BERCEUSE ET JEU
Hue ! hue ! digolin (?) — (allons) à Lannion chercher du vin, — chercher du vin et de bon pain — pour petit Guillaume qui est bon enfant (le chén) — à sa petite mère et à son père.
Le digotin se rapporte plutôt, comme le pater tioster, aux enfants en bas âge, que Ton fait sauter sur les genoux, dans la cadence d'une marche lente ou sur une allure précipitée : pas ou galop, d'une irréprochable régularité.
Da Lanhuon (à Lannion), ainsi que la terminaison m de digotin : voilà des indices certains d'une origine Irécorroise. Pour le nom, Lomik^ lannik, Ivonik, il n'est pas obligatoire : c'est toujours, (avec le diminutif ik), celui de l'enfant qu'on amuse ou qu'on endort:
En raison même dés longues et des brèves (pardon : des noires et des croches^) dont est composée la mélodie, il est facile de comprendre qu'elle s'adapte à un jeu plutôt qu'à une berceuse. Le rythme en est pourtant d'une telle simplicité, que
1. Cette erreur m'échappe, au souvenir de la concordance que j'ai signalée (p; 19 et 9Uiv.) dans la métrique entre la musique et la poésie. Un temps fut, syllabe longue et noirs, ce devait être tout un, comme croche et syllabe brève, pour le vrai barde qui improvisait ù la fois l'uir et la chanson.
la berceuse — au sens strictement primitif — en fait un assez fréquent usage, avec n'importe quelles paroles, paroles de rime plutôt que de raison.
Mais cet air, pour être convenable aux paroles dont il est accompagné, ne saurait être propre à elles seules, hedtgotin peut en contenir d'autres; je ne connais que ces cinq vers. Une mélodie n*a jamais été composée pour un seul couplet.
GWERZ ET SONN 209