LE BON & LE MAUVAIS RICHE
Air des Louis d'or. — eo.
Au-dessus de tous le ciel brille :
Dieu l'ouvre tout large aux petits.
Mais c'est par le trou d'une aiguille Que les grands A'ont en paradis.
Ouvrier, prêchons la sagesse, Injustement ne frappons pas :
C'est un poids lourd que la richesse Pour qui croit au ciel ici-bas.
L'homme passe et Dieu le regarde.
Agissons tous selon son vœu :
Dans le salon ou la mansarde Les justes sont enfants de Dieu !
Tenez, voilà le mauvais riche :
Crésus au vieil habit râpé, Il spécule, brocante et triche.
Toujours fripon, jamais dupé; Son dieu , c'est la bourse qu'il cache Il est si dur pour l'indigent ! Tous les ans pour vivre il s'arrache, Sou par sou, quelque peu d'argent.
Il meurt : son fils jamais ne compte Un or qui lui coûte si peu; Mais il l'engloutit dans la honte...
Ces riches sont maudits de Dieu !
Place au riche en grand équipage Avec ses laquais galonnés.
Au sein d'un fastueux tapage
S'il entend Dieu qui dit : " Donnez ! «
Homme, il comprend que sur la terre
De son magnifique trésor
Il n'est que le dépositaire
Et qu'il doit faire rouler l'or.
Son or, c'est pour le pauvre monde
Le pain , la lumière et le feu ;
C'est une source qui féconde :
Ce riche est un enfant de Dieu!
Veut-on combler l'imuiense abîme Qu'ouvrent les révolutions , Réaliser un vœu sublime :
La sainte paix des nations ?
Partout que le riche dépense Avec honneur son revenu :
Le pain arrive en abondance.
Il n'est plus un seul pauvre nu.
Plus de misère, plus de haine :
Le travail seul règne en ce lieu :
De l'amour nous formons la chaîne ; Les hommes sont enfants de Dieu !
Jjca'inbrc 1851.