‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 39 sur 218 · OUON S'EMBRASSE ET OL'E CA FINISSE · texte numérisé non relu

OUON S'EMBRASSE ET OL'E CA FINISSE

AïK : Donne:-): 01 i.i la peine d'attendre.

Quoi ! VOUS lue priez de cliautei- :

A ce mot seul chantez! je tremble.

Si parfois j'ose m'écouter.

C'est quand nous chantons tous ensemhle.

Contre ma muse à ce repas.

Je crains pourtant qu'on ne s'aigrisse :

Voisine , ne pourriez-vous pas

Me tirer ici d'embarras (

Qu'on s'embrasse et que ça finisse ! (/'/6'.)

Nos artistes au front brûlant Ne vivent pas en bons apôtres :

Chacun d'eux se croit du talent Et doute de celui des autres.

Et sans se rehausser en rien , Il nuit aux autres dans la lice ; Et les sots s'en trouvent fort bien.

Auteur, peintre et musicien.

Qu'on s'embrasse et que ça finisse !

Que vois-je là-bas dans un coin ^ Narcisse et Léon qui soupirent.

Qvûl est plaisant d'être témoin Du naïf amour qu'ils s'inspirent!

Narcisse contemple Léon,

Et Léon contemple Narcisse, Les bras pendants comme un Caton ^>aiment cela na pas de nom !

Qu'on s'embrasse et que ça finisse !

Voyez-vuus des sages nombreux Dérouler leurs vastes systèmes.

Sans rendre Thomme plus heureux Et sans se rendre heureux eux-mème^ Ah ! leur sagesse est un travers Dont notre inconstance est complice :

A force de prose et de vers Ils ont divisé l'univers.

Qu'on s'embrasse et que ça finisse !

Nous souffrons de vos longs débats.

Rhéteurs d'opinion contraire Qui vous livrez tant de combats Pour emporter un ministère.

Pourquoi déployer deux drapeaux ^.

Sous nos trois couleurs qu'on s'unisse ! Pourquoi déployer deux drapeaux.

Catholiques et libéraux?

Qu'on s'embrasse et que ça finisse 1

Le sort des peuples malheureux Inquiète fort peu les princes.

Car le monde finit pour eux Alix limites de leurs provinces.

Là maint douanier en courroux , Aux produits voisins peu propice, S'écrie : - Ils n'entrent pas chez nous I — Dieu ne fit-il pas tout pour tous l Qu'on s'embrasse et (lue ça finisse !

Je m'aperçois que mes couplets N'ont pas l'art d'égayer vos fêtes ; C'est qu'ils ne sont ni beaux ni laids, Ni spirituels ni bien bêtes.

Ils vous fatiguent ; et partant Je me tais et Dieu vous bénisse !

Je serai trop heureux pourtant Si vous criez en m'arrêtant : Qu'on s'embrasse et que ça finisse !

Novembre 1845.

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