‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 62 sur 218 · COUPLETS A PIE IX · texte numérisé non relu

COUPLETS A PIE IX

Air d'Aristippe. — g.

Quand l'Italie à tes sujets naguère

Faisait appel pour chasser ses tyrans,

Tu répondis : « Non, je suis le saint-père :

Mes ennemis sont aussi mes enfants ! " {bis.)

Prêtre, en ton nom aujourd'hui le fer brille,

Fer étranger contre Rome tourné :

Rome est pourtant aussi de ta famille !

— Ne frappe pas : le Christ a pardonné, {bis.

Ne frappe pas : tu portes la tiare ;

Rome vers toi peut revenir. Attends.

Je comprends bien que son peuple s'égare :

Son esclavage a duré si longtemps.

A-t-il souffert ce peuple d'Italie !

Vieux chien de cour tout ù coup déchaîné,

Sa liberté ressemble à la folie !

— Ne fi'appe pas : le Christ a pardonné.

Le sceptre d'or que tu laissas dans Rome ,

A .tes regards doit-il sembler si beau ?

Tu le tenais d'un héros, mais d'un homme :

Tu tiens du Christ ton sceptre de roseau !

Pour toi le monde est-il dans la Romagne ?

Et le martyr d'épines couronné

N'était-il })as plus grand qu'un Charlemagne ?

— No frappe pas : le Christ a pardonné.

En t'acciieillant , le Bombardeur sans âme Marqua ton front de sa lèvre de leu ; Couvert de sang, il t'embrassait rinfàme Qui se dit roi par la grâce de Dieu ! Voile ta face et fuis loin de ce lâche ; L'esprit du mal en lui s'est incarné ; Prince-bourreau, son sceptre est une hache

— Ne frappe pas : le Christ a pardonné !

Pour remonter sur ton trône , ô saint-père ! Vas-tu descendre au niveau de tels rois ? Le Christ aimait, et pour régner sur terre C'était son sang qu'il versait sur la croix. Du faîte immense où son œuvre est dressée Dix-huit cents ans ne l'ont pas détrôné ! Fais comme lui , règne par la pensée !

— Ne frappe pas : le Christ a pardonné !

Mars 1849.

COUPLET

aux sous-otticicis du ll"^"- ilc ligne, qui donnaicnl une représenlalion drainaliquo au profit des indigents de la ville de Mons.

Am : Soldat français. — 3.

Autour de nous, lorsque de tous entés, Le canon gronde et frappe avec furie, Lorsque le sabre abat les libertés, Quand le héros déchire sa patrie ; Sur notre sol au moins , dignes soldats , Si vous luttez, c'est contre nos misères : Loin de trembler au seul bruit de vos pas. Le pauvre crie, en vous tendant les bras : Nos soldats sont aussi nos frères ! [bis.)

7 février 1849.

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