‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 44 sur 90 · BERCEUSE ET RONDE · texte numérisé non relu

BERCEUSE ET RONDE

Petite ronde ivre, — pam au lait; — celui qui tombera, — ira dehors.

Petite ronde ivre, petite branche verte ; — celui qui regardera pardessus le bâton,

Celui qui regardera par-dessus son épaule, — sera roulé par l'oie;

Celui qui regarda par-dessus son dos, — sera roulé avec les pierres (à coups de pierre, lapidé)....

Comme on dit, la chanson a quatre-vingt-dix-neuf couplets ; chacun peut y ajouter le sien. Ces trois ou quatre sont usités partout.

C'est une des premières rondes enfantines. Les allusions à la branche verte^ au bâton^ à Voie, sont-elles les réminiscences de certains jeux antiques, de pratiques tombées en désuétude? Durant la ronde, il n'est pas un des petits danseurs qui ne retourne furtivement la tête, craignant Voie ouïes pierres dont il est menacé : comme on « ne voit rien venir », chacun rit de sa propre peur. Et de recommencer.

Une preuve irréfutable que cette ronde ne date pas d'hier seulement, c'est que certains couplets ont la rime double, intérieure et finale, chère aux bardes du breton-moyen ;

Troïk meo, bara lez, ;

Nn hini goneo, c'hai emez.

Troïk meo, bondig glaz; Nn hini sello dreist ar vaz...

Ce qui n'empêche pas la chanson, d'un usage si fréquent de nos jours, d'être chantée dans un dialecte moderne.

La mélodie est celle du pater iiosler, sur une cadence à peine plus rapide; c'est un andanlino^ quand elle sert de berceuse; lorsqu'elle devient une ronde, le mouvement est andante.

GWERZ ET SONN 213

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