COUPLETS A MA PETITE JULIETTE
AïK : C'est wn lanla landerirctte. - 20.
Jour des Rois ! - C'est grande fête ,
Roi futur, futurs sujets,
C'est le soir, la table est prête :
Vite, prenons nos billets.
Dieu! je suis Fol, Juliette est Reine : Son trône sera mon genou :
0 ma petite souveraine.
Je suis heureux d'être ton fou !
Nul n'est , en ce jour prospère , Plus riche ou plus grand que moi , Car la marotte d'un père Vaut bien le sceptre d'un roi ; L'amour qui près de toi m'enchaîne Vaut bien les trésors du Pérou.
0 ma petite souveraine, Aime toujours ton pauvre fou !
Sous ton règne plein de charmes La Liberté nous sourit :
Point de garde tout en armes, Pas d'homme de cœur proscrit ; Sous ton règne enfin point de haine , Point de geôlier, point de verrou.
0 ma petite souveraine.
Que je suis fier d'être ton fou !
Qu'à mes vœux la Provideiico T'accorde, dans son amour, Les dons de rintelligence Et le pain de chaque jour !
Longtemps pour alléger ta peine Dans ce bon siècle du gros sou , Que Dieu, petite souveraine.
Laisse vivre ton pauvre fou 1
Mais , à force de sagesse , Si tu doutais en chemin.
Pour appui prends ma faililesse Ton fou te tendra la main.
Souvent à la raison humaine
Un f(d a crié : Casse-cou !
() ma petite souveraine ,
Écoute 1)ien ton pauvre fou !
Ta mère parle... silence 1 Pour te conduire au bonheur Ton père a peu de science , ^Lais ta mère a tout son cœur.
Lorsque tu lui fois une chaîne De tes petits bras à son cou , O ma petite souveraine , .le suis heureux d'être ton fou 1
Jaiu'icr IS'A).
lôS —
A x\UGUSTE PIOT,
HKINÏKE I) HISTOIRK , A PARIS .
cil i('pons(' il la ( liaiison i|u"il m'a atlrcss^éc.
AïK : Eii (Viiiour comiuc en 'imitlc. — ii.
Une cliansoii ! lorsque déjà pai* toi
Mon petit livre a franchi la frontière :
De ton pinceau dans ta plume pour moi
Tu fais passer ton âme tout entière !
Au doux refrain que tu m'as dédié.
Les veux en pleurs... — qu'importe qu'on en glose?
J'ai dit soudain : Je suis donc quelque chose.
Puisque mes vers inspirent l'amitié. (bis.)
En ce moment je tressaille à ta voix.
Ancien ami... que je viens de connaître : N'est-ce pas trop de bonheur à la fois ? Hier l'ouvrier chantait sous ma fenêtre. Quand les Judas s'en font un marchepié. En l'ouvrier, (Mii , l'ouvriei' peut croire : Qu'ai-je besoin d'honneurs, quand j'ai la gl«,»ire De voir mes vers inspirer l'amitié .
Longtemps Paris, à. son foyer brûlant
Qui fait éclore et croître le génie.
Te déroula , pour grandir ton talent ,
Des chants divins, ruisselants d'iiarnionie !
A ces trésors tu fus initié ,
Et je croirais, — car je sais ma l'aiblesse, —
Que tes couplets se sont trompés d'adresse , S'ils n'étaient point l'œuvre de l'amitié.
Contre l'envie, il l'instinct malfaisant, Si j'ai lutté, dans ma modeste vie, 0 mon ami, c'est que le ver luisant Semble une étoile aux regards de l'envie. Les envieux!... je les prends en pitié. Si contre moi leur rage se rallume.
Je ne veux plus les frapper de ma plume, Puisque mes chants inspirent l'amitié.
Pour me parler en vers délicieux Le peintre un jour daigne quitter sa toile , Et pour l'ami, comme pour l'envieux, Le ver luisant se transforme en étoile. Dans ta chanson l'éloge est de moitié.
C'est ta bonté qui t'aveugle et me nomme : Toujours l'artiste est au niveau de l'homme , Et je suis fier, fier de ton amitié.
0 mon ami, mon père était Français :
Puis-je me plaindre, en ma reconnaissance, Que ta chanson me loue avec excès ?
Elle m'apporte un écho de la France.
De tes couplets l'éloge est oublié :
Tout au bonheur que par toi Dieu me donne, Mon cœur s'exalte et ma lyre résonne... Et je bénis les vers de l'amitié.
Juillet 1849.