‹ Chansons du XVe si¿ecleChapitre 21 sur 104 · LV. — ^ Chanson également transcrite dans le ms. de Baveux · texte numérisé non relu

LV. — ^ Chanson également transcrite dans le ms. de Baveux

* Pense^ du retourner : t occupez-vous des moyens de retourner, songez à retourner » ; locution très-fréquente en ancien français.

' Rigoler quelqu'un, se moquer de lui. Ce verbe n'est plus usité que comme neutre, encore est-il tout à fait trivial. L'usage attesté ici {cf. l'exemple du quatorzième siècle dans Littré) montre que Tétymologie de Scheler est fausse, et qu'il faut rattacher ce verbe à ridiculus.

Hellas ! Olivier Bachelin *, Orron nous plus de voz nouvelles ?

3 Vous ont les Anglois mis a fin ?

Vous souillés gaiment chanter Et démener jouyeuse vie, Et la blanche livrée porter ^ 7 Par le pais de Normandie.

Jusqu'à saint Gille * en Coutantin, En une compaignie tresbcUe^ lo Oncques ne vy tel pellerin.

Les Anglois ont fait desraison Aux compaignons du val de Vire :

Vous n'orez plus dire chançon 14 A ceulxqui les souloyent bien dire.

Nous prirons Dieu de bon cueur fin Et la doulce vierge Marie 17 Qu'il doynt aux Anglois maie fin.

LVI. — '. Cette célèbre chanson, qu'on n'a citée jusqu'à présent que d'après le ms. de Bayeux, avait été imprimée dès 1543 dans le recueil d'Alain Lotrian.

2 L'accord de notre manuscrit et de l'édition ancienne semble attester que le vrai nom du foulon de Vire était Bachelin^ et non Basselin (comme porte le ms. de Bayeux), ce qui est d'ailleurs plus conforme à la phonétique normande. Crétin, dans le passage souvent cité où il rapporte notre vers, écrit aussi Bachelin.

^ Cf. XLII, 9.

* Saint-Gilles, village à sept kilomètres de Saint-Lô (comm. Je La Meauffe), qui était le but d'un célèbre pèlerinage.

Et j'ay eu des lettres vraymcni Que mon amy m'cnvoyc; Hcllas! je les garderay tant !

4 J'en ay eu si grant joye !

Car sur ma foy je Tayme tant Que pour chose que j'aie James n'auré le cueur contant 8 Tant qu*avecques luy soye.

Tout aultrc plaisir n'est que vent.

Quelque chose qu'on veoye, Que d'cstrc o son amy souvent.

I 2 Est il point de tel joie * ?

LVIIP

Je fuz l'aultricr o la belle sourprins Du faulx jalloux dont point ne me guectoyc. Hellas ! pourquoy ne prenoys je la voye 4 De m'en aller a travers ces jardrins?

Le faulx jaloux avoit des gens commys Pour espier s'en sa maison iroye :

Certes j'y vins tout ainsy que souloye; 8 Incontinant je fuz saisy et pris.

II apella trestouz ses bons amys Tant qu'ilz ont faict une grande assemblée; Ils ont sur moi faict une grant huée

I 2 Comment on faict au loup quand il est pris.

LVII. — * Point est pris ici dans un sens affirmatif : c Y a-t-il (ailleurs) un point d'une joie pareille? »

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