‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 17 sur 218 · L'ENFANT DE LA NÉGRESSE · texte numérisé non relu

L'ENFANT DE LA NÉGRESSE

Air (VAristippc. — o.

Ton fils est mort, ô jeune esclave noire !

Petit enfant , tu devais l'adorer :

Donne plus bas des pleurs à sa mémoire,

(3n t'a ravi le droit de le pleurer. {bis.)

Ici ta race est maudite sans cesse,

Elle gémit sous un joug odieux :

L'homme eût tué ton fils , pauvre négresse ;

Dieu pour jamais lui sourit dans les cieux. {bis.

Ton maître approclie... Il t'aperçoit peut-être : Travaille, esclave, et cèle tes douleurs. S'il te voyait , (ah ! crains le fouet du maître ,') Ton sang bientôt me cacherait tes pleurs. Combien de fois sa main lâche et traîtresse A flagellé ton corps si gracieux ! . . . L'homme eût tué ton fils, etc.

Qu'il a l'air tendre et que sa voix est douce,

Que son regard révèle de bonté !

Est-ce bien là l'être qui te repousse

En paria de la société ?

Au prix du sang, l'or qui remplit sa caisse

Étouffe en lui tout sentiment pieux ,

L'homme eût tué ton fils, etc.

La femme l)lanclie est là-bas qui folâtre Avec son fils rose et plein de vigueur ;

Son jeune cœur, de ce fils idolâtre, Ne croirait pas aux tourments de ton cœur. Vois , son enfant l'embrasse et la caresse ! En sanglotant tu détournes les yeux...

L'homme eût tué ton fils, etc.

Dieu prend pitié de ta douleur cruelle : Ton corps fléchit... En ce suprême instant La mort sur toi vient étendre son aile Et va te joindre à l'ange qui t'attend. Ton beau visage oii brille ton ivresse, Offre à la mort un front tout radieux : L'homme eût tué ton fils, pauvre négresse; Va lui sourire à jamais dans les cieux.

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