‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 101 sur 218 · L'ETUDIANT · texte numérisé non relu

L'ETUDIANT

Air de la Treille de smcérité.

•' De la plus humble des cliambrettes •'. Pour faire un ravissant séjour, •• Deux étudiants , deux grisettes , V Nous voilà quatre ; en ce beau jour '• Le vin coule et vive lamour !

•' Regarde-moi : le meilleur livre , " Suzette , vaut-il ta beauté ?

« C'est près de toi que je veux suivre » Les cours de l'université.

" Aimer et boire ,

" Voilà ma gloire !

" Demain la mort peut nous saisir :

" Vivent le vin et le plaisir ! [bis.)

» Quand j'arrivai de mon village , " Réservé, studieux, actif, •• Je comptais l'être davantage ; •' J'étais alors simple et naïf •' Ainsi que l'iiounne primitif.

'• Mais un jour vient où la chenille " Au papillon donne l'élan :

•• Secouons comme une guenille •• L'enveloppe du paysan !

•• Aimer et boire,

■>: \'oilà ma gloire !

«• Demain la mort peut nous saisir :

« Vivent le vin et le plaisir !

•' La terre tourne... en conscience

" Elle nous fait ses confidents...

" La peste soit de la science ,

" Des discours froids et redondants ;

" Le diable emporte les pédants !

" L'œil en feu , la face rougie ,

'• Le verre en main , Fivresse au cœur ,

" Eclievelés comme l'orgie ,

" Tous quatre répétons en chœur :

V Aimer et boire ,

" Voilà ma gloire !

'> Demain la mort peut nous saisir :

" Vivent le vin et le plaisir ! »

La porte s'ouvre , le chant cesse , Un vieillard, vêtu d'un sarrau.

Entre, et murmure avec tristesse :

" Pour te faire un destin plus beau, '5 Mon fils, j'ai vendu mon troupeau.

" Pour t'instruire, du nécessaire - Nous nous privons, ta mère et moi, » Car tu fais l'orgueil de ta mère " Et j'arrivais si fier de toi !

" Comme au village ,

» Joyeux et sage, •' Mon fils, moi qui croyais te voir '' Aimant l'honneur et le devoir... ^

Mais un étrange éclat de rire

Du vieillard étouffe la voix :

A ses compagnons de délire

Le fils de notre villageois

Dit : " Silence , ou tremblez tous trois !

'T Ce rire insolent m'exaspère

" Et me dégrise , Dieu merci !

" Vous oubliez que c'est mon père :

" C'est mon père!... sortez d'ici !

V Parle , mon père ,

" Ta Yoix m'éclaire !

•■ Me voilà seul, seul avec toi :

'> Bientôt tu seras fier de moi. -

Et maintenant de sa lamille

L'étudiant est le soutien ;

Comme avocat , il plaide et brille ;

Ses vieux parents se portent bien ;

Un enfant sourit : c'est le sien.

Son cœur a fait choix d'une femme

De tendresse riche surtout.

A l'or qu'offre une cause infâme ,

Il répond : ^ L'honneur avant tout ! "

Dans son ménage ,

Joyeux et sage , Il s'écrie, aux jours de loisir :

- Vivent le vin et le plaisir ! "

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