‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 99 sur 218 · LE VEAU ITOU · texte numérisé non relu

LE VEAU ITOU

Air des Trois Couleurs. - 35

Tremble , Israël ! vois ce nuage sombre ,

Entends ce bruit formidable , inouï !

La nue est là ; Dieu se cache à son ombre :

Il a parlé sur le mont Sinaï.

Tenant en main la sainte loi promise ,

Moïse au peuple apporte son trésor ;

Mais les Hébreux ont oublié Moïse :

L'humanité {bis) rampe aux pieds du veau d'or

L'homme se crée une atmosphère infâme Pleine d'orgueil , de doute et de mépris ; Il a fermé les ailes de son àme ; Il veut de l'or, il en veut à tout prix. Sa soif d'honneurs , c'est de la frénésie ; L'agiotage est son triste mentor ; Plus de grandeur , de foi , de poésie ! L'humanité rampe aux pieds du veau d'or.

Le vent du soir entraîne le nuage, Et l'océan, aux flots audacieux, Et la forêt , au sublime langage , Font retentir leurs échos jusqu'aux cieux. L'herbe frissonne et l'insecte murmure ; Un chœur immense enfin a pris l'essor : C'est l'Hosanna de toute la nature !

L'humanité rampe aux pieds du veau d'or.

Quels cris d'effroi , de douleur , de furie ! C'est le maudit qui hurle en se tordant : II vient d'entendre un jeune enfant qui prie , Un laboureur qui travaille en chantant.

Simples de cœur vers Dieu leur vœu s'élance, Car le travail est la prière encor :

Labeur du pauvre, oraison de l'enfance Pour nous sauver renversez le veau d'.or.

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