‹ Chansons du XVe si¿ecleChapitre 47 sur 104 · CXVI. — ^ Genectay, bois de genêts · texte numérisé non relu

CXVI. — ^ Genectay, bois de genêts

' L'enchère que je mettais, c'est-à-dire mon entreprise, fut bien près de me coûter gros,

3 Artcr, forme populaire pour arrttcr : dans plusieurs provinces elle a envahi toute In conjugaison et même déplacé l'accent : farte, etc. Cf. la note sur cxviii, 4.

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CXVIP.

Nous estions troys jeunes fillettes Qui toutes troys avions amy ; Dont j'en estoys la plus jeunette, 4 De mes amours ne peuz jouyr;

Dont j'en estois la plus jeunette, De mes amours ne peuz jouyr.

Je m'en allay au bois seullette 8 Et sy n'en savoys le chemin;

Je m'en allay au bois seullette Et sy n'en savoys le chemin.

Tant l'ay cherchée que l'ay trouvée 12 Dessoubz ung aubepin fleury;

Tant l'ay cherchée que l'ay trouvée Dessoubz ung aubepin fleury^ Et je la prins par sa main blanche ; i6 Elle m'a dit : « Mon bel amy. »

Et je la prins par sa main blanche; Elle m'a dit : « Mon bel amy^ Viendrez vous point a la journée 20 Que l'on me doit donner mary?

a Viendrez vous pointa la journée Que l'on me doit donner mary ?

Il n'est pas beau, mais il est riche, 24 Et sy n'est pas a mon plaisir.

11 n'est pas beau, mais il est riche.

Et sy n'est pas a mon plaisir; J'aymeroye mieulx celluy que j'aime.

28 N'eust il vaillant qu'ung parisis.

CXVII. — * Cette chanson, d'un ton et d'une allure si populaires, offre des incohérences qui sont peut-être originales et [ju'en tout cas il n'est pas possible d'écarter.

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« J'aymcroyc miculx cclluyquc j'aime^ N'cust il vaillant qu'ung parisis.

Houssignolct du bois ramaigc*, 32 Conseille moy et je t'en pry;

« Roussignolet du bois ramaige, Conseille moy et je t'en pry. »

« Ne te conseille ne déconseille :

36 Prcns le conseil de tes amys.

a Ne te conseille ne déconseille :

Prens le conseil de tes amys ; Sy tu le prens et qu'il soit riche, 40 II le te conviendra servir;

a Sy tu le prens et qu'il soit riche, il le te conviendra servir^ Et te dira : Méchante femme, 44 Tu n'avoys rien quant je te pris;

a Et te dira : Méchante femme, Tu n'avoys rien quant je te pris.

Sy tu prens celluy que tu âmes, 48 Tu en jouyras a ton plaisir;

« Sy tu prens celluy que tu ames^ Tu en jouyras a ton plaisir, Et te dira : M'amye et dame, 52 II n'est que vivre a son désir.

« Et te dira : M'amye et dame, Il n'est que vivre a son désir : On veoit le riche devenir povre, 56 Le povre riche devenir. »

* Ramaige, plein de rameaux. Le ramaf^e des oiseaux est proprement le chant qui resonne dans les branches.

cxviin

Sy j'ayme mon amy Trop plus que mon mary, Ce n'est pas de merveille :

Il n'est ouvrier que luy De ce mestier joly 6 Que l'on fait sans chandelle.

Mon amy est gaillard, Et mon mary fêtard ', Et je suys jeune dame :

Mon cueur scroit paillart ^ D'aymer ung tel vieillart, 12 Veu qu'il est tant infâme.

Quant suys avecques luy Je n'ay que tout ennuy Ne chose qui me plaise :

Or feust ensevely Et en terre pourry !

i8 Sy serois a mon aise.

Et quant j'ay mon amy Couché auprès de my, Il me tient embrassée; Aussi fais je moy luy :

D'avoir un tel deduict 2'j. Jamais n'en fuz lassée.

Sy je fais mon desduit Soit de jour ou de nuyt Et le villain se cource^,

CXVIII. — ^ On retroinc cette chanson dans le recueil Lotrian. 2 Fctard, paresseux, fainéant.

* Paillard, terme de mépris assez vague ici.

* Cource, forme contracte de courrouce; on a dit d'abord

Ne me chault son en bruyt :

Je fera y mon plaisir 3o Aux dchpcns de sa bource.

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