COUPLETS A MON AMI ACHILLE JUBINAL
Air : Mou père était pot. — 47
Aini , voilà luoii nom, par toi.
Lumineux comme un phare Ta renommée a fait pour moi
Retentir sa fanfare.
(Irand Dieu ! si l'orgueil Était mon écueil ,
Sur moi quel anathème !
Non , non , me voici :
Dieu ma fait ainsi ,
Je suis toujours le même.
Tes amis , glorieux succès , Dans ta France chérie , M'ont sacré poète français Aux yeux de ma patrie.
Près de mon étau ,
Au bruit du marteau , Après un tel baptême.
Moi , je chante ici :
Dieu , etc.
J'étais, au retour de Paris, Bien que j'aime la France ,
Heureux de revoir le ciel gris Des lieux de mon enfance.
Mon cœur y renaît , Chacun m'y connaît,
Jen sais plus d'un qui m'aime.
Je les aime aussi :
Dieu, etc.
Ce monde est plein d'inlirmités ,
De natures informes :
Pour dix petites qualités ,
J'ai vingt défauts énormes.
Mais Dieu, par bonheur, M'a donné du cœur
Dans sa bonté suprême.
0 mon Dieu , merci !
Tu m'as fait ainsi ;
Je suis toujours le même.
LA FOURMILIERE.
Am : A coups d' pied, à coup d' poing. — 48.
A tout Dieu donnait une voix.
Seul, je rêvais au fond du bois, Assis sur l'herbe printanière , Quand je vis dun tout petit trou , Vingt fois moins grand qu'un petit sou , Sortir , amis , Un peuple de fourmis :
Oh ! la drôle de fourmilière !
Jusque dans le moindre détail
L'ordre présidait au travail
De la peuplade tout entière ;
N'ayant pas d'intérêt jaloux ,
Chacun songeait au bien de tous.
0 mes amis , Les drôles de fourmis , Oh ! la drôle de fourmilière !
Un autre peuple indépendant Non loin travaille, et cependant Point de douaniers à la frontière ; Chacun échange librement Houille, bétail, vin et froment.
0 mes amis , etc.
Un insecte avec son fardeau Glissa dans une goutte d'eau :
Pour lui c'était une rivière.
Soudain tout le monde arrivé Fait la cliaîne : un frère est sauvé ! 0 mes amis, etc.
La mort frappe un des travailleurs Et son enfant verse des pleurs :
Le voilà sans père ni mère.
L'enfant , sublime charité !
Par la peuplade est adopté.
0 mes amis, etc.
Au souper un vieil ouvrier Qui ne pouvait plus travailler Des parts de tous eut la première ; Plein de respect pour ses vieux ans, On soutenait ses pas tremblants.
0 mes amis, etc.
Puis, le soir venu, les fourmis Avant de rentrer au logis En commun ont fait la prière :
C'était un petit chant si doux Que je me suis mis à genoux.
0 me& amis, etc.
Et le cœur tout gros je me dis :
Mais les infiniment petits Aux grands porteraient la lumière.
Ah ! que nous sommes loin de Dieu î Quand pourrons-nous vivre en ce lieu Heureux, amis.
Ainsi que les fourmis
Dans chaque humaine fourmilière ?