COUPLETS DE NOCE
AïK : Échos des bois errants clans ces vallons. — is.
A cette noce une simple chanson
De lamitié sera lepithalame ;
Mais , croyez-le , mes couplets sans façon
Seront du moins l'interprète de lame.
Dieu bénira l'hymen en ce beau jour Où l'amitié vient sourire à l'amour.
Parmi les siens comme un entant de plus L'un compte un fils , l'autre compte une fille ; Des deux côtés ils sont les bien-venus : Que le bonheur augmente la famille.
Dieu bénira , etc.
Jeunes époux , un ange aux ailes d'or Déroulera pour vous des jours prospères ; Cet ange vient doubler votre trésor :
Heureux enfants, embrassez vos deux mères.
Dien bénira , etc.
A pleine voix , amis , chantons en chœur Pour célébrer ce moment plein de charmes... Quoi ! vous pleurez ! — Je le sens à mon cœur La joie aussi fait répandre des larmes.
Dieu bénira , etc.
L'espoir brillant éclate dans vos })leurs , Il embellit la paupière arrosée :
C'est le soleil qui , caressant les fleurs , En diamants transforme la rosée.
Dieu bénira , etc.
Aux mariés , mes amis , buvons tous ; Et qu'à ce toast on fasse des merveilles î Ici pour boire à nos jeunes époux , On a choisi les plus vieilles bouteilles.
Dieu bénira , etc.
Chantez , amours ; coulez , vins })récieux ! Ah ! si j'avais la splendeur poétique , La coupe en main et le front vers les cieux Je chanterais comme la muse antique.
Dieu bénira l'hymen en ce beau jour Où l'amitié vient sourire à l'amour.
GOMM?]NT VOUS PORÏEZ-VOUS?
A MON AMI FRÉDÉRIC THOMAS, DU Siècle.
Air du Carnaval. — 9.
Mon cher Thomas,
C'est en guise de lettre , Quelques couplets assez mal conformés , Qu'entre yos mains la poste va remettre : Elle se charge aussi des bouts-rimés.
Pour vous offrir ces fruits de mon génie , J'ai dû payer un timbre de huit sous.
Mon cher Thomas , répondez , je vous prie : Je vis encor ! Comment vous portez-vous ?
En prose un jour , je fis votre louange Et vous priai d'accepter , sans façon , Mon portrait-carte , espérant , en échange , Avoir le vôtre et celui de Masson.
Enrichissez enfin ma galerie :
Vos deux portraits feront tant de jaloux ! }iIon cher Thomas , répondez , je vous prie : Je vis encor ! Comment vous portez-vous ?
Lorsqu'au foyer notre amitié rassemble
Les noms aimés que nous n'oublu'ons pas ,
Au premier rang nous plaçons , tous ensemble ,
Michel Masson et Frédéric Thomas.
Ah ! dit alors ma famille chérie ,
Ces nobles cœurs quand viendront-ils chez nous?
Mon cher Thomas , répondez , je vous prie : Je vis eiicor ! Comment vous portez-vous ?
Dans quelques jours , Pâques va faire éclore Chansons d'oiseaux sur les arbres fleuris ; Et pour Paris nous partirons encore :
Permettez-nous de vous voir à Paris.
Entendez-vous un ami qui s "écrie , Quand à la porte il a frappé trois coups : Mon cher Thomas , répondez , je vous prie : Je vis encor ! Comment vous portez-vous ?
Ici le Post-Scriptum de la reconnaissance. Le Siècle , immense voix , me nommait à la France , Par vous , naguère encore , en imprimant mes vers. Mon cœur bénit Bourla (i) . mon cœur bénit Anvers ! Sur cela , priant Dieu qu'il vous garde sans cesse , Je reste votre ami sincère
ANTOINE Clesse.
Mous, 18 62.
(l) Bouilii, arcliileclc dont Ficdciic Tliuiiias tt moi nous fumes les liolcs, lors du Confiés d'Anvers, en août 1801.
UNE IMMOFiïELLE.
Air du Credo des quatre saisons. — 90.
Avril , de sa main adorable ,
Ouvrait les fleurs sur mon chemin ,
Quand à mon être misérable
Apparut un être divin.
Elle parlait la vierge blonde :
11 semble encor que je l'entends :
" Je suis vieille comme le monde
" Et jeune comme le printemps, [bis.]
" Oui , je suis vieille et démocrate ,
" Malgré de longs espoirs déçus ;
'» J étais là quand mourait Socrate ,
" J'étais là quand mourait Jésus ;
» Contre sa loi la haine immonde
« En vain croit triompher un jour :
" Je suis vieille comme le monde
« Et jeune encor comme l'amour.
" Le despotisme et l'ignorance , " Ces deux sinistres compagnons, 'r M'opposent , fous d'intolérance , " Echafauds , bûchers ou canons.
» Quand ils ont fait la nuit profonde , •'Je plane à l'horizon vermeil :
" Je suis vieille comme le monde •' Et jeune comme le soleil !
J ai lutté contre resclavage Avec les martyrs de la croix ; J'ai lutté contre le servage Avec les Flamands d'autrefois!
Je lutte avec tout ce qui fonde Les droits saints de rimmanité Je suis vieille comme le monde Jeune comme la hljerté! »
Elle parlait. Dans la nature , Tout 1 écoutait silencieux , Quand la divine créature Monta lentement vers les cieux.
" Adieu ! disait la vierge blonde , Eblouissante de clarté :
" Je serai la Reine du monde , V Je m'appelle la Vérité ! ->