‹ Chansons du XVe si¿ecleChapitre 16 sur 104 · Souviengne vous de vostre serviteur · texte numérisé non relu

Souviengne vous de vostre serviteur

XLVIIP

Petite fleur coincte' et jolye, Las ! dictes moy si vous m'aymés ; Despechcz vous si vous vouliez, 4 Car il m'ennuye, n'en doubtez mye ;

Car il m'ennuye trop mallement Que je ne sçay vostre pensée :

Je vous supply treshumblement, 8 Dictes la moy si vous agrée ;

Car j'ay de vous si grant envye, Bellc, si vous le saviez, De moy pitié vous auriez I 2 En vérité par courtoisie.

Belle, vous prenez tout en jeu Ce que je vous dy, par ma foy :

Je vous requier ou nom de Dieu, 16 Sy vous m'aymés, dictes le moy.

Helas ! je plaidoye sans partie :

Je vous ame et vous me hayez ' ;

XLVIII. — * Chanson commune à notre manuscrit, à celui î Bayeux et au recueil Lotrian.

2 Cointe, primitivement « instruit » {\oy. Alexis, p. i85), puis élégant, gracieux ».

' Haye^; les formes inchoatives ne se sont introduites dans verbe haïr qu'au seizième siècle (cf. ci-dessus, xxxvn, 16); 2 là l'irrégularité de ce verbe.

Mais s'ainsi vous me renvoyez, 20 Kn la fin en serez marrye.

[a Beau sire, je ne vous hay pas:

Aussy fcroy je que villaine; Mais vous savez bien qu'un tel cas 24 Que on le celle a trop grant p>eine.

a Sy j'en dévoie perdre la vie, Vous aurez ce que demandez. • a Ma chcrc dame, c'est assez :

28 Du bon du cueur vous remercie. »]

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