‹ Chansons du XVe si¿ecleChapitre 36 sur 104 · LXXXVII. — * Tanné, voy. v · texte numérisé non relu

LXXXVII. — * Tanné, voy. v

^ Je n'ai pas rencontré ailleurs cette sii^nification attribuée au jaune- Voy. cependant les Poésies de Martin Despois, p. p. M. R. Dezeimeris (Bordeaux, iSyS), p. 49.

LXXXVIII. — ' Le pas d'armes, espèce de tournoi (voy. Littré).

* Rustres, ici simplement vigoureux. — Gorp;ias, mot trèsusité au quinzième siècle, qui signifie « élégant jusqu'au luxe, fastueux sur sa personne ».

Pourpoints d'orfavcric et mantcaulx de damas •; 5 Les chcsncs en escharpc trainentcs jusqu'en bas, El faisoycnl les gambades plus haut que leurs plcumas*. J'y advisc ma dame qui ne me veoit pas, Faisant chère moyenne, et a son rcnt chanta : « Mon cucur n'est pas en joie pourtant sy je m'csba :

10 « Mon amy est en court qui avecques luy l'a ;

u Mais j'ay bonne espérance que de bref reviendra, « Et coucherons ensemble tous deulx nuz braz a braz;

i3 « Endespitquiqu'engroigne* tousjoursilm'aymera.»

^^ tntrJc je suisen grant torment, Mon amy, pour vous regarder; Or mcdoint Dieu allégement 4 Ou aullrement mes jours finer î

u Je vous sers de beaulx argumens, Mais tousjours vous me répliqués.

Et dictes qu'il n'est nullement 8 Possible d'y remédier. »

« De cela plus ne me parlez, Chère dame que j'ayme tant; Mais^ je vous pry, considérez 12 Qu'il n'est pas aise qui attend. »

' Damas, étoffe venue de Syrie; le nom nous en est resté.

* Pleumas, plumets. De là plinnassier.

'^ Qui qu'en groigne est une phrase complète (pour qui qui en grogne^ dont l'usage a un peu effacé le sens; dans une phrase comme celle-ci le second qui n'est pas justifié.

XG

Ha ! la doloreuse journée Que de mes amours dcparty !

J'en suis demouré sans party ; 5 Elle m'est par trop fortunée '.

Une seullc dame et maistresse J'ay bien aymée sans repentyr :

Par quel raison ne pourquoy esse 8 Qu'il nous fault si toust départir ?

Esse le malheur de l'année, Ou d'elle^ ou de moy, ou d'aultruy?

Ou si Mallcbouche- a meuty^ 1 2 Qui tousjours parle à la voilée ?

C'est grant pitié quant gentillesse Vient par amour jusqu'à périr; Car d'elle doibt venir noblesse, i6 Qui tousjours veult honneur quérir.

En douleur et tristesse Languiray je tousjours^ Sy je pers ma maistresse, Ma dame par amours.

M'amour luy ay donnée:

James ne l'oubliray; En parle qui.qu'en groingne, 8 Tousjours la servi ray.

XC. — ^ Fortuné se prend souvent (voy. Littré) dans le sens de voué à la mauvaise fortune. Un sens analogue du primitif s'est conservé dans fo}- tu ne de mer.

2 MallebQuche, voy. xxviii, 5.

Ce n'est pas de merveille Si je la vculx aimcT, Car c'est la non pareille Qui soit dcssa la mer ; James tant que je vive Autre je n'aymeray, Et s'elle estoit en gaige lô La vouldroye racheter.

Sy tous les maulx du monde Estoycnt ensemble mis, J;^ Et il y eust ung homme

Qui les voulsist souffrir, Encore viculx je dire Que le mycn est plus grant; Pourtant, ma doulcc amyc, 24 Contentez vous d'autant.

XCIP

Fortune a tort :

Par son effort En grand descort Sans nul confort Ousté m'a la présence D'une que j'ame De cueur et d'ame :

Je la tiens dame Sans nule blasme, 10 Des aultres l'excellance.

Tant triste en suis Que jours ne nuitz En nulz desduitz Ne me réduis,

XCII. — ^ Cette chanson (ou la suivante) est citée au 1. V ^ch. 33) de Pantagruel.

Mais tout seul je souspire ', Sy je m'esbas En quelzquc esbatz, Guidant soûlas Avoir^ hclas !

20 Le mien mal en empire.

Par le rapport De faulx aport Je suis au port De dur transport, Dont je souffre a oultrance; Danger de mort Qui picque et mort Mon cueur remort Pour le fier port- 3o D'une fille de France.

Triste rigueur Tient en langueur Mon dollant cueur, Et n'a vigueur Fors qu'a mourir aspire; O noble fleur, Vostre valleur Me fait douUeur :

Car de malheur 40 J'ay de tous maulx le pire.

XCIIP

Fortune a tort :

Par son effort En grant discort

^ Port, manière de se conduire, de se déporter.

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