‹ Chansons du XVe si¿ecleChapitre 37 sur 104 · XCIII. * Cette chanson est une imiiation de la précédente · texte numérisé non relu

XCIII. * Cette chanson est une imiiation de la précédente

Sans nul confort Osté m'a la présence Du mycn amé, Le miculx famé, Le renommé.

Le reclamé' 10 Des amans l'excellancc.

Tant triste en suis Que jours ne nuyz En nulz dcsduitz Ne me rcduys, Mais scullccte souspirc; Quant je m'esbas En quelque esbas, Guidant soûlas Avoir, hellas î 20 Le mycn mal en est pire.

En mon advis Plus je ne vis^ Mais je transis :

J'ay mon cueur mis En ces prisons cruelles, Dont je mourré.

Ainsi le croy, Sy je ne sçay Et de luy n'ay 3o Bien toust bonnes nouvelles.

De ce malheur Et tourmenteur En a mon cueur Si grant doulleur Qu'a peine peult il vivre ;

* Ce vers se rattache au suivant : f Celui qu^on proclame

l'idéal des amants. »

— Oï —

Vray Dieu d'amours^ A vous recours Quérir secours Et en briefs jours, 40 Ou a mort soye délivre.

Hellas ! que je suis désolée, Plaine de dueil et de soucy.

Sur ma foy plus que je ne dy, 4 De mon amy qui m'a lessée !

Il m'a lessée seulle^ esgarée, Et n'ay reconfort de nully : Je croy que je mourray d'ennuy 8 Sy de bref ne suis consollée.

Hellas ! pourquoy m'a il lessée ?

Je ne luy ay ne fait ne dit ; J'avoye mys mon amour en luy, 12 Mais je voy bien qu'il m'a trompée!

Hee ! Dieu, quel piteuse journée Quant de moy il fut dcsparty !

J'en eu le cueur triste et marry :

16 J'eusse voulu estre enterrée.

O tresdoulce Vierge honorée^ Vueillez en pitié regarder Et la vueillez reconforter, 20 Celle qui tant est désolée.

XGV

Sy je perdoys mon amy, Pas n'aurois cause de rire ;

Je l'ay si lonj^tcmps servi :

Vray Dieu ! qu'en voullés vous dire t Il y a an et dcmy Que sur tous l'avoyc choisi.

Morte suis si je ne l'ay; 8 Qu'en vouliez vous donc dire de moy r

* Par ung matin m'y Icvay,

Dès que vy le souleil luyrc; En noz jardrins m'en entray Non pas sans mclencolye, Et disoys tout a par moy :

Quant mon amy pourray veoir?

Morte suis sy je ne Tay; I G Qu'en voulés vous donc dire de moy ?

Je vouldroyc cclluy par qui Toute ma joye est bannye Au plus fin parfond d'ung puys Ou le souleil ne luist mye.

Et je tinsse mon amy Entre mes braz esveillé.

Morte suis sv je ne l'ay; 24 Qu'en voulcs vous donc dire de moy ?

XCVP

Tousjours de celle me souvyn Qui a la teste envelopat D'in covrechef ensaffrenat^ 4 La merende'I je l'ama bin.

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