‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 155 sur 218 · COUPLETS AU ROI · texte numérisé non relu

COUPLETS AU ROI

Air : Muse des bois et des accords champêtres. — ii.

Sire , vers vous que ma chanson s'élève ! Nos charbonniers retravaillent enfin.

Quelques-uns d'eux , égarés par la grève , Sont en prison... et leurs enfants ont faim. Respect aux lois comme au drapeau qui passe ; Mais si la loi punit les prisonniers , N avez-vous pas , Sire , le droit de grâce ? Ah ! faites grâce aux pauvres charbonniers.

Sire , voyez cette triste demeure ; Naguère encore où souriait l'amour ,- C'est maintenant la famille qui pleure : Du prisonnier elle attend le retour.

Roi généreux , élu de la patrie , Le premier tort vient-il des ouvriers ? C'est par ma voix le pays qui vous prie De faire grâce aux pauvres charbonniers.

Le charbonnier , rude et i'ranche nature , Dans son labeur sans pitié pour ses fils , Enfants encor les descend dans la bure : Leur apprend-t-on les lois de leur pays ? L'instruction gratuite , obligatoire , Transformerait les peuples routiniers...

Sire , ajoutez ce titre à votre gloire , Et faites grâce aux pauvres charbonniers.

Patrons , mineurs , plus d'intérêts contraires ; Si vous aimez de cœur le sol natal , Votre devoir est de vivre en bons frères : Soyez unis , travail et capital !

Et Dieu sur tous répandra l'abondance ; Mais les derniers sont pour lui les premiers : Sire , un bon Roi , c'est une Providence ! Ah ! faites grâce aux pauvres charbonniers.

Juillet 1861.

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