MON BON CURE, PRENEZ BIEN GARDE A VOUS
Couplets ;i l'aulPtir do VArnum'Kiue dé Monf^, qui, ilnns ses publicalions de 184'.» et ISoO, daigne parler avec éloge de mes cliansons.
Air du Carnaval. — o.
Dieu, qu'ai-je lu! UArnionaque me nomme
Avec éloge une seconde fois.
Par ses amis on peut juger d'un homme :
Mon bon curé, vous aurez sur les doigts.
Poëte obscur qu'un mot de vous éclaire ,
On veut me lire et j'en tremble pour nous.
Votre almanach m'a rendu populaire :
Mon bon curé, prenez bien garde à vous! (/;/-s.
J'aurais voulu vous parler , en poëte , Dans ce patois que tout Montois chérit , Mais, comme vous, pour être simple et bête. Non, je n'aurai jamais assez d'esprit.
Sur des mots durs votre esprit se promène Comme un ruisseau roulant sur des cailloux : Je vais troubler son courant qui m'entraîne. Mon bon curé , prenez bien garde à vous !
J'eus pour Sorbonne une école primaire.
Pauvre Campion, j'aime à penser à toi (i) ! Plein de savoir, cœur chaud, regard sévère. Tel que je suis il était fier de moi.
(1) Pierre-Louis Campion, instituteur piiinaire, décédé à Mons le 20 dccenUu'e i8l3, ù l'àgc de quaranto-neul ans.
Lorsqu'à des vei's j'avais mis mon paraphe Plus que l'auteur il sou montrait jaloux : Il corrigeait mes fautes d'orthographe ! Mon bon curé , prenez luen garde à vous 1
Pour me placer si haut, sans ironie.
Où votre goût va-t-il donc se nicher ^ Hier je planais avec maint grand génie Juste au niveau du coq de mou clocher. Robuste oiseau, dans son essor agile.
Votre almanach du vent brave les coups : Descendez-moi, ma muse est si fragile : Mon bon curé, prenez bien garde à vous!
Ah ! dans l'espace où l'amitié m'égiire Si vous saviez quel vertige est le mien 1 Fol, éperdu, je crains le sort d'Icare : Mon l)on curé , là-haut tenez-moi bien î Car si je tombe et ferme les })aupières , Pour mon repos vous devrez , entre nous , Gratis, hélas! dire tant de prières!
Mon bon curé , i)renez bien garde à vous !