LE BON PRETRE & LE MOURANT
Air de la Sentinelle. — 31.
" Je vais mourir, mon père; en ce moment " Délivrez-moi d'une charge importune.
- C'est un trésor, et par ce testament
- Je vous le lègue : acceptez ma fortune. "
— '^ Mon fils, ètes-vous sans parents?
V Ils vous ont offensé peut-être :
•« Oubliez leurs torts les plus grands, ■' Au nom du Dieu que je comprends :
•• Je suis chrétien et je suis prêtre, •' Je suis prêtre. «
- Non, je n'ai plus de parents ici-bas, •' Et ma fortune est dignement acquise.
•• Votre vieux temple est petit , n'est-ce pas ? •' Prenez mon or et fondez une église. "
— " Mon fils, pour ce hameau chrétien •• Ce temple est tout ce qu'il doit être : ■• Nul bonheur n'est égal au mien
" S'il est rempli d'hommes de bien V. Quand j'invoque Dieu comme prêtre .
" Comme prêtre. ••>
'• Vous refusez ; et moi qui dans ce lieu ■' Jetais le blâme à celui qui gaspille... " Mon or est là : qu'en ferai-je, mon Dieu? « Ah ! c'est affreux de mourir sans famille !
— " Sans famille ! Et l'humanité ?
" D'Adam Dieu nous a tous fait naître.
•• Ouvrez à votre parenté •■' L'asile de la charité " Et je vous absous comme prêtre , ^' Comme prêtre. ••
Li moribond accepte ; et de ses yeux Jaillit soudain un rayon de lumière !
C'était son àme : en montant vers les cieux Elle bénit le prêtre en sa prière.
Nous aussi nous le bénissons :
Celui-là de son divin maître Suit les admirables leçons.
Ah ! sur la terre où nous passons Rien n'est plus grand que le bon prêtre, Ls bon prêtre.
COUPLETS