‹ Chansons et dits artésiens du XIIIe siècleChapitre 12 sur 20 · II. — Imprimés · texte numérisé non relu

II. — Imprimés

Il est presque oiseux d'indiquer ici certains ouvrages de première valeur, et dont il est évident qu'on ne pouvait se passer dans un travail pareil au nôtre. Tels sont : l'Histoire littéraire, la Gallia christiana, le Recueil des Olim, les Ordonnances royales, la Bibliothèque de l'École des Chartes, les Archives des Missions, etc. Mais nous mentionnerons plus spécialement comme nous ayant été d'un grand profit :

10 Les Trouvères artésiens, dé A. Dinaux, livre précieux, malgré ses erreurs étranges.

2° L'Inventaire sommaire des Archives départementales du Pasde-Calais (Arch. civiles, série A), par M. J.-M. Richard, archiviste. (Arras, 1878). Nous en avons fait un constant usage.

30 Les Mémoires de l'Académie des Sciences, Lettres et Arts dArras.

4® Les Trouvères belges, de Scheler.

5* Le Vieil Arras, par C. Le Gentil (Arras, 1877).

6® Les Rues d'Arras, par MM. Achmet d'Héricourl et Alex. Godin (Arras, i856).

7® Histoire monétaire de la province d'Artois etc., par Alex. Hermant (Saint-Omer, i843).

8® Histoire de la ville de Saint-Omer, par A. Giry (Paris, 1877).

Le lecteur s'apercevra sans peine des services que nous ont rendus les beaux travaux de Méon, Monmerqué, Raynouard, de

MM. Passy, Raynaud, et surtout de MM. Paulin et Gaston Paris. Nous en faisons spontanément l'aveu avec beaucoup de plaisir et de gratitude.

Nota. — Outre les indications que nous avons pu fournir sur les personnages dont il est expressément question dans les poésies par nous éditées, nous avons cru devoir, quand ils appartenaient à une famille importante et nombreuse, citer les principaux membres de cette famille, encore qu'ils ne fussent point mentionnés dans nos pièces. Nous avons indiqué les sources où Ton puiserait, à Foccasion, des renseignements sur ces individus qui sont, la plupart du temps et bien qu'on doive actuellement renoncer à le prouver, unis par des liens de parenté aux bourgeois d'Arras que notre texte désigne. Ce sont là comme des pierres d'attente que nous avons posées dans Fespérance de faciliter la tâche de ceux qui entreprendront, un jour, d'écrire l'histoire complète de la grande commune artésienne. Nous ne nous dissimulons pas, en effet, que notre travail est bien loin d'être achevé, et les recherches, malheureusement restreintes, que nous avons faites, nous ont donné cette conviction qu'avec plus de temps, plus de bonheur et de sagacité, on arrivera sans peine à combler les immenses lacunes que présente la biographie de tous nos personnages, à identifier bien des noms sur lesquels nous n'avons rien su dire, à relever des erreurs que nous avons assurément commises. Il suffit de travailler quelques jours aux Archives du Pas-de-Calais pour s'apercevoir de leur richesse, pour comprendre que, si peu que l'on veuille y consacrer son loisir et son soin, on tirera de Foubli où il est plongé ce peuple si curieux de financiers et de poètes. Quant à nous, si nous parvenions à suggérer à quelque autre l'idée de travailler encore à cette résurrection d'un passé si digne d'être connu, nous nous estimerions fort heureux d'être dépassés dans cette tâche par ceux qui l'entreprendraient. La mine n'est point épuisée ; elle garde encore tout son trésor, et c'est à peine si nous avons attaqué le premier filon.

Abbé. — Un personnage que l'on désigne simplement par ce mot « l'abbé », joua un rôle important dans l'affkire de l'impôt mal réparti. Ce fut lui qui revisa, contrôla les comptes des échévins coupables de malversations. Il semble avoir fermé les yeux sur certaines irrégularités dont il se trouva, par le fait même, responsable dans une certaine mesure (II, 69-70). Non seulement on ne lui épargna pas les railleries (Xni. 56-6 1), mais encore il fut attaqué devant un tribunal (XXIV, 211- 212). S'il Feût voulu, il aurait pu se défendre aisément et faire retomber la faute sur les échévins {Ibid,, 2i3-2i4). Mais il dédaigna, probablement par bonté d'âme, ce moyen de se disculper (XIII, 58). — Les ordonnances de saint Louis stipulent, en efTet, que des personnes de l'Église devaient aider de leurs conseils ceux qui avaient mission d'asseoir les tailles. —

Quel est maintenant cet abbëP II parait infiniment probable qu'il de Fabbé de Saint-Vaast qui jouissait, à Axras, de la plus grande riété. Lorsque les poètes artésiens disent c Tabbé » sans indiquer d( monastère, ils entendent parler du monastère par excellence, — de Vaast. Or, en 1269, 1® supérieur de ce couvent était Simon Novioi en 126a et qui mourut en 127g (Gall. christ,, t. III, col. 387). appelé Simon de Noyon dans le tome XL de la Bibliothèque de VÉcc Chartes y page 585.

Acaire (Saint). — XIX, 80. C'est le patron des fous. (Cf. Le Jeu Feuillée,) Sa chapelle était dans les environs d'Haspres. — « Lors< roi Charles VI devint fou, on présenta son image en cire à la châ saint Acaire.» (Arch. du Nord, t. IV, p. i33; Dinaux, Trouv. bi çons, etc., p. 227). — Pour l'origine du mot, consulter Romania, p. 3o2. Sur la chapelle de ce saint à Haspres^ cf. Feuillée, 333.

Acarios (Mathieu). — XIX, 21. Semble s'être approprié des auxquels il n'avait pas droit. — Ce nom fut, sans doute, primitiv un sobriquet (saint Acaire, patron des fous). Nous ne connaissons Mathieu. Mais un certain nombre de bourgeois d'Arras ont po nom d' Acarios. BN. fr. 854 1, année i3o3. Pentec. : Henri Acai Sawale Achariot, marchand de fourrures et fournisseur de la coi Mahaut, est cité maintes fois dans les actes du commenceme XIV* siècle. || Sur saint Acaire, cf. le précédent.

Adam (Maistre). — XIV, 65, et XXII, 177. Voyez Adam de Vimi

Aix. - XXm, 7. — n s'agit d'Aix-Ia-ChapeUe.

Alissandre (Femme). — XV, 76. Donnée comme la sœur de < Mairesse » ; on en parle d'un ton ironique.

Alori. — m, 81. Nom imaginaire symbolisant le menu peuple.

Amion (Thibaut). — XVin, 57. Cette famille était, à Arras, des plus opulentes et des plus célèbres, au xiii* siècle. Deux généi de poètes ont chanté la générosité et l'intelligence des Amio Thibaut dont il est question dans notre texte parait être le fih personnage qui portait le même prénom. BN. lat. 10972 (Cens l'année 1261) : c Isabella relicta Theobaldi Amion... » Donc notr haut serait fils de Thibaut, mort avant 1261, et d'Isabelle. Notre parle de lui pour afilrmer qu'il avait lieu de se réjouir d'un b] pape permettant de se marier jusqu'à un certain degré de parei est cité dans Godefroy (I, 588-9) comme assistant, en qualité de te au procès fait, en 1285, aux échevins de Boulogne. Cette pièce le q « homme du Comte ». A eu un fils. BN. fr. 854i, année 1273, Saint! « fil Tibaut Amion. » Voici un renseignement sur sa maison ou sui de ses maisons : BN. lat. 10972 : c Theobaldus Amions pro dom fuit Johannis Verdiere et Jacobi Bougier, VI sol. in Nat... » (f^ Cette maison était sise « in vico abbatie versus portam de Miaule

Io8 BIBLIOTHÈQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI

Andrius 11 Maires. — XVII, 93. Membre de la confrérie des Auduîns, autrement dit mari qui n'est pas maître chez lui. Il n'est que « sergent » dans sa maison, et sa femme y est c comte ».

Angleterre. — xix, 7; xxiv, loa.

Anjou. — Voyez Comte d'Anjou.

Anstler ou L'Anstler ou L'Hanstier (nom tiré du métier : ha» siarius, fiibricant de lances). Un très grand nombre de bourgeois d'Arras se sont appelés ainsi, et, comme plusieurs portent le même prénom, il est souvent difficile de les distinguer. On peut dire, en général, que les Mnstier étaient des banquiers, voire des usuriers. Certains d'entre eux, pour se foire pardonner leurs richesses, se sont montrés généreux envers les poètes qui les ont quelquefois chantés. Mais on les a beaucoup critiqués aussi. Trois membres de cette famille sont mentionnés dans notre texte.

I* Mahieu. — XXII, 77 sqq. Trompeur et menteur, c au mentir s'est tous jors aers » (v. 8a). Sa femme est citée dans le Jeu de la Feuillée d'Adan de le Haie, et dans BN. fr. 854 1 à l'année ia6i. Pur. — Cette femme était fille du célèbre Audefiroi Louchart (Godefroy, I, pièce du mois d'août 1371). Ainsi Mahieu appartenait par alliance à une dynastie d'usuriers, et il ne semble pas y avoir été déplacé. Nous le trouvons, le i5 décembre ia42, comme témoin d'une vente (God. Inv, I, i3a). — En août 1371, la comtesse d'Artois confirme une vente que Mathieu c dictus Hanstarius a faite à Wibert de Builecourt, écuyer, de 88 mencaudées de terre situées dans le territoire d'Inchi pour les tenir en fief de Raoul, seigneur d'Inchi, à sept sols et demi de relief. » (Arch, dép. du P.-de-C., A, 19.) — En octobre 1377, la comtesse d'Artois assigne le péage de Bapaume en paiement de 600 1. p. empruntées à Mathieu Lanstier. (ïbid., A, a4). — Le ag juin ia8i, Robert d'Artois reconnaît devoir 220 1. p. que Mahieu L'Anstier lui avait prêtées c pour acheter un grand cheval » (God. Inv, I, 5i3). — BN. lat. 1097a, f* 34 r**: c Matheus li Hanstiers pro domo que fuit Audefroi Louchart [son beaupèrel in magno vico S* Nicholaî contigua viculoque ducit ad S"" Johannem III sol. et VI den. in Nat.. » — Le même ms. nous apprend qu'il a eu un fils nommé Baude : c Balduinus, filius Mathei li Hanstiers, pro domo que fuit Hugonis le cirier in magno vico S^ Nicolaï XXXVIU den. in Nat.. 9 (P 34 r»). Il On ne doit pas confondre ce Mathieu L. avec le personnage des mêmes nom et prénom qui falsifia, en i3o4, les élections pour l'éçhevinage. (Arch. dép, du P,'de-C,, A, 5o.) La vraisemblance s'oppose à ce qu'un homme qui témoignait dans une vente en ia4a pût être, en i3o4* encore mêlé aux afiÎEdres publiques.

2" Dame Sarain. — XXII, 3. Bien que le nom de famille ne soit pas donné, il s'agit évidemment de Sarain Lanstière, personnage qui jouissait d'une assez grande notoriété pour que cette indication abrégée suffit. — Cf. Congé de Fastoul, v. 564.

3"* Tasse L, ~ XXIV, 167 et suiv. Elle est compromise en même temps que les bourgeois qui avaient fait de fausses déclarations de leurs biens, lors de la fixation de la taille. Une dame c Tasse li Hanstiere m est men-

GHAlfSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIQ* SIECLE IO9

iionnée à Tannée ia65, dans le ms. 854 1. — Mais ici surgit une difficulté, car il y a, dans Arras, à la même époque, deux femmes qui s'appellent c Tasse L. » et qui. Tune et Tautre, s'occupent d'usure : a) Tasse, fille de Emme : Les échevins de Calais reconnaissent lui devoir, en février 1372, 260 1. p. (God. Inv. I, p. 4i5); b) Tasse, fille de Margkaretain [God. Inv. I, p. 482 (octobre 1278); I, p. 687 (octobre ia8a)].— Nous ne pouvons décider s'il s'agit, dans notre texte, de Tasse, fille d'Emme, ou de Tasse, fille de Marguerite. Toutes deux brassaient des affaires, et la délicatesse en matière d'argent et d'élections n'était pas la qualité dominante de cette famille.

Antoine (Saint). — XV, 3.

Apostoile. — XVIII, I et passim. De quel pape s'agit-il dans cette pièce qui fait allusion aux guerres de l'Empire et du Saint-Siège et qui est visiblement la plus ancienne de notre recueil P L'empereur est, à coup sûr, Frédéric II, car nous ne croyons point que ses successeurs, Conrad, Gonradin, Manfred aient été absolument désignés par ce titre r € empereur ». Frédéric a lutté contre deux papes, Grégoire IX, puis Innocent IV. Mais notre satire parait postérieure à la mort de Grégoire, survenue en is^i, et c'est au pontificat d'Innocent IV qu'il est naturel de la rapporter. Au surplus, quelle qu'ait été la violence de Grégoire IX, ce fut surtout son successeur qui contraignit la chrétienté à prendre les armes contre son rival. Or, notre poète parle d'un ordre des cardinaux (v. 85 et suiv.) qui enjoignent à tous les célibataires de se marier dans le délai d'un an ou de se rendre à l'armée pour soutenir la cause de l'Église. Nous n'avons nulle part trouvé la mention d'un mandement aussi bizarre, et peut-être ne faut-il voir là qu'une plaisante invention d'un auteur cherchant le moyen de tourner en ridicule les vieux garçons de son pays. Toutefois, même en admettant l'hypothèse d'une pure fantaisie satirique, il est clair qu'elle s'explique par les événements de l'époque et qu'elle ne se justifie qu'en un temps où le Saint Père cherchait des soldats. Or, c'est entre les années 1246 et 12^9 qu'Innocent IV essaya de soulever l'Europe entière contre son ennemi et fit prêcher une croisade pour la destruction de Frédéric et des siens. Les bulles très nombreuses et violentes qu'il adressa de toutes parts alors ont pu donner à l'auteur de la pièce XVIJI l'idée qu'il adéveloppée dans son œuvre. (Voyez Potthast, Reg, Pontif, Rom., t. II, n** i2o44, 12082, 12902, 12920, 12927, 18007, i3i49« etc.) Nous pensons donc que cette satire a été écrite entre 1246 et 1249, ^^ plutôt vers la seconde de ces dates, puisque le poète parle des insuccès de l'empereur (v. 28), ce qui ne s'expliquerait aucunement en 1247, année où Conrad, fils de Frédéric, avait complètement vaincu Henri de Thuringe, élu en 1246 à l'instigation du Saint-Siège. Ce serait donc aux démêlés de Frédéric II et d'Innocent IV que feraient allusion ces vers écrits sans doute vers 1248 ou 1249. Il ^^^ V Apostoile, voyez aussi XVII, 112.

Arage. ~ XXI, ii3. L'Arabie. Voyez un autre exemple du dans les Enfances Vivien (éd. Wahlund), B. i46.

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Arras. — École de poésie; ville célèbre par son Puy, I, i et suiv. — Troublée par la faute des bourgeois qui ne veulent point payer l'impôt et par des écbevins prévaricateurs; II, ni, XIII, XXIV. — Riches habitants de cette cité; XIV, passim. — Diverses carités de la ville, XV. — Châtelain d' Arras, XVI, gS. — Les Auduins ou maris malheureux qu'elle renferme. XVn. — Mariages irréguliers contractés par des bourgeois d' Arras; célibataires appelés à l'armée par le pape, XVIII. — Détournements d'argent commis à Arras, XIX. — Les trompeurs y abondent, XXII, passim,

Arras (Li Maires d*). — XIX, $7. Ses parents ont été comprcHnis dans une affaire de détournement d'argent. Faute de savoir la date exacte de la pièce, il est impossible de préciser auquel des maires qui se sont succédé, au xin* siècle, dans cette charge s'adressent ces vers peu flatteurs. Disons seulement que Simon Faverel ou Faveriaus fut maire d' Arras depuis 1271 jusque dans les premières années du XIV* siècle. Il est donc vraisemblable qu'il s'agit de ce Simon Faverel. (Voyez à ce mot.)

Artésiens. — XXrV, 45. « Bon nues artisiens. » Ce sont des écus fabriqués à Arras et dont la valeur, ainsi que le texte le prouve, était considérée comme grande. L'atelier monétaire d' Arras était d'origine fort ancienne : il est constant, du moins, que, dès le commencement du règne de Philippe -Auguste, il se trouvait en pleine activité. (Voyez Alex. Hermant, HisL monétaire de la Province d*Artois et des seigneuries qui en dépendaient. Saint-Omer, Chauvin, i843.)

Artois (Comte d'). — Il s'agit de Robert II. On parle de lui comme ayant souffert un grand tort de la part des bourgeois qui ont falsifié leur € brevet », de la part aussi des échevins qui ont mal « assis » la taille, ni, 80; XXIV, 72. Il Voir aussi XXI, 29.

Artois (Comtesse d'). — Vin, ag-So. Citée comme un exemple de grande opulence. Le fait qu'il est parlé; dans cette pièce, de la comtesse et non du comte d'Artois permet de supposer qu'elle a été écrite durant la minorité de Robert II, entre isSo et ia66.

Astices (TiBERs d'). — V, 81. Nom de fantaisie, amené sans doute par la rime. Dinaux suppose cependant qu'il peut être ici question d'Attiches, village du département du Nord, arrondissement de Lille. Fort douteux I

Aublainsevele. — IX, 21.

Audefroi. — II fut l'un des échevins par qui la taille fut mal répartie (II, 59*63; XXIV, 221). Il ne s'était pas mieux conduit comme contribuable que comme magistrat, et avait dissimulé sa véritable fortune (XXIV, 59-63). Mais il ne f\it pas sans inquiétude sur l'issue de cette supercherie (XIII, 33-34; XXIV, 64). Toutefois sa malhonnêteté lui rapporta de gros profits, c il ala enflant » (II, 66). Ce personnage, fort maltraité par nos pièces artésiennes, est encore donné comme un avare

(XIV, 45). Voyez enfin XV, 82, et suiv.— S'il a été décrié par certains de ses contemporains, Audefroi fut, en revanche, grandement loué par d'autres. Adan de le Haie le prend pour juge dans quatre de ses jeux -partis (Goussem, i, 4f n. Romania^ VI, 690, et suiv.). Adan, qui le prend pour juge contre Bretel, lui reproche d'avoir abandonné les fêtes par amour pour les deniers, — Bretel lui adresse une chanson (Arsenal, 3ioi, f^ 157). Fastoul le nomme dans son Congé (str. 8). Le même poète (str. 3o) nous apprend qu' Audefroi avait deux fils qui lui ont c du lor preste et replegiéo. C'est assurément pour cette raison que certains poètes l'ont célébré, tandis qu'il était dénigré par d'autres moins favorisés et, partant, jaloux. Nous croyons que M. Guesnon se trompe (Comité des Travaux hist. et scientif,, Bulletin hist. et philoL, 1894. p. 422, note) lorsqu'il voit dans le «seigneur Audefroi», échevin en 121 3, celui qui figure dans le Congé de Fastoul.

Audefroi (femme). — XV, 79 et suiv. Donnée comme ayant un caractère difficile. — Voyez le précédent.

Audevare. — XXni, 18. Hues Audevare (nom de fantaisie) est l'un des Flamands qui marchent contre Neuville.

Auduins (Confrérie bes). — XVII. Le poète désigne par ce nom une «carité» de maris faibles ou malheureux. — Voyez aussi XVin, 161.

Aurris (et Au Ris). — Famille nombreuse et assez importante d'Arras. Deux personnages de ce nom se trouvent mentionnés dans nos pièces.

I* Jehan Au Ris, — V, lao. Se donne comme auteur de ce morceau. Sa femme est citée dans EN. fr. 854 1, année i258, Saint-Remy. Lui-même se trouve Ibid,, 1267, Purif. — Le même ms. nous apprend qu'il eut un fib: c Aurris Simons fix Jehan.» (i3o6, Saint-Remy.)

a« Robert Au Ris, — XXIV, 139. C'est l'un des bourgeois qui ont fait, lors de la taille, une fausse déclaration de leurs biens. Son nom se lit dans le ms. 854i (BN. fr.), à la date de 1278, Pentec. — Nous doutons que ce soit lui qui figure dans un acte du 26 novembre i3o4 {Arch, dép, du P.'de-C, A 2o4): «Quittance de Robert Aurris, bourgeois d'Arras, pour i32 1. 3 s. 4 d. p., prix de 6663 livres de cire à 4 s. 7 d. la livre.» Toutefois il n'est pas impossible qu'il s'agisse de lui. || Rikece Aurris est l'un des personnages de la Feuillée, (| Fastoul salue Adan Aurri (str. 42).

Auweline (Sainte). — XV, 64 et suiv. Sous l'invocation de cette sainte de fantaisie et dont nulle part nous n'avons pu trouver le nom, est fondée une « carité » de femmes. Il s'agit évidemment de personnes peu recommandables par leur caractère ou leurs mœurs.

B Baiart ou Baielart. — XXIII, 92 etpassim. — Nom d'un cheval.

.BaiiliUS. — XXn, 196 et suiv. Quel est ce bailli que l'on donne ici comme un trompeur P Le vers 197 où l'on nous dit que ce personnage est

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né à Viler, nous fournit une indication sur son identité. Il y a, il est vrai, dans le département du Pas-de-Calais, un grand nombre de localités du nom de Villers, mais Tune d'entre elles s'appelle encore Villers-Sire- Simon. Or, Simon de Villers fut, durant longtemps, bailli d'Arras. Nous le trouvons d'abord dans un acte de ia47 : « Simonem de Villare, militem, baillivum Attrebatensem. » (Giry, Hist, de la ville de Saint-Omer,) En i960, il était encore dans cette charge. (Layettes du trésor des Chartes, t. III : État des revenus et des dépenses de la ville de Montreuil-sur-Mer.) Est-ce beaucoup s'avancer que de supposer qu'il s'agit dans notre passage de ce Simon de Villers?

Banin (Simon). — XXIII, a8. Personnage sans doute imaginaire; est donné comme c le plus vaillant » des Flamands qui marchent contre Neuville.

Barbier (Vincent le). — XXIII, ao. Personnage inconnu. L'un des Flamands qui marchent contre Neuville. Scheler imprime, par erreur, c le larbier ».

Baudimont (Pierron de). — XXII, 48 et suiv. Le ms. donne Bauduiemont. Notre pièce parle de lui comme d'un trompeur : c Faussetés l'a pieça sougi » (v. 5a). — Ce nom était fort répandu dans l'Artois. Le fief de Baudimont, près d'Arras, eut plusieurs possesseurs dont quelques-uns furent célèbres. Adam de Vimy (voyez ce mot) était seigneur de Baudimont. Une des portes d'Arras s'appelle encore ainsi. Fastoul (Congé, str. 16) salue Renaut de B..

Baudouin. — XIX, 6a et suiv. Personnage inconnu qui semble avoir détourné de l'argent. Il fut, à cause de cela, obligé de c vider le pays ». Le texte l'appelle c me sire ». Il est vraisemblable qu'on doit l'identifier avec le < sire Bauduin » de la pièce XXII, 160, mentionné aussi comme un trompeur (voyez Cardonal).

Bauduin. ~ XVII, 75. — Nom d'un àne (cf. XXn, i6a).

Beaumont (Roger de). — XV, ag et suiv. Il passait sans doute pour un pauvre d'esprit, puisqu'on le met dans la carité de Saint-Oison. Toutefois il eut assez d'esprit pour être choisi par Philippe le Hardi dans des circonstances délicates. A cause des difficultés survenues entre les échevins entrants et Usants, la ville d'Arras se trouvait sans magistrats. Philippe nomme, le 18 août 1280. une commission municipale de quatre membres, parmi lesqueb on lit le nom de Roger de Beaumont (God. 7/iv. I, igg). U faut en conclure qu'on le calomnie en l'accusant, dans notre pièce, d'être dépourvu de sens. Un acte du 25 septembre 1277 concerne aussi ce personnage. Simon Vaires, sous -bailli d'Arras, notifie une remise accordée par lui à Jehan Brakes pour le fief qu'il possédait à BeUacordel et qu'il tenait de Roger de B. — Gomme ce fief avait été amenuisié, on faisait à J. Brakes une remise de &o 1. p. (Arch. dép, du P.-de-C, A, a4.)

Beauvais* — vn, 59 ; XX, 73.

CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIIl* SIÈCLE Il3

BeCOns. — Deux individus de ce nom sont cités dans nos pièces.

I" Baude B, — I, ag et suiv. Membre du Puy. On lui reproche sa grossièreté, qui est si révoltante que le bon Dieu, guéri par Bretel, retombe malade de sa « grant quartaine » I Qu'attendre, en effet, d'un homme qui met son étude « en trufe et en vent et en merderie » ? (v. 3o.) Notons que les plaisanteries de B. Becons devaient être terriblement osées pour qu'elles eussent paru excessives au poète qui applaudit les facéties de Bretel « porkiant » les braies d'un de ses confrères. — BN. lat. 10972 : « Balduinus Becons pro domo magna... » (f» 34 v»). — Arch, dép, da P,'de-C., H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr., f* 52 v* (année layo) : « Baudes Bêchons vend à Pierron Pouchin tout le droit qu'il avait sur le molin de Demencour. »

2" Robert B. — XXII, 96. Personnage donné comme un homme sans foi. — Scheler imprime « Bocons » par erreur. — God. Inv, I, 488 : Les échevins de Calais reconnaissent devoir 696 1. à Robert Becons d'Arras (mai 1279).

Belemotte. — IV, 90. Le poète parlant d'Adam Esturion dit que peu lui servira, après sa mort, d'avoir été riche et d'avoir possédé le manoir de Belemotte. Cette propriété, qui était située « en deçà de Blangi », avait eflTectivement appartenu à la famille Esturion, qui la vendit en 1283. (Arch, dép, du P,-de-C4,, H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr., ^ 34 V et 35 r».)

Belliant. — XXIII, 164 (cf. BiauUant, ihid,, v. 3o). — Bethléem.

Bernard (Robert). — XV, 1 7 et suiv. Le texte le représente comme orgueilleux et sot. Il est membre de la confrérie Saint-Oison. U est fait allusion aussi à sa très grande richesse. Nous savons qu'il eut de nombreux enfants : « Enguerand, Adan, Robert, Jacques, Jean, Margot, Maroie, tous enfants de Robert Bernard ont werpi à Jean de Vergelay, leur oncle, tout le droit qu'ils avaient sur la maison de Simon Wagon » (année layi.— Arc/i. dép, du P,-deC., H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr., f> 55 v».) — BN. lat. 10972, fo 28 vo : « Relicta Henrici le Hbcier pro domo que fuit Roberti Biernart ante portam Œdoin Mulete, XII den. et II cap. in Nat. » Cette maison était sise c in vico abbatie versus portam de Miaulens ». || Ce Jean de Vergelay, oncle des enfants de Robert B., est connu. Fastoul le salue dans son Congé (str. 23). Il est cité dans le recueil des Olim, publié par le comte Beugnot (t. II, p. 389), dans une pièce de 1295 où il est question d'un litige entre Robert II et l'abbaye de Saint -Vaast. Nous apprenons, d'autre part, qu'en 1284, il revend à la femme de Baudouin, châtelain d'Arras, le manoir de Simon Wagon qu'il avait, en 1271, acheté de ses neveux. {Arch, dép, du P.'de-C, H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr., P 56 ro.) Jean de V. fut poète et il soutint, en compagnie de Dragon, un jeuparti contre Bretel. {Vat, 1490, P 172 r^.) Ces indications suffisent pour montrer que la famille de Robert Bernard occupait à Arras une place très honorable.

Bernard. — XVII, 77. Membre de la carlté des Auduins,

Il4 BIBLIOTHEQUE DES UNIVERSITES DU MIDI

Bertoul. — XVI, 67 et suiv. « Me sire Bertous » est un menteur, un homme sans foi. Les vers qui le concernent ont été cités par M. Windahl CLi vers de le MortJ, qui suppose avec raison que le Bertoul attaqué plusieurs fois par Robert le Clerc doit être identifié avec le nôtre. Robert le Clerc s'en prend, en général, à la famille des « Bertoulois ».

Bertremiu. — .XVUI, i5o et suiv. Le passage qui le concerne et qui a été cité par Windahl nous est extrêmement obscur.

Béthune (Herbert de). — XXII, 93 et suiv. Homme faux et vaniteux.

Beugin. — I, a4. Membre du Puy.

Binervele. — XV, 86.

Blancandin. — XXn, 81. Titre d'un roman d'aventure (voyez le suivant).

Blans^. — XVI, 74 et ii3; XXH, 5i. C'était un petit village dont le nom revient bien souvent dans les chartes et qui était tout voisin d'Arras. [Actuellement Blangi-les-Arras, sur la Scarpe, canton de Saint- Laurent.] Dans nos textes, on représente volontiers les trompeurs comme habitant Blangi, parce que ce mot rappelle l'adjectif blanc, et que l'on considère la blancheur comme un symbole de la fourberie. — XXII. 108 : «De blanke cire est ses seaus»; Ibid,, i53 : c Blankes gens i doivent manoir. 9 Schcler (Trouv. belges, II, 34?) pense que le mot Blancandin (qui est au vers 81 de la pièce XXH) est cité de même à cause de sa formation. — Voyez Mentenài. Cf. Tobler, Mém, de l'Acad. de Berlin, 1882, p. 533, et Verm, Beitrage, U, igS.

Boidekin. — XXIU, 17. Nom imaginaire. L'un des Flamands armés pour la prise de Neuville; donné comme neveu de Kaquinoghe.

Borgne (Gérard le). — XIV, 48 et suiv. U était mort au moment où ce morceau fut composé. Il est donné comme un sot (v. 47) et comme jouissant pourtant de beaucoup de notoriété (49). Son héritage échut à Baude au Grenon. (Voyez ce nom.)

Borgne (Jehan le). — XXIV, 36. Avait fait une fausse déclaration de ses biens lors de l'affaire de l'impôt mal réparti. Ce personnage était frère de Sawale le B. dont le nom suit: cSacent tous les servants héri tables de la rivière de S. Vaast ki sont et ki a venir sont que Mathieu le Borgne, clercq, Sauwale le Borgne, sonfrère^ et Isabeau, sa femme, Joziaus

Fastoul et Laurence, sa femme ont werpi à Jean le Borgne, frère du

devant dit Mathieu, toute partie que chacun des dits pouvoit avoir ou avoît sur le moulin qui fut à Sauwalon le Borgne, père des devant dits Mathieu et Sauwalon.» (Arch. dép. du P»-de-C., H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr. f* 4o r^.) Cet acte est de 1276. — Tout au commencement du xrv^ siècle, nous trouvons un Jehan le B. dit : «Biauparisis». Il n'est pas certain, mais il n'est pas impossible non plus, que ce soit le même.

Dans ce cas, il faudrait avouer que l'auteur de notre pièce XXIV ne se montre pas injuste en accusant de fourberie le personnage qui nous occupe. En i3o4, Jehan le B. avait été pris — c'est le cas de le direl — la main dans le sac, au moment où il majorait le brevet de Jehan Hendoul, bourgeois d'Arras, afin que ce dernier pût être échevin, charge que Ton n'avait pas le droit d'occuper à moins de posséder 3oo livres « de vaillant». Jehan le Borgne, convaincu de fraude, avoua que le brevet de J. Hendoul avait été « touchié et porté a la table et mis au sac et li autre osté ». (Arch, dép, du P.de-C, A, 5o.) Un acte du 17 juin i3o5 nous apprend que Bianparisis doit, pour ce fait, être jugé à Saint-Omer. (Ibid,, A, 5i.) Mais nous savons par une lettre de Philippe le Bel à son bailli d'Amiens (a3 septembre i3o5) que le coupable s'était placé, sans doute pour chercher des moyens dilatoires, sous la juridiction de l'évêque et du chapitre d'Arras. D'autre part, un compte de cette même année i3o5 {Ihid,, A, 206) constate que Jehan le B. a payé deux amendes ccascune a LX livres». Il s'en tirait à bon marché! Ce fraudeur devait être alors bien âgé, mais on voit que les années ne l'avaient point corrigé, et que les d< mentions qui nous restent de lui nous le montrent, à trente ans de ( tance, falsifiant les papiers publics.

Borgne (Sawale le). — XY, 4a. Il ferait bien de mettre un sien dans la confrérie de Saint-Oison ; — XVIII, 66 et suiv. Il se propose de p fiter d'un bref du pape qui permet le mariage <au tiers point» p( épouser une femme qu'il aimait et attendait. — Sur ce personnage, voj dans l'article précédent, un acte de 1276.

Boulenois. — XVI, i4i.

Boulogne (Comte de). — XXIII, 5. Héros d'une chanson de ge M. G. Raynaud {Études rom, dédiées à G. Paris, p. 69) estime que ce j sonnage n'est autre que le comte Hoillequin, cité au même vers de même pièce, et il identifie cet Hoillequin avec un certain Herneqi comte de Boulogne, c qui s'est particulièrement distingué dans les guei soutenues contre les invasions normandes au ix« siècle. » M. G. Raynj admet que les exploits de cet Hernequin ont été célébrés par une ch son de geste aujourd'hui perdue, mais dont on retrouve la trace dans notes que Walter Scott a jointes à son ouvrage sur la poésie écossa Toujours d'après M. Raynaud, Hernequin serait devenu le légendi Hellequin qui, durant les nuits d'orage, parcourt la campagne ave< terrible «mesnie». Nous ne nous rangeons aucunement à cette opin et croyons avec M. G. Paris (Romania, 1893, p. 139) : lo que notre te cite le comte de Boulogne et le comte Hoillequin comme deux ii vidus difierents; a" qu'il n'y a pas de raison pour qu'un guerrier a lutté pour son roi et pour son Dieu devienne, même dans la léger une puissance infernale ; 3" que la note de Walter Scott ne prouve grand'chose puisque Téminent auteur ne renvoie pas aux soui M. G. Paris estime que le nom du comte de Boulogne «peut bien se rapporter au roman des Enfances Godefroi dans une ré tion remaniée duquel le comte Eustache de Boulogne joue un capital. »

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BouteiUier (Raoul le). — XIX, 47-8. Donné comme ayant détourné de l'argent ; — voisin de Henri Huquedieu (voyez ce mot). Il demeurait donc vraisemblablement « in strata versus Brounes ». Le nom de R. le B. se trouve dans BN. ît, 854i à la date de ia63, Saint-Remy.

Bretagne. — Xin, 37.

Bretel. — 1, 21 et suiv. Se vante de dérider le bon Dieu qui est malade et, pour y parvenir, « fait le paon » et d'autres plaisanteries encore qu'il faudrait raconter en latin. — XXII, 61 et suiv. Dans ce passage il est donné comme un homme adroit, mais sans probité : « plus set d'engiens que ne set loutres » (v. 65).

Ce poète est trop connu pour que nous nous arrêtions longuement à parler de lui. Cf. Dinaux, Trouv, art., p. a83 et suiv. ; Hist, Utt», XXIII, 637 et suiv.; Bibl. de l'École des Chartes, 4' série, t. V, article de L. Passy, p. 465 et suiv. ; de Coussemaker, édit. d'Adan de le Haie; Vat,, ms. i52a, f> i53 b. ; Bibl. de VÉcole des Chartes, année 1880 (t. XLI), p. 195 et suiv., article de M. G. Raynaud; Romania, 1880, article de M. G. Raynaud, p. a 16 et suiv. (il s'agit du Congé de Bodel); Romania, 1894. p. a5i-4) un jeu-parti de Bretel (G. Paris); Revue des Deux-Mondes, juin 1890, article de M. Bédier sur le théâtre d'Adan de te Haie. — Nous avons discuté, dans « la vie et les œuvres littéraires du trouvère Adan de le Haie », certaines questions relatives à Bretel.

Brlssot. "— VI, ig. Nom de fantaisie, du moins la chose est bien vraisemblable.

Cabillau. — Vin, i3. — Nom plaisamment tiré de la profession et appliqué à un poissonnier.

Calabre.-XXlI, 74.

Camus (Lb). — XX, i. Sobriquet. « Li Camus qui est nés d'Arras » est l'auteur de la pièce qui commence par ce vers. Nous ne savons rien sur ce personnage.

Capele (De le). — Nous trouvons, dans nos pièces, deux individus appelés ainsi. Us sont frères.

lo Jakes de le C. — XVIII, 97.

a» Heuvins de le C. — Ibid,, 98.

Plusieurs vers leur sont consacrés. Plutôt que de se marier, les deux frères sont résolus à obéir au pape, qui ordonne, par un bref, aux célibataires de marcher contre l'empereur. Pleins de zèle, Jakes et Heuvins se sont mis en route et ils attendent à Montpellier ceux qui auraient le courage de les imiter. Il est aisé de deviner, étant donné l'esprit ordinaire de notre texte, que tout le passage est ironique. Ces éloges mordants s'adressent, à n'en pas douter, à des soldats fanfarons qui promettaient monts et merveilles et ne quittaient point leurs foyers. || On connaît

encore d'autres membres de cette famille: i^ Jehannins de le C. (BN. fr. 854 1. année 1278, SaintRemy); a© Evrars de le C. (Congé de Fastoul, str. 53). Ce dernier était sage et subtil à merveille.

Caquemare (Lb). — xxrv, 170, ~i

Cardonal (Le). — XYI, 92-93. c Me sire li Cardonaus ki est no Castelains d'Arras. » Passage très obscur. Inutile de dire que jamais cardinal ne fût châtelain d'Arras. U y a là quelque sobriquet, quelque plaisanterie populaire. Quel que fût ce personnage, on le représente comme un homme sans foi, grand prometteur, mauvais donneur. En 1284, le châtelain d'Arras s'appelait Baudouin. Or (pièces XIX, 62, et XXII, 160), il est question d'un Baudouin qualifié de c me sire » et que l'on accuse, dans ces deux passages comme dans celui-ci, de duplicité et de mensonge. Les trois endroits que nous citons ne se rapporteraient-ils pas au même individu: à Baudouin, châtelain d'Arras, surnommé li Cardonal?

Castel (TuM AS de). — La pièce XXIV le mentionne deux fois parce qu'il fût doublement coupable au moment de l'affaire de l'impôt. En tant que contribuable, il se déclara, dans son brevet, possesseur d'une mince fortune (v. 47 sqq.) encore que, durant plus de vingt ans, il n'eût cessé de gagner et d'épargner; en tant qu'échevin (v. 227) il fit une mauvaise répartition des sommes versées par ses concitoyens et eut lieu de s'en repentir : c or est-il abaubis et mas. » (v. 228.) Le nom de ce magistrat prévaricateur se lit (année 1272, Saint-Remy) dans le ms. 854 1. Nous savons par le ms. de la BN. (lat. 10972), qu'il payait 18 deniers de cens pour la maison par lui possédée dans la rue qui allait de Saint- Aubert à Saint-Étienne (^ i5 ro). || La famille de Castel fut très nombreuse. Baude Fastoul (str. 17) cite le poète Robert de Castel, et aussi (str. 6) Nicolon de Castel. Gilebert de Berneville adresse une chanson à Michel de Chastel. (BN. tr. 844» f* i33 r). Le ms. 854 1 mentionne Jehan de Castel (1289, Saint-Remy); Baude de Castel (1265, Pentec); Juliane de Castel (1268, Purif.), etc.

Castelain (Le). - xvin. io5.

Castelain (Hue Le). — XXni, 172-8. Personnage inconnu.

Castelet. — Trois personnages de ce nom dans notre texte :

fO Robert C, — XV, 22. Membre de la carité de Saint-Oison.

2° Vinçant C. — XIX, 34. Donné comme ayant détourné de l'argent.

30 Henri C, — XXII, 211. Trompeuf. On l'appelle t Henris C. de la hors. » Sur l'expression « de la hors t , voyez Bodel (Congé, 291) : « Martin Verdiere de la hors; » et Adan de le Haie, Jeu de la Feaillée, 817.

Caukesel (Wibert). — XXn, 3i. Donné comme un trompeur. Il ne faut pas confondre ce personnage avec l'ami de Colart le Bouteillier, de Jean Erard et de Dragon, le chansonnier Hubert Kaukesel. (Hist. litt,, XXill, 61 5-6 16). Ce dernier parait avoir vécu plus tôt et pourrait être identifié avec l'échevin portant absolument le même nom, qui fut excommunié (en 1222) par Ponce, évéque d'Arras, à la suite d'une querelle des

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magistrats municipaux avec les moines de Saint -VaasL (Arch, dép. du P.-de-C, H, a, f 4 V*).

Chanlle (Gérard de). » XVI, i55. L*auteur le qualifie de c me sire », mais le range parmi les hommes malhonnêtes. || Famille nombreuse : Renaud de Ch. (God. Inv. I, 129); Jacqueline de Gh.. femme de Jacquemon Pouchin, l'aîné (ms. 854i, T 35 r»; ms. 8533 (BN. fr.). f 3, 9, a4), etc.

Charlemagne. — XXIIl, 7. Gitë comme principal représentant du cycle héroïque qui porte son nom.

Cité. — VllI, 6a. Le centre de la ville par opposition aux faubourgs. A Arras, le quartier de la Gité était nettement délimité. (Voyez d'Héricourt et Alex. Godin : les Rues d' Arras, a vol. Arras, Brissy, i856.) La Gité, construite sur la colline de Baudimont, renfermait Tabbaye de Saint- Vaast et presque tout le domaine ecclésiastique.

Claiequin. — XXIIl, 26. Nom de fantaisie. L'un des Flamands qui s'arment contre Neuville.

Clapete (Englebert a le). — XXIV, 77 et suiv. — Sobriquet qui désigne un bavard : « çou est cil qui tous tans papete » (v. 78). — Ge bavard était aussi coupaÎ3le de fraude, et, lors de la répartition de l'impôt, il avait caché sa véritable fortune.

Clerc (Robert le). — XVII. io3 et suiv. A été envoyé à Rome comme député de ses confrères en clergie. M. G. Paris (Romania, 1891, p. 137 et suiv.) a montré que ce personnage était l'auteur des Vers de le mort, ce dont ne s'était point avisé M. Windahl, l'éditeur de cette longue et obscure poésie. Robert nous donne, dans son œuvre, quelques renseignements sur lui-même. Il nous parle de son ambassade auprès du Saint-Père (str. GLXX) ; il ne nous cache pas qu'il a été ruiné par les avocats (str. GLXX et passim), — Voyez sur ce personnage. Etudes rom. dédiées à G. Paris, l'article de M. Jeanroy, p. 83*95, et notre étude sur Adan de le Haie.

Clos (Heuvins le). — XXIV, 55 et suiv. — Sobriquet. N'a pas déclaré sa véritable fortune lors de la répartition de l'impôt.

Comte d'Anjou. — XXI, a9. Gité comme type du personnage riche et puissant.

Constant (Sire). — V, 65. Nom de fantaisie.

Corbie. - XV, 74.

Cornu (Jaques ou Jaquemon le). — XXIV, 161 et suiv. Homme d'esprit: cde sens n'est mie ses cors nus.» (v. 162.) Mais il s'est paijuré «tout en apert» (v. i65) lorsqu'il a fallu que les bourgeois fissent, pour l'assiette de la taille, une déclaration de leurs biens. Il est inquiet sur les conséquences de cette fourberie : « ses cuers est en grant destrece. > (v. i63.) — Son père portait le même prénom. God. Inv. I, 236 (octobre

CHANSONS ET DITS ARTESIENS DU Xin* SIÈCLE II 9

1254) : Gui, seigneur de Goy, vend à Jacques le Cornu, fils de Jacques le Cornu, bourgeois d'Arras, 67 mencaudées de terre à labour. — Ibid., l, 333 (4 août 1368). Jacques le Cornu et Marguerite, sa femme, constituent un procureur pour traiter toutes leurs affaires. — Ibid,, I, 499 (18 août isSo). A cause des difficultés survenues entre les échevins entrants et issants, Philippe le Hardi nomme une commission municipale de quatre membres, parmi lesquels Jacques le Cornu. (Cf. Roger de BeaumonL) — /6îd., 11,242. cLa dernière semaine de mai 1395, Andrieu, fils de Jakemon le Cornu, tua Baude Le Coisne, dont il fut quitte moyennant amende.» [Renseignements tirés d*une enquête contre le bailli Jean de Biaukaisnes, coupable de malversations et de détournements.] — Ibid., U, 345. Même enquête, mais en 1396. Le bailli Jean de Biaukaisnes retient pour lui une amende payée par Gillot le Cornu, qui portait un couteau à pointe appartenant à Jakemon le Cornu, son oncle. Ce dernier, en sa qualité d'échevin .avait le droit de porter un couteau à pointe, mais cette prérogative ne s'étendait pas à son neveu. [Charte concédée à Arras en 131 1 : cquicumque cultellum cum cuspide.... portaverit, LX libras perdet.» Cf. de Wignacourt, Observations sur l'échevinage de la ville d'Arras. Arras. Courtin, 1866.] — Arch. dép. du P.-de-C, A, i52 (6 août 1399) : « Quittance de Jakemes le C, derc et avocat du comte en la cour de Toffidal d' Arras, pour frais de procédure et pour porter un appel à Rome.» — /6(d., A, i53 (i5 décembre 1299) : Quittance de Jacques le Cornu, avocat en la cour de l'official d' Arras. — Ibid., A, 169 : Quittance de Jakemes qualifié des mêmes titres (37 avril iSoo). — BN. 854 1 : <li Cornu Jackemon» (i3o2. Pentec.). — Les actes qui précèdent prouvent que Jacques ou Jacquemon le Cornu, mêlé à la vie publique de i254 à i3o2, occupa une place très importante dans sa ville natale ; qu'il fût désigné par le roi comme magistrat municipal; qu'il était échevin en 1296; que sa richesse était grande ; que, sur la fin de sa vie, il remplit les fonctions d'avocat à la cour de l'official ; qu'il était favori du comte ; qu'on l'envoya en ambassade à Rome. U résulte aussi de ces pièces que Jacques, fils de Jacques et mari de Marguerite, eut Andrieu pour fils et Gillot pour neveu. On conclura enfin de ces documents que les fraudes commises par ce personnage et qui lui avaient donné un instant de soud, ne l'empêchèrent point, par la suite, de faire brillamment son chemin et de revenir aux affaires. U en fut certainement ainsi de tous les bourgeois que nos pièces artésiennes essaient en vain de flétrir.

Go886t. — Famille nombreuse, opulente et lettrée. Deux personnages de ce nom.

I» Robert C. — XV, 38. Membre de la carité Saint-Oison. Il est mentionné dans le ms. 854 1. à la date de 1374 (Pur.) et dans le Congé de Bodel.

20 Jehan C. — Deux fois coupable, lors de l'affaire de l'impôt. En tant que contribuable (XXIV, 43), il fait un faux serment ; — en tant qu'échevin {Ibid., 219), il commet des malversations, des abus de pouvoir. — BN. lai. 17737, f> 85 ro: tEgo Johannes Cosses notum fado universis quod Johannes de Yeriuler, miles, et Maria, uxor ejus, homines mei, etc.. » Cet acte, de décembre 1243, est une ratification de vente. — Ms. 854 1, année 1359. Pentec. «fille Jehan Cosset». — BN. 10973 lat. c Johannes Cosses pro domo sua in magno vico S^ Nicolaï.» (f> 34 vo). || Ne pas

confondre ce personnage avec ce Jehans Gosses fix Boine Hane:» (ms. 854 1* an. i3o3. Pur.). Sur celui-là, qui a vécu au commencement du XIV* siècle, on apprend qu*il était chevalier par le ms. BN. fr. 8533, f» 43. Son père « Boine Hane» est salué par Fastoul (str. XV). || Un troisième Jehan Gosset était, en 1294, religieux de Saint -Vaast. (Van Drivai, Nécrolog, de l'abbaye de S, Vaast d'Arras.)

Cossetens (les). — II, 24. Le poète en parle comme d'une famille importante et puissante. Il n'ose point médire des Gossetens ni de leur maisnie. Ge mot de Gossetens ne serait-il pas une forme dérivée du mot Cosset ? (Voyez le précédent.)

Cour celé (Golart de). — XXIV, 229. Échevin en charge lors de l'affaire de l'impôt. Nous ne savons rien sur lui, mais plusieurs autres de Courcele sont bien connus. || Andrieu de C. (ms. 854 1, année 1282; God. Jnv, II, 2i3; BN. lat. 10972, f» i3 V; BN. lat. 17737, ^ io4 r, etc.). — Robert de C. (BN. fr. 8533, f»* 9, 27, 43). — GUlon de C. (Congé de Fastoul, str. 21 ; God. Mu. I, p. 435 et 44o).

Cras (le). — Sobriquet.

lo Gérard le C. — XV, 48. — Son fils veut être maire de la confrérie de Saint-Oison.

2° Jehans le C, — XVIII, i35 et suîv. Se propose de partir pour l'armée contre l'empereur, et semble même résolu à donner de l'argent, t à livrer catel » (V. i38) pour la bonne cause. Mais tout le passage est ironique. — Eut un frère nommé Warnier (v. i36).

Crespin. — Gette famille fut assurément la plus riche et la plus puissante à Arras au xiii* siècle. Elle l'emportait même en richesse sur les Louchard, les Doucet, les Pouchin. Il y a donc lieu de s'étonner que les membres de cette dynastie d'usuriers et de banquiers n'aient pas été • nommés plus souvent dans nos pièces. Il faut attribuer ce silence à la prudence de leurs auteurs, car il est certain que les Grespin entraient en jeu toutes les fois qu'il était question d'argent.

lo Crespins li mainsnés, — XIII, 43-44. Avec Willaume as Paus et Frckin « il llst couronne sans orpin ». Le texte payait signifier qu'à eux trois ils ne valaient pas grand'chose. U s'agit ici de Baude Grespin, frère de Robert Grespin dont le nom suit. Nous dirons, en parlant de ce dernier, quelle raison nous oblige à croire que Baude était le c mainsnés » des deux frères. Gomme leurs existences ne furent jamais séparées, nous étudierons, dans l'article consacré à Robert, les renseignements que nous possédons sur Baude,

2» Robert C. — XXIV, 192 et suiv. — Il fut l'un des trois personnages les plus compromis dans l'affaire de l'impôt (v. 189-190), et se trouva, par suite, «forment destrois». Il avait menti (c'est par ironie que le poète l'accuse d'avoir jué au dire voir, v. 195) et il en résulte qu'il risquait d'être condamné à l'amende et d'y laisser de son avoir (v. 196). — Ge Robert était fils d'un banquier des mêmes nom et prénom. (God. Inv. I, p. 290). Juin 1264. Les bourgeois de Galais reconnaissent devoir 564 1* P* ^ Robert Grespin, fils de Robert Grespin d' Arras. — Voici un acte de 1207 qui

prouve que le père était mort avant cette date (Arch. dép. du P,-de-C,, H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr., 1^ 57 r') : e Sacent tous les servants héritables qui sont et qui a venir sont que Robert Grespins, fils de feu Robert Grespins, a acheté à Henri Hukedieu (voyez à ce mot) telle partie que Wautiers Mulet (voyez ce mot) attendait aux moulins de Miaulens après la mort de ma dame Oedain Mulete, sa mère, laquelle partie Henri Hukedieu avait acheté au dit Wautier bien et loiaument. » — Robert le père eut pour fils Robert (celui dont il est question dans notre pièce) et Baude. Le nom des deux ù'ères est, répétons-le, rarement séparé. Il y eut entre eux communauté d'affaires, et, comme on va le voir, un grand nombre de pièces les citent ensemble : Juin ia64* Les échevins de Galais reconnaissent devoir 576 1. p. à Robert Grespin, bourgeois d'Arras. {Arch. dép, du P.-de-C.y A, i5.) — i" juillet 1274. Avignon. Les fils de m feu Robert Grespin » sont portés dans Tétat des dettes du comte d'Artois.

— Mars 1 288. « Miles de Nangis déclare qu'en sa présence Mikius, sire de Werdin, chevalier, a vendu à Marotain, femme de Sauv^alon Wyon d'Arras et fille de Robert Grespin, un manoir situé à Loyselet. » (God. Jnv.ll, p. i5 et 16.) — i5 mars 1293 : « Jou, maires, hs Eschevins et toutes li communités de le vile d'Arras faisons savoir a tous chiaus ki sont et ki a venir sont ke nous tous, et kascuns de nous pour le tout, devons a nos boins amis a fsicj Robert Grespin d'Arras et a Baude, son frère, treize cens livres de parezis k'il nous preslerent et délivrèrent de leur propre catel en boins deniers et bien contés. » (Arch, municip. d'Arras, pièce sur parchemin, non cotée. Sceau.) — [On remarquera que si Robert Grespin avait été forment destrois en 1269, il avait reconquis l'amitié de ses 'concitoyens : il est, en 1298, le boin ami des échevins. (Comparez Jacques le Cornu,)] — Sept. 1295. Robert, comte de Nevers, fait savoir qu'à sa prière les échevins de Béthune ont emprunté pour lui à Robert Grespin et à Baude, son frère, 600 livres à Arras. (Arch. des missions se, et litt,, 2* série, t. II, p. 267.) — Nov. 1295. Quittance de Robert Grespin d'Arras pour 333 1. 6 s. 8 d. p. qui lui étaient dus par les villes de Bapaume et de Lens. (Arch. dép. du P.-de-C.y A, 139.)— 11 août 1298. Robert d'Artois mande aux habitants de Galais de payer 4*000 1. p. à Robert Grespin et à Baude, son frère, à compter sur les 8,000 qu'il leur devait, et dont les villes de Galais, Hesdin, Bapaume et Lens avaient été caution. (God. Inv. II, 314-5.) — i3oi. Vente à Robert Grespin d'Arras et à Baude, son frère, « valet de notre seigneur le Roi, de tous les prés, toutes les eaux... appartenant au menoir qui fut à Baudouin, châtelain d'Arras, à Blangi.» {Arch. dép. du P.-de-C, H, Prévôté des Eaux. Gopie de chirogr., f* 4i r*.)

— i3o5. Robert G. est cité à cette date dans le ms. 854i> f* 35 r*. Son nom se trouve déjà en 127 1 (S. Remy) sous la forme ccresp robers».

— Notre personnage est cité dans un planh de J. Erard (BN. fr. 12615, f» i3o V*). — La date de la mort de Robert G. est toute voisine de 1807, et son frère lui a survécu, c Sachent tous que comme sires Robert Grespins et sires Baudes Grespins, ses frères, au tans que ils vivoient ensamble, eussent en grans voUunté et affectueus désir de fonder et estaulir deux capellenies perpétuelles en notre église (Saint- Vaast) pour le salut de leur ame, de leurs femes et de leurs amis, et, après le trespas dudit sire Robers, le dit sires Baudes Grespins et dame Marie [Marote Loucharde, voir plus bas] qui fut feme d'iceluy seigneur Robert Grespins trespassés tout dar-

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rains, en continuant et porsivant la bonne volonté devant dicte, nous eussent requis que, pour dieu et pour pité et pour Taccroissement des offices divins, nous vousissions accorder et consentir que les dictes capellenies fussent fondées et estaulies en une capelle de nostre eglyse... avons eu et reçu par devers nous en warde et en commande XVII« livres parisis en bonne monnaie et bien comptée a no soufïisanche et bien nous en tenons a paies, a convertir au nom et en la fondation des dictes capellenies. » Pièce de 1807. {Arch, dép, du P.-de-C, H, 90, pièce i5.) Donc, en 1807, Robert G. était trépassé tout darrains, mais le règlement des affaires d'un aussi gros banquier se continua après sa mort. — Juillet i3o8. « Guillaume, comte de Hollande, s'engage à garantir et à indemniser de tout préjudice la ville de Maubeuge à raison de sa garantie, qu'elle avait donnée aux Grespin d'Arras d'une somme qu'il avait empruntée. » {Arch, des missions scient, et litt., 2* série, t. Il, p. 277.) — 27 juin i3io. Donation faite à Saint-Jean en l'Ëstrée (Voyez à ce mot) par Marote Loucbarde, veuve de Robert Grespin. (Mémoires de V Académie d'Arras, 2* série, t. XVI ; Cartulaire et comptes de l'hôpital Saint- Jean en VEstrée d'Arras, par J.M. Richard.) Ainsi les deux grandes familles d'usuriers, les Grespin et les Louchard, étaient unies par des alliances. — Des actes précédents il résulte que Robert G. était un homme d'argent. Sans doute, il était l'alné des deux frères puisque son nom est toujours dté le premier dans la raison sociale. || Raude, son frère, est mentionné, en 1266, dans le ms. 854 1. Il eut plusieurs enfants. Deux sont nommés dans le recueil des Olim, t. II, p. 339. Mais nous connaissons toute la famille par le testament de Baude, daté de i3o6. {Arch, dép. du P.-de-C, H, Prévôté des Eaux. Gopie de chirogr., f* 42 r*.) Baude veut que son fils Sauwale soit saisi de tous les biens que lui, Baude, possède à Blangi. Si Sauwale meurt sans héritiers, les biens passeront à Robert, l'autre fils de Baude. Si celui-ci n'a point de descendants, le manoir de Blangi sera attribué à Jean, le dernier fils [qui fut bailli d'Arras en i3i6]. Enfin, si Jean n'a point d'enfants, les deux filles de Baude hériteront. Ajoutons que nous connaissons la mère de Baude et de Robert : elle s'appelait Isabelle Gaignette. (God. Inv, I, p. 553.) On voit combien cette famille Grespin était nombreuse. Sans parler de deux autres frères, Ermenfroi et Jean Grespin, qui appartenaient à une autre branche également fort importante (Voyez Jeu de la Feuillée, v. 477; 794-5), en négligeant plusieurs personnages de ce nom dent on trouve mention sans savoir à qui les rattacher, voici le petit tableau que nous pouvons faire du rameau principal de la race :

S Robert (i), mort avant i aSy.

Isabelle Caignette.

Robert (a), mort vers iSoy.

Marote Loucharde.

^ Marotain.

( Sauwale Wyon. Sauwale.

Robert (3).

Jean.

deux filles.

CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU Xm* SIÈâLE laS

Cuens (Hues le). — XXIV, i33 et suiv. — A gagné 5oo livres en une nuit (sans doute en supprimant d'un trait de plume, sur son brevet, une partie de sa fortune qui l'aurait obligé à payer cette somme.)

Daienvile (Bbrtrbmius de). — XXU, 199-206. n est désigné d'abord par son prénom (v. 199), puis son nom tout entier nous est donné (ao4). Nous ne pensons pas, du moins, qu'il s'agisse dans ces vers de deux personnages différents portant le même prénom. — Ce Bertremius de D. est le prince des trompeurs; c il blangist et tempre et tart » (206).

Davis (Jehan). — XIX, 26. A dérobé de l'argent.

Destanfort (ou d'Estanfort) (Jehan). — XXIV, io5 et suiv. A fait une fausse déclaration de ses biens, lors de l'affaire de l'impôt, et a osé, bien que riche, n'avouer que vingt livres de capital. — God. Inv. I, p. 447- « Jean d'Estanfôrt reconnaît devoir 36 1. p. à Jakemon d'Angain, bourgeois d'Arras. » (Janvier 1274.) Sa femme est nommée dans cet acte. Elle s'appelait Julienne.

Dierekin (Gilebert). — XXIII, 22. Nom de fantaisie. L'un des Flamands qui s'arment pour marcher contre Neuville.

Dolehaing (Gh^le). — XVI, 77 et suiv. — Les vers qui lui sont consacrés sont obscurs. // contrefait les menestreus (v. 79) et semble avoir été un trompeur (v. 8i). D'ailleurs inconnu. || Un Dolehain (Estevene) est cité dans le ms. 854i, année 1274. Pentec.

Doucet. — Famille artésienne très opulente.

!• Brimel D. — XVIII, i63 et suiv. S'est empressé de se marier pour ne pas être forcé d'aller à l'armée. (Le Pape avait convoqué les célibataires contre l'empereur.) Mais Brunel n'a pas eu de chance en ménage, et il s'est bien trompé lorsqu'il a cru éviter la bataille par son union précipitée. Sa femme lui fait « brunel mellée » (v. 173) — jeu de mots sur son nom — si bien qu'il a souvent « la teste enmellée » (v. 174), comme il est naturel à un homme à qui l'on tire les cheveux.

2* Copia D, — XXIV, 233. — Était échevin en charge lors de l'affaire de l'impôt et fût obligé de s'exiler (v. 234-235). — Une chanson est adressée par Alard de Gaus à ce personnage (BN. fr. 844f f 19 r^). Jean Erard lui envoie l'une de ses poésies. {Ibid,, P i65 vo.) On voit donc qu'il ne fut pas toigours maltraité par les poètes. — BN. lat. 10972, î* l^i v i € Gopinus Douces pro manso ante crucem VI den. et I. cap. in Nat. » Gette propriété était située c ultra pontem de Miaulens. » — La femme de Gopin D. est mentionnée dans le ms. 854i» année 1273. Pur. — 22 févr. 1294. Quittance de 8 1. données à ce personnage. (Grod. Inv. U, 200.; G'est la dernière trace que nous ayons de lui.

3» Sawale D, — XVIII, 43 et suiv. Est très heureux d'une lettre des

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cardinaux qui autorisent le mariage c au tiers point ». Grâce à cette permission, c il est issus de paine » (v. 46), car, se trouvant évidemment dans une position illégale par un mariage défendu par l'Église, il avait juré de faire sept fois le voyage de Rome (v. 5o) et de dépenser toute sa fortune (v. 5i), afin d'obtenir après coup des dispenses et d'être assuré par là de manger, en l'autre siècle, du pain blanc iftatin et soir (53-54). — Ce Sawale D. est connu surtout par son fils, Robert. ~ God. Inv. l, p. 394. En février ia65, les bourgeois de Calais reconnaissent devoir 49 1. p. à Robert Doucet. bourgeois d'Arras, fils de feu Sawalon D, — Donc, en 1265, Sawalon était mort, et nous apprenons de la sorte que notre pièce est sûrement antérieure à cette année 1265. || Sur Robert, voyez Baude Fastoul (Congé, str. 89); ms. 854 1» année i3o2, Pentec. (date de sa mort); God. Inv. I, 385, 4i5, 553; Ibid,, II, 242, a44; Dinaux, Trouv. Art., p. 24. || Rappelons enfin les noms du poète Andrieu Douce (Dinaux, Trouv» Art., p. 7a et suiv.; Hist, litt,, XXIII, p. 526-7); — ^® Jaquemon Doucet, ûk de Robert (God. Inv. II, p. ai i); — de Julienne Douce (ms. 854i, f* 12).

Doueziens. — XXIV, 46. Monnaie de Douai sans grande valeur, surtout lorsque les pièces étaient vieilles.

Durand (Jehan). — XIX, 16. Parait avoir détourné de l'argent.-^ Était oncle de Martin Veaus (v. 17). — EN. lat. 17737, ^ 33 r. (Acte de ia35) : c Ego Radulphus de Raonvilla, miles, notum fieri volo... quod Jobannes Durand, bomo meus, civis attreb., vendidit bene ac légitime per assensum et consensum heredis sui, Mathei, filii sui^ majoris natu, etc.. 9 — Mais est-ce bien le même?

Durpain. — Sobriquet.

I* Raimbele Durpain. — XV, 33. Membre de la carité Saint-Oison.

2» Sawale Durpain. — XXII, 96. Trompeur effronté.

Ce nom est assez répandu : Jehan Durpain, moine de Vaucelles. {Hist. litt., XXIII, p. a 46.) Il fTeuuin Durpain (ms. 854i, année ia70, S. Remy) Il Pains durs margh. (Ibid., année laSi. Peut.)

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