UN JOUR D'ETE
Musique de l'auteur. — g3.
C/omme tout semble heureux au sein de la nature!
C'est que déjà leté vient dorer les moissons ;
Il donne une autre vie à chaque créature :
Les bois sont pleins d'amour , de parfums , de chansons.
Mon cœur avec transport bénit la Providence.
Aux clartés du soleil , roi du ciel pur et bleu .
La terre ouvre ses flancs, ô splendide abondance :
Tout ravonne et fleurit sous le reo:ard de Dieu.
De mes pensers si doux qui vient Troubler le charme , Lorsque vers la cité je m'achemine enfin ? C'est un vieil ouvrier qui me cache une larme : Devant tant de splendeurs un homme dit : j'ai faim ! Partout l'homme a semé, mais c'est Dieu qui féconde : Songez, riches, songez que son regard de feu Fait croître dans les champs le blé pour tout le monde : Les grands et les petits sont frères devant Dieu.
Quelle est donc cette femme ! Elle est vieille avant l'âge
Veuve, Dieu lui laissait un enfant bien aimé ;
Pour y gagner son pain elle allait au village
Et l'enfant restait seul : le feu l'a consumé....
Regardez maintenant : la pauvre mère est i'nlU'
Et vient errer ainsi chaque jour en ce lieu ;
Et, lorsque la pitié lui donne son obole.
Elle dit , l'œil hagard : " N'approchez pas du feu ! »
Au nom du Dieu de tous, beaux messieurs, grandes liâmes, Qui trouvez ici-bas un destin triomphant, Ouvrez , par vos trésors , en magnanimes âmes , Un hospice au vieillard , une crèche à l'enfant. Riches , quand sonnera votre heure solennelle , A tous vos biens si chers il faudra dire adieu. Fondez-vous dans les cieux une crèche éternelle : La prière du pauvre ouvre un chemin vers Dieu !