‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 126 sur 218 · LE LILAS DE MA COUR · texte numérisé non relu

LE LILAS DE MA COUR

Air de la Treille de sincérité. — 64.

Tu vieillis , et sous ta verdure , Tu semblés rajeunir toujours , Lilas qui montres pour parure , Aux baisers des -premiers beaux jours , La fleur des premières amours.

Des moineaux au logis fidèles , Quand tu fleuris , chantent soudain ; J'entends le cri des hirondelles :

Ma cour se transforme en jardin !

On pourrait rire

Si j'osais dire Combien je te porte d'amour , 0 petit arbre de ma cour !

T'inondant de perles humides , De toi le matin est jaloux ; Et tes grappes , en pyramides , Semblent , en se penchant vers nous , Exhaler des parfums plus doux.

Tu viens , comme la poésie , Arbuste pour moi sans pareil , Des vallons riants de l'Asie , Pays des fleurs et du soleil.

f3n pourrait rire

Si j'osais dire Combien je te porte d'amour , 0 petit arbre de ma cour !

Mes enfants , à l'âme naïve , Te font témoin de leur gaîté ; Ainsi qu'une source (Veau vive , De leur grande simplicité Dieu fait jaillir la vérité.

Et , cœur ouvert , bouche muette , Je les écoute bien souvent...

C'est alors que je suis poète :

Comme eux je redeviens enfant.

On pourrait rire

Si j'osais dire Combien je te porte d'amour , 0 petit arbre de ma cour !

Le vent du soir dans ton feuillage Passe et fuit plus suave encor ; Avec lui mon esprit voyage :

Vers l'Orient prenant l'essor , Son rêve lui montre un trésor.

Je crois voir , douce Providence !

D'une corne d'or et d'émail , Les Péris verser l'abondance A tous les enfants du travail.

On pourrait rire

Si j'osais dire Combien je te porte d'amour , 0 petit arbre de ma cour !

Avril 18 50.

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