REPONSE DUN BELGE
AU Courrier Friiiiçais.
La Uolgiqiie, Iclle (|iic Va cvéùv la icvoliilioii de 1830, esl clovcinie une Icntalion, une provocation confiniiellrs qui peuvent troubler la paix de rKurope; la Hollande la con(|ucrrait en une quinzaine de jours, la Prusse en tiuit jours, et la France en vingt-quatre heures.
C'est une nation sans nationalité...
{Courrier Français, numéro du mardi io Fàricr IS'M).
Air : Te souviens-tu ?
Courrier Français, ta culèi^e s'allume
Contre le Belge... un nom dont je suis fiei' !
On me l'a dit : soudain je prends la plume :
Que n'ai-je pu déjà la prendre hier !
Tu perds ton nom par ce trait de démence :
Le chansonnier te fera ton procès.
Mais malgré toi , le Belge aime la France ;
Car toi , Courrier, non , tu n es pas Français î
I [bis.)
Sur son drapeau la jeune République
N'a-t-elle pas inscrit : Fraternité i
Et ton journal outrage la Belgique :
Noble Courrier, c'est une lâcheté !
Du monde entier la France est la lumière :
Et, malgré toi, je l'aime avec excès;
Car un Français n'outrage pas son frère !
Non, non, Courrier, non, tu n'es pas Français
Vain nautonier , lorsque gronde l'orage , Tu laisses donc tes bras inoccupés ?
— It". —
Ah! quai-je dit? Pour montrer ton courage, Xoble Courrier, tes bras nous ont frappés! Puisse, au milieu de lorage qui gronde, î>Ia faible voix partout trouver accès.
Pour répéter aux quatre coins du monde : Non, non, Courrier, non, tu n'es pas Français!
Kn (piebpies jours une horde étrangère Nous briserait, dis-tu, sous le canon : Pour qu'on l'osât, ô France grande et chère, On t'aurait donc fait perdre aussi ton nom ! Deux cents contre un tu livrerais bataille A mon pays ? Quels glorieux succès !
La France veut des lutteurs à sa taille. Non, non. Courrier, non, tu n'es pas Français!
L'aigle du Nord dans son impatience Peut jusqu'à nous pousser son vol hardi ; La lance au jioing le Cosaque s'avance : Serrons nos rangs , ô frères du Midi ! Serions-nous donc trop puissants tous ensemble , Nous qui tenons le drapeau du progrès ? Pour diviser ceux-là que Dieu rassemble , Non, non. Courrier, non, tu n'es pas Français !
Le Belge est libre et fier de sa patrie :
C'est en français qu'il te le dit tout haut :
]^]t , pour défendre une mère chérie ,
Son bras, son cœur, ne feront pas défaut.
Belge est un nom que nul ne peut nous prendre :
Va\ peuple meurt, son nom ne meurt januiis !
Ce cri du cœur, tu ne peux le comprendre.
Car toi, Courrier, non, tu n'es })as Fran(:ais !
n mars \x:>i).