‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 18 sur 218 · LES CENDRES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

LES CENDRES DE NAPOLÉON

Air du Dieu des bonnes gens. — u.

France, réponds, est-il vrai qu'on te rende Les ossements de lelu des élus. Qui fut si grand et qui te fit si grande Que grande encor tu ne le parais plus ? Ah ! s'il est vrai , Déranger , qui l'adore , De l'univers doit se faire écouter :

Le chansonnier va le chanter encore , Béranger va chanter ! {bis.)

Ses ossements ! ... 0 France , tu tressailles Comme en ces jours oti ton peuple était roi Où l'Empereur rapportait, des batailles.

Vingt sceptres d'or qu'il jetait devant toi ! Les restes saints enlevés à l'esclave, La hberté vient te les rapporter.

Car en trois jours tu te relevas brave : Béranger va chanter !

Que de soldats, vieillis depuis la gloire Qui si longtemps a plané sous nos cieux. Comme jadis, après une victoire, Vont relever des fronts plus orgueilleux ! Sous leur drapeau, rayonnant d'espérance, Tous les partis reviendront s'abriter :

Un même esprit animera la France.

Béranger va chanter !

Et toi, Joinville, à qui lancienne armée Sourit déjà du haut du Panthéon, Ton nom sera brillant de renommée Joint à ce nom si beau : Napoléon !

Et si la France un jour admet sa règle, Elle verra sa grande ombre prêter Au coq gaulois les ailes de son aigle ! Déranger va chanter !

Trois fois salut, ô puissante Angleterre, Qu'on vit pâlir quand la France brillait; Ta large main , aux regards de la terre , Vient de laver le sang qui te souillait. La France enfin que Ton voyait descendre, Veuve du bras qui la faisait monter, Va regrandir à genoux sur sa cendre : Béranger va chanter !

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