COUPLETS A PIE IX
Air d'Aristippe. — g.
Quand l'Italie à tes sujets naguère
Faisait appel pour chasser ses tyrans,
Tu répondis : « Non, je suis le saint-père :
Mes ennemis sont aussi mes enfants ! " {bis.)
Prêtre, en ton nom aujourd'hui le fer brille,
Fer étranger contre Rome tourné :
Rome est pourtant aussi de ta famille !
— Ne frappe pas : le Christ a pardonné, {bis.
Ne frappe pas : tu portes la tiare ;
Rome vers toi peut revenir. Attends.
Je comprends bien que son peuple s'égare :
Son esclavage a duré si longtemps.
A-t-il souffert ce peuple d'Italie !
Vieux chien de cour tout ù coup déchaîné,
Sa liberté ressemble à la folie !
— Ne fi'appe pas : le Christ a pardonné.
Le sceptre d'or que tu laissas dans Rome ,
A .tes regards doit-il sembler si beau ?
Tu le tenais d'un héros, mais d'un homme :
Tu tiens du Christ ton sceptre de roseau !
Pour toi le monde est-il dans la Romagne ?
Et le martyr d'épines couronné
N'était-il })as plus grand qu'un Charlemagne ?
— No frappe pas : le Christ a pardonné.
En t'acciieillant , le Bombardeur sans âme Marqua ton front de sa lèvre de leu ; Couvert de sang, il t'embrassait rinfàme Qui se dit roi par la grâce de Dieu ! Voile ta face et fuis loin de ce lâche ; L'esprit du mal en lui s'est incarné ; Prince-bourreau, son sceptre est une hache
— Ne frappe pas : le Christ a pardonné !
Pour remonter sur ton trône , ô saint-père ! Vas-tu descendre au niveau de tels rois ? Le Christ aimait, et pour régner sur terre C'était son sang qu'il versait sur la croix. Du faîte immense où son œuvre est dressée Dix-huit cents ans ne l'ont pas détrôné ! Fais comme lui , règne par la pensée !
— Ne frappe pas : le Christ a pardonné !
Mars 1849.
COUPLET
aux sous-otticicis du ll"^"- ilc ligne, qui donnaicnl une représenlalion drainaliquo au profit des indigents de la ville de Mons.
Am : Soldat français. — 3.
Autour de nous, lorsque de tous entés, Le canon gronde et frappe avec furie, Lorsque le sabre abat les libertés, Quand le héros déchire sa patrie ; Sur notre sol au moins , dignes soldats , Si vous luttez, c'est contre nos misères : Loin de trembler au seul bruit de vos pas. Le pauvre crie, en vous tendant les bras : Nos soldats sont aussi nos frères ! [bis.)
7 février 1849.