‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 96 sur 218 · MON ÉTAU · texte numérisé non relu

MON ÉTAU

AïK : Mon Ut, mon lit, mon pauvre lit. — 59.

Ne t'use pas, mon vieil étaii :

Le sort nous rassemble.

Travaillons ensemble.

Sous ma lime et sous mon marteau, Ne t'use pas , mon vieil étau !

Tu servis longtemps à mon père Et semblés faiblir aujourd'hui ; Tu me resteras, je l'espère :

Quand je te vois, je pense à lui !

T'aurais-je blessé par mégarde ?

Je te chéris... et cependant Parfois, quand nul ne nous regarde, Moi je pleure en te regardant !

Ne t'use pas, etc.

Mil liuit cent riiKjt est une date Que mon père grava sur toi :

Te voilà donc, je le constate, De quatre ans plus jeune que moi. .

Mon père , bras et cœur d'élite , Siu' toi s'escrimait en chantant :

Il t'a donc fait vieillir bien vite ?

Pauvre père , il travaillait tant ! . . .

Ne t'use pas, etc.

Comme il se plaisait à me dire Ces airs qu'il na pas assez dits :

Vigoureux refrains de l'Empire Et doux refrains de son pays !

Guidant l'outil d'une main sûre.

Sa voix se réglait sur tes sons :

Au bruit de ta franche mesure Je crois entendre ses chansons !

Pan pan, pan pan, etc.

Notre mission n'est pas mince :

Pour notre labeur journalier.

Baron, comte, marquis et prince S'empressent à notre atelier.

Ils ont, aux grands jours de tapage Chasseurs que le cor appela.

Coursier, chiens, piqueur, équipage.

Je te préfère à tout cela !

Ne t'use pas, etc.

Mon père t'aimait et je t'aime.

Tu sais mes rêves d'avenir, Et m'apportes ce bien suprême Qu'on appelle le souvenir.

Ami , que ta vigueur renaisse !

Tu sus, en tes jours triomphants, (lagner le pain de ma jeunesse :

Gagne celui de mes enfants !

Ne t'use pas , etc.

Laissons l'ambitieux avide.

Peu jaloux d'être homme de bien.

Au sein de l'océan du vide "Voguer vers quelqu'immense rien !

Comme aux bords la vague profonde Se brise et retombe à la mer, Le flot des vanités du monde Se brise sur ton pied de fer.

Ne t'use pas, mon vieil étau :

Le sort nous rassemble,

Travaillons ensemble.

Sous ma lime et sous mon marteau.

Ne t'use pas, mon vieil étau !

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