflez-lui de l'air dans la bouclie.

C'est pas possible qu'il soit mort ! »

Les amis pensaient : « Est-ce drôle De se faire périr ainsi ! »

La fillette comme une folle, Criait : « Je veux mourir aussi ! »

Mais les parents, miséricorde.

Disaient en guise d'oraison :

« Partageons-nous toujours la corde, C'est du bonheur pour la maison! »

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