HOMMAGE DE RECONNAISSANCE A TOUS MES AMIS DE LA PRESSE
Air : Soldat français. — 3.
Sans rayonner en dehors des couvents , Que de recueils , aux clartés infinies , Etaient cloîtrés : quelques moines savants Possédaient seuls l'œuvre des grands génies. Mais en pitié Dieu prenant nos esprits : '• Il faut qu'enfin la lumière paraisse! » Et Guttemberg de sublimes écrits Au monde entier ouvre les manuscrits :
Gloire au créateur de la presse !
Dans un passé plein d'ombre et de terreur , Le bon vieux temps , enchanté de bien vivre , Lorsqu'un ouvrage attaquait une erreur , Faisait brûler et l'auteur et le livre. L'àme du corps vient de se détacher :
Nouveau Phénix , à l'aile vengeresse , L'esprit du livre , ardent à s'épancher , Semble surgir des cendres du bûcher , Aux vaillants échos de la presse.
Bien que la presse ait servi , tour à tour , Le pour , le contre , et les fous et les sages , Elle ressemble à la splendeur du jour Qui nous éclaire à travers les nuaces.
Elle a lutté , la lutte dure encor , Malgré torture , exil et forteresse :
Quatre-\'ingt-neuf a béni son essor ; Nous avons tous notre part du trésor Qu'ont semé les mains de la presse.
A l'homme Dieu donne la terre à bail , Du genre humain éternelle ressource.
Le capital est l'enfant du travail :
Un fleuve altier peut-il nier sa source ? Fraternité , pénètre dans nos lois :
Emancipons l'ouvrier ; le temps presse ! C'est le bon sens et la force à la fois ; Il veut s'instruire et conquérir ses droits Par la grande voix de la presse.
Certains journaux , remplis de lâchetés , Sont , au mépris d'une chose sacrée , Toujours à vendre et toujours achetés : Des gerbes d'or nous séparons l'ivraie.
La plume inspire un salutaire effroi Au despotisme , au vice , à la bassesse ; C'est un levier puissant comme la foi , Quand l'écrivain se sent digne de toi , Sainte liberté de la presse !