XIX
Éloi(SAiNT).— V,8.
Empereur (L'). — XVIII, i et passim. Voyez Apostoile.
Ermenfroi. — XX il, 159. Homme sans foi, mais il n'est point possible de savoir quel est le personnage que désigne ce prénom. Peut-être Ermenfroi de Paris. — Voyez ce nom.
Esoouart. — XXIII, ai. Nom de fantaisie.
Eskitezoune (Wautelet). — XXII, i8a. Trompeur.
CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIII* SIÈCLE laS
Estrée (L'). — Xni, aS et suiv.; XXII, i5a et suiv. C'était l'un des quartiers d'Arras. Il semble avoir été sous l'administration de magistrats spéciaux. Arch. dép, du P.-de-C,, A, ai : c Accord entre Jehan de Ghanlle et Simon Faverel (voyez ce nom) au sujet des droits sur la rue de l'Estrée : chacun y aura la moitié dans la justice et les exploits. » Jehan de Gh. devait avoir la haute main sur les prisons; l'un et l'autre, ils percevaient un droit de forage et entretenaient un sergent (janvier 1273). — Nos textes parlent des habitants de ce quartier comme ayant une réputation mauvaise. Ils c ont honni leur contrée 9 (XIII, a4). — U n'y a nulle part plus de fourbes : cblankes gens i doivent manoir» (XXII, i53). cLoiautés lor est amere » (Ibid., i55). On doit conclure de ces renseignements que l'Estrée était un quartier riche et que c'était là qu'habitaient surtout les bourgeois sans scrupules, capables de falsifier leurs brevets pour payer de moins forts impôts.
Estrée (Saint- Jehan en l'Estrée).— XXI, i35 et suivant. C'est un hôpital. L'auteur de la pièce se plaint de ce que les avares y envoient leurs parents pauvres et qu'ils pourraient soutenir. Ce n'est point pour cela, dit -il, que la maison a été fondée, mais cpor les enfers recevoir | et por femes gissans d'enfans » {Ibid,, i38-9). — Cet hospice f. avait été fondé en 11 78 par Philippe d'Alsace, comte de Flandres, et sa femme Elisabeth, fille de Rodulphe, comte de Vermandois » (BN. fr. ii6i5, ^ II r). — Voyez aussi BN. fr. 8533 : e Comptes des recettes et des dépenses des hôpitaux Saint- Jean en l'Estrée d'Arras, années 1807, i3io, i3ao, etc.» — Les comtes d'Artois n'ont point cessé de faire de grands dons à cet asile. Voyez Invent, som. des Arch, dép. du P.-de-C», p. 385, ^9^> 399* e^* L'hospice devait être important, et le personnel nombreux si l'on en juge par une charte du a3 septembre X285, qui est au même Invent, p. 49 : « Charte du maire et des échevins d'Arras réformant l'hôpital de Saint-Jean en l'Estrée : le nombre des hommes qui y est employé ne pourra être supérieur à a5, celui des femmes à 3o; les hommes s'occuperont du temporel de ladite maison-Dieu, les femmes serviront les pauvres et les malades. Ceux-ci seront reçus en tel nombre que le permettront les ressources de la maison. »
Esturion. — Très nombreuse et très riche famille d'Arras. Deux de ses membres seulement sont cités dans nos pièces.
i* Adam Esturion, — IV, 89 et suiv. ; XXIV, 95 et suiv. Adam était mort à la date où ces deux textes furent écrits. Le premier constate que sa grande fortune et son manoir de Belemotte (voyez à ce mot) ne lui servent de rien en l'autre vie; le second parle du testament d'Adam E., dans lequel Henri Wagon (voyez ce mot) s'était taillé un corion (v. 96) en s'adjugeant une somme qui ne lui revenait pas. Il y a eu plusieurs Adam Esturion. Celui dont il est ici fait mention est cité dans le ms. 854 1 (f* a3) à l'année i258. Il parait comme témoin dans un acte de février ia45. {Arch, dép, du P.-de-C, A, 10.) Adam Esturion y est donné comme c homme du comte ». || Ne pas confondre ce personnage avec Adam E., clerc, fils de Jacques et de Mahaut. {Arch, dép» du P.-de-C, H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr., f 34 V et 35 r», année ia83). Il n'est pas non plus le même qu'Adam E., fils de Joziaus qui suit.
ia6 BIBLIOTHEQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI
a*" Jûziaus Esturion, — XXIV, 65 et suiv. A fait une fausse déclaration de ses biens, c Aine a voir dire ne jua » (v. 69). Il est cité dans le ms. 854 1 à Tannée 1268 (Saint-Remy). Sa femme y est mentionnée en 1271 (Purif.). Enfin, en 1272, on lit : c Fil jozel esturion adan. »
Fastoul (Jakes). — XVIII, 162 et suiv. — Doit se marier pour ne pas être forcé d'obéir au bref du Pape qui appelle les célibataires contre Tempereur. L'auteur de la pièce parait prévoir que Jakes F. sera malheureux en ménage, comme son cousin, Raoul au Grenon (v. i58). (Voyez à ce nom.)
Fauvain. — XVIII, ii5. « Cil de Fauvain. » Il n'existe, à notre connaissance, aucune localité de ce nom. Mous ignorons quel est le personnage désigné par l'expression c cil de Fauvain ». Peut-être Losinghehem. (Voyez à ce mot.)
Faverel ou Faveriaus. — Famille importante. Trois membres sont cités dans nos pièces.
I* Gérard F. — XXIV, 1 19 et suiv. A donné un faux brevet lors de la répartition de l'impôt : « Aine ne jua a dire voir » (v. 122). Il s'agit ici de Gérard F. « le viel » cité, avec cette épithète, à la date de 1279 (Saint-Remy) dans le ms. 854 1 où se lit aussi le nom de sa femme en 1277 (Purif.) c feme viel Grart Faverel ». Quant à son fils c Grars Favereaus », il est mentionné dans le même recueil en 1 3o4 (Pentec.). — Le père fut contemporain de Baude Fastoul qui nous apprend (str. 4i) qu'il était boiteux. Voici un acte qui le concerne {Arch. dép. du P,-de-C., H, Prévôté des Eaux. Copie de chirogr., f» 44 r*) : « Sacent tous les servants héritables de la rivière de S. Vaast qui sont et qui a venir sont que Henri de Bailluel, fils de Guillaume Faverel de Saint-Géry, a vendu, werpi, etc., à Grard Faverel, bourgeois d'Arras, toute la part et tout le droit qu'il avait ou pouvait avoir au moulin de Blangi. » (Voyez ce mot.) L'acte est de i258. — BN. lat. 10972, f* 16 r* : « Gerardus Faveriaus pro furno suo ». Ce four était devant Saint • Etienne. || C'est certainement de Grard Faverel le jeune, bourgeois demeurant en cité, qu'il est question dans un acte de 1296 (God. Inv, II, 243).
2* Simon F., le liefrus. — XXII, 97 et suiv. Le texte le donne comme un trompeur. Ce personnage a joui d'une grande notoriété, et son histoire est intimement liée à celle de la ville d'Arras. Il semble que sa carrière ait été longue. — Acte du i5 avril 1271 : Robert, comte d'Artois, donne à Simon Faverel et à ses hoirs la mairie de la ville d'Arras à toigours. (God. Inv. I, 390.) — Janvier 1273. Démêlés entre Jean de Chanlle et Simon F. à propos de leurs droits respectifs sur la rue de l'Estrée. (Voyez ce mot.)— Mai 1273. Le comte d'Artois concède à Simon F. tous les droits [sur la mairie d'Arras] appartenant à Béatrix, dame d'Averdoing, femme de Guillaume de Liaune, chevalier; il ordonne à son bailli d'Arras de considérer Simon comme son « maîeur » et de le secourir au besoin, lorsqu'il devra faire valoir ses droits. {Arch* dép, du P.'de-C, A,
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CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIIl" SIECLE 127
ai.)— 10 mai 1279. Robert, comte d'Artois, assigne sur le péage de Bapaume la somme de 68 1. 1 3 s. p. due par lui à Simon F., maieur d'Axras. (Gk)d. Inv» I, 488.) — 29 juin 1281. Robert d'Artois reconnaît devoir 220 1. p. que Simon F., maieur d''Arras, et Mathieu L'Anstier (voyez à ce nom) lui avaient prêtées pour acheter un grand cheval. (Ibid,, I, p. 5i3.) — Juillet 1282. Reconnaissance de 1,000 1. p. empruntées par Robert à Simon F., maire d'Arras. (Arch. dép, du P.-de-C, A, i.) — I*' août 1282. Le même Robert assigne en paiement de cette dette tout le menu tonlieu d'Arras à Simon F. (Grod. Inv, l, 53 1.) — Même date: Dans le cas où cette rente assignée pour ledit paiement serait insuffisante^ Jean, sire d'Avion, chevalier, et Simon Lespissier promettent de payer intégralement Simon F., et Robert d'Artois s'engage à son tour à leur rembourser la somme. (Arch. dép. du P.-de-C, A, i.) — Août 1282. Robert ordonne à ses baillis de protéger Simon F., maire d'Arras, sa femme et sa fortune, car il tient la mairie en fief du comte. (Ibid., ibid.J — 3o août 1283. Les gardes des terres du comte déclarent que l'on prélèvera sur les fonds du bailliage d'Artois la somme nécessaire au paiement de 200 1. p. versées par Simon F., pour le compte de Robert, entre les mains de Gautier Donnebroke. Celui-ci avait vendu des draps que l'on avait emportés en Fouille. {Ibid., A, 29.) — Janvier 1286. Les lieutenants du comte d'Artois assignent tout le tonlieu d'Arras en paiement d'une somme de 1,000 1. t. que Simon Faverel avait prêtée au fils de Robert partant pour la Fouille. (God. Inv. I. 61 3.) — 6 avril 1287. Simon F. est témoin d'une vente comme homme du comte. {Ibid., I. 6i5-6.) — 29 janvier 1293. Simon F., maieur d'Arras, nomme des procureurs pour traiter ses affaires. (/6id„ II, p. i38.) — i5 novembre 1294. Quittance délivrée à Simon F. {Ibid., Il, p. i85.)— 2 mars 1295. Vente faite en présence de Simon F., maieur d'Arras. (Ibid., II. 237-8.) — Il résulte de ces documents que le personnage qui nous occupe a joué, entre 1271 et 1296, un grand rôle à Arras autant comme maire de cette ville qu'en qualité de banquier du comte. || Deux personnages portant même nom et prénom que celui-ci sont presque certainement son père et son fils. Le i5 décembre 1242, Simon Faverel est témoin d'une vente. (God. Mu. I, p. i32.) I II mars i3o7, Simon F. assiste à une vente faite par Robert de Vilers à Thierry d'Hireçon. {Arch. dép. du P.-de-C., k, 53.) Le même assiste, comme témoin, à un procès en 1329 (date où le Simon dont il est question dans nos textes était certainement mort); il est qualifié de maire d'Arras {Arch. dép. du P.-de-C„ A, 72), chose naturelle puisque nous avons vu que la mairie était héréditaire dans cette famille.
3» Willaume F. — XXII, i65 et suiv. Homme trompeur et qui sait modifier ses opinions au profit de son intérêt; il est capable de c tendre le musel à tous vens » (v. 166-7).
Feuoi. — XV, 71. Aij^ourd'hui Feuchy. Village du Pas-de-Calais, sur la Scarpe, à 7 kilomètres d'Arras.
Flamands (Les)* — XXIII, 16.
Flamengherie. — X\in, 119. Nom plaisant et qui semble inventé pour se moquer des Flamands.
ia8 BIBLIOTHÈQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI
Flovent. — U, 49* Titre d'une chanson de geste. U y a dans ce passage un calembour sur les mots flauwe (fable) et vent (tromperie). Voyez Mentemai.
Fontaine (Jehan de le). — XXII, 129 et suiv. A tellement l'habitude de mentir qu'il ne s'en abstient ni aux fêtes, ni aux dimanches, ni durant le carême. Sa parole est grave et solennelle, « au parler sanle uns apostoiles » (V. i33). — Un Jehan de le F. est cité, en juillet i245, à propos d'une vente. (God. Inv, I, 171.) H ©s* douteux qu'à cette date, il s'agisse déjà du nôtre, mais voici qui le concerne {Arch, dép. du P.-de-C.» H, carton CG, liasse 3) : « Jehans de Hees qui fut fils Thomas de Hees et Maroie, sa femme, ont pris à iretage une rente de Jehan de le Fontaine» (année 1278). — En septembre 1296, Adam Monnars et Jehan de le Fontaine, c hommes du comte, » écrivent une lettre à propos d'un procès intervenu entre Robert d'Artois et le comte de Naviers, et donnent des détails sur une mission dont ils ont été chargés. (Arc/i. dép. du P.'de'C, A, 4o.)
Foubert (Alard). — XIX, 21. A détourné de l'argent. — Nous savons que ce personnage eut un fils nommé Jacques. BN. lat. 10972, f» 21 v* : «c Jacobus Foubers pro domo que fuit Alardi patris sui LVl sol. IV den. » Cette maison était sise in parvo foro, \\ Fastoul (str. 62) salue Colin Foubert.
Fourdin (Jehan). — XIV, 61 et suiv. Était mort lorsque la pièce fut composée. En 1208, nous trouvons c Johan. Fordins ecclesie cantor». (BN. lat. 9930, f» 64 r«.
France. — m, 20 et passim,
Frekin ou Frekinois. — A en juger par nos pièces, cette famille parait avoir joué un rôle prépondérant dans les affaires artésiennes, et cependant nous ne connaissons aucun texte d'archives où ce nom soit cité. Il est évident que, lors de l'impôt mal réparti, les Frekinois, en général, ont soulevé contre eux l'opinion publique (II, 22-23). Mais l'un d'eux, en particulier, se trouva compromis. Ce fut « Frekins as Sorcus » (aux sourcils?). Celui-là t est tous mas » (III, 27) et semble devoir payer cher sa malhonnête conduite. Assurément c'est le même individu qui est désigné dans la pièce XIII (v. 42) comme faisant avec deux de ses acolytes un trio de peu de valeur. || Fastôul (str. 27) salue « Jakemin | le mainsné fil segneur Frekin ». — Dans le censier de 1261 (BN. lat. 10972, f> 35 r») on lit le nom de Frekinus le tailliere.
Frété (Gui de le). — XVI, i55-6. Trompeur. A bàtonné des bourgeois à la fête d'Harponlieu.
Fretiaus (Hues). — XVI, i49-i5o. Trompeur.
Fromondin. — XXIII, 6. Héros de la chanson des Lorrains, fils de Fromont de Lens.
Jh
Fromont de Lens. — XXIII, 6. Héros de la geste des Lorrains et père du précédent. Même pièce XXIII, au vers 44 et suiv., Bauduin Makesai, personnage ridicule, se vante d*être de la famille de Fromont, cousin germain de son parâtre, Wautier.
Fromont (Le vieux). — I, 17. Il s*agit d'un poète, mort depuis un certain temps lorsque cette pièce fut composée, et qui avait une c manière » à lui, soit de composer des vers, soit de chanter. Robert de le Piere (Ibid,, 16) avait hérité de la méthode du vieil artiste, d'ailleurs inconnu.
OaUoe. — XIII, 45.
Gamape. — VI, 1 1. Nous ne connaissons point de localité de ce nom. S'agit-il de Gamaches (Somme) ou do^^Jemmapes (Belgique)? Nous l'ignorons.
Garés ou Garet. — Ce nom revient trois fois dans nos pièces et toujours sans prénom. lO I, 3i. Garés assiste à une séance du Puy et s'y conduit fort mal, « ce fu vilenie » ; 2» II, 216 et suiv. On fait un éloge ironique de ce personnage qui est mentionné parmi les bourgeois coupables (affaire de l'impôt); ^° XXIV, 192. Garés est l'un des trois citoyens les plus compromis dans cette affaire et, partant, l'un des plus inquiets. Il est clair que les pièces II et XXIV visent le même individu. Il est présumable que c'est encore lui qui est désigné dans la pièce I, mais on ne peut l'affirmer.
Gerbert. — XXUI, 3. Héros de la geste des Lorrains.
Gerin. — XXIII, 3. Héros de la geste des Lorrains.
Gilebert. — I, 18, ao. Poète qui, durant une séance du Puy, charme le bon Dieu en chantant « de se dame ciere ». Dinaux (Trouv. Art, p. 2o5) l'identifie, non sans vraisemblance, avec Gilebert de Berneville.
Ghiluis. — XVI, i33. Personnage imaginaire qui symbolise la déloyauté.
GhiUains. — XVI, i33. Comme Ghilnis.
Ghille. — XVI, i33. Comme Ghiluis.
GhiUe (Dame). — V, 64. Donnée comme la mère de l'un des buveurs mis en scène dans ce morceau.
Givenci. — III, 109 et suiv. c Cil de Givenci » est un personnage qui a joué un rôle dans l'affaire de l'impôt, mais les vers qui lui sont consacrés sont obscurs pour nous. Il parait avoir fait tomber dans ses filets
l3o BIBLIOTHÈQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI
Vuu des bourgeois coupables et qui appartenait à. la famille Verdîère. (Voyez ce mot.) c Cil de Givenci » serait donc un magistrat. || Il y a trois Givenci dans le Pas-de-Calais : Givenci- en -Grohelle, à treize kilomètres d'Arras; Givenci -le -Noble, à vingt -trois kilomètres; GivencilaBassëe, à trente -quatre kilomètres, dans Farrondissement de Béthune.
Gommeline. — XXin, 95 et no. Femme de Maquesai, héros burlesque, qui veut s'emparer de Neuville.
Gore (Robert de). — XVIII, 212 et suiv Individu aux mœurs suspectes.
Gourdin (Saint). — XV, 7. Nom d'un prétendu saint inventé par plaisanterie. Saint Gourdin est frère de saint Oison. C'est par une semblable raillerie que l'on s'est plu, au Moyen -Age et au xvi* siècle, à raconter la vie et le martyr de saint Hareng, saint Oignon, etc. Voyez, dans nos pièces, saint Tieton, saint Tortu.
Grenon (au). — Sobriquet. Ce nom a été fort répandu à Arras, et trois personnages qui le portent sont mentionnés dans nos textes.
I* Baude ou Baudouin au G. — XIV, 5o. Possède par héritage les biens de Gérard le Borgne (voyez ce nom). — XVIII, 162. fiaude prétend que son frère Raoul (voir le suivant) sera < auduin » s'il se marie. Le même passage nous apprend que les deux frères étaient cousins de Jakes Fastoul. (Voyez ce nom.) — Une chanson d'un personnage de ce nom se trouve dans le ms. 3ioi de l'Arsenal, f i33. — BN. lat. 10972, f» 7 v* : «c Dominus Balduinus dictus au grenon^ »
2* Raoul au G. — Frère du précédent. XVIII, i58 et suiv. Veut se marier pour échapper au bref du pape qui convoque les célibataires contre l'empereur, mais ne sera certainement pas le maître dans son ménage. — XXIV, 225-6. Était échevin en charge lors de l'affaire de l'impôt. L'éloge qu'on lui adresse : « de loiauté a le renon » est ironique. — Il s'était effectivement marié comme notre texte l'indique. Sa femme est citée dans le ms. 854 1 (année 1269, Saint-Remy). Lui-même est mentionné dans ce recueil à la date de 1273. (Purif.)
3* Wibelet au G. — XV, 39. Membre de la confrérie Saint-Oison. — Cité dans le ms. 854i> année 1278. (Purif.)
Guion de Saint-Pol. — Voyez Pol.
Hancardent. •— XVII, 89 et suiv. Ce sont les membres de la famille Hancard. Notre texte nous apprend qu'ils habitaient la Warance (voyez ce mot) et qu'ils étaient dignes d'appartenir à la confrérie des Auduins. || Le nom de Hancard se trouve souvent dans le ms. 854 1. Année i255 : t Hancars Baude » ; i256 : « des Hancars sare » ; 1260 : « au Hancart Simon » ; Ï281 : <r a le Hancarde mar », etc.
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CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIII* SIÈCLE l3l
Hardrés. — m, 8i. Nom symbolique désignant le peuple.
HarduilXS (Bernard). — XVII, 7 et suiv. C'est lui qui veut fonder la carité des « auduins », et Ton doit en conclure que l'auteur de la pièce le considère comme étant président de droit de la confrérie des maris malheureux. — XIX, 26. Donné comme ayant détourné de l'argent.
Harponjieu. — XVI, 161 et suiv. Durant une fête dans cette localité, il y eut bataille entre les chevaliers et les bourgeois d'Arras. Les bourgeois eurent le dessous : plusieurs furent bâtonnés, d'autres jetés q: el parfont fossé » (dans les fossés de la ville ou dans une basse-fosse). — Nous ne connaissons point de localité nommée Harponlieu. (Est-ce HarponviUe dans la Somme?)
Horsesaolins. — XXIII, iSg. Architrîclinus (Scheler).
Hées (GossuiN de). — XIX, 23. A dérobé de l'argent ainsi que «Robert, ses serouges». — BN. lat. 10972 (Censier de 1261, f» 33 v») : « Pro domo que fuit dom* Gossuin de Hees. » Cette maison était située « extra portam de rotunda villa » (Bon ville). || Famille nombreuse : Robert de H., ms. 854i (année 1281 , Saint-Bemy); Congé de Fastoul (str. 44); — Waas de H,, ms. 854i, année 1269 (Pentec); — Jehan de H,, ibid,, 1285 (Pentec); — Heuvins de H,, ibid,, 1S02 (Purif.). — Sur Jehan de H., voyez Fontaine (Jehan de lej.
Hellins (Audefroi). — XVIII, 1 26 et suiv. Se prépare à partir pour la guerre contre l'empereur. On le donne comme un géomètre fameux : il lui suffit de voir une armée pour calculer le nombre des soldats. Il prédit même l'avenir, et annonce par avance quel est, dans un combat, celui des deux partis qui l'emportera. — XIX, 22. Audefroi H. a dérobé de l'argent. — En 1235, Hellinus Audefridus est témoin d'un acte, et il est désigné comme pair du chevalier Badulphe de Raonville. BN. lat. 17737, f* 33 r*. Voyez aussi le même ms., f» 35 r". Ce personnage est encore témoin d'un acte.
Heudeoourt (ou Hendecourt?) (Huars de). — V, loi et suiv. Bien que ce personnage soit cité dans une pièce toute d'imagination et de fantaisie, il parait certain qu'il a réellement existé, et que le poète a glissé un trait de satire contre un baiUi de son temps, homme sévère et qui ne regardait pas d'un œil paternel les buveurs et les tapageurs.
Hersent (Demisele). — XrV, 21. Nom de fantaisie.
Hersent. — XXm, 54> Nom de fantaisie. Donné comme parâtre de Willaume Mordenare et comme cousin germain de Vrouwe Lisse, tante de Simon Banin. (Voyez ces noms.) Tout cela n'est qu'une plaisanterie, et ces gens-là sont parents < a douze Hues près d. (Ibid., 52.)
Hestrus (Engherans de). — XVI, i44-5. Trompeur. || On trouve assez souvent le nom* de cette famille : Wautier de H., ms. 854 1, année 1270
l3a BIBLIOTHEQUE DES UNIVERSITES DU MIDI
(Purif.); — Ansiaus de H., God. Inv, 1, 588, année 1286; — Jehan de H,, quittances de i3o6. {Arch. dép. du P.-de-C, A, 218 et 219.)
Hoilans (Wiques). — XXIV, iSg et suiv. — Était mort au moment où la pièce fut composée. L*auteur semble le regretter à cause de son intégrité, que le contraste des mœurs de ses successeurs rend plus éclatante encore.
Hoillequin (Comte). — XXIII, 5. Voyez Boulogne (Comte de). Nous ne savons ni quel est ce personnage, ni s*il a donné son nom à la fameuse maisnie Hellequin. Le contexte prouve qu'il est certainement question d*un héros de chanson de geste.
Hondremarc. — XXIII, 25. Personnage de fantaisie. L'un des Flamands qui s'arment pour marcher contre Neuville.
Hongrie. -XXIII, 127.
Houssoie (Sire de le). — XVI, 147. Trompeur. On ne peut savoir qui est visé dans ce passage, à cause de l'absence de prénom. — La Houssoye est dans la Somme, arrondissement d'Amiens, canton de Gorbie.
Huquedieu. — Nom très répandu. La plupart de ceux qui l'ont porté paraissent avoir appartenu à une seule famille, riche et puissante.
i' Henri H,— XIX, Sg et suiv. A détourné de l'argent. — God. Inv. I, p. i56. Pièce d'avril 1244 : « Asso, évéque d'Arras, déclare avoir appris par les curés de son diocèse, dignes de foi, que Robert, de l'ordre des frères prêcheurs, juge délégué en France contre les hérétiques, avoit dénoncé plusieurs fois en public Henri Hukedieu pour avoir mal parlé de la foi, l'avoit assigné en lieu sûr et lui avoit donné un terme pour comparaître dans les foires de Champagne, et purger son innocence, et ledit Henri ne s'y étant pas trouvé, l'évêque l'a excommunié à Arras, dans un sermon public, comme hérétique. » — BN. lat. 10972, f* 11, r<* : « Henricus dictus Hukedieu pro domo que fuit Tasse dicte Grespine pro augmento mansi sui. » Cette maison était sise « in strata versus Brounes ».
— Du vers 89 de notre texte on peut inférer que Henri H. demeurait dans le voisinage de l'abbaye [de Saint -Vaast]. — Sur ce personnage, voyez à l'article Robert Crespin un acte de 1267. Henri H. appartenait assurément à la première moitié du xiii*«siècle.
2* Jehan H. — XXIV, 42 et suiv. Il a remis un faux brevet pour être moins lourdement taxé, lors de l'affaire de l'impôt. Au lieu de déclarer les artésiens neufs qu'il possédait (monnaie de grande valeur), il n'a reconnu que de vieux doueziens. — God. Inv. H, p. 483. Le 8 octobre i3o2, le receveur du comte d'Artois reconnaît devoir, pour son maître, 1,108 1., 9 s., 6 d. p. à Jean H. — Arch. dép. du P.-de-C, A, 186. Quittance de Jean H. au comte, le 3i décembre i3o2. — Ibid., A, 195 : quittance du même, le 28 octobre i3o3, « pour espisserie et autres denrées. » Il était donc commerçant. || Autres membres de la famille : Jakemon H. (Arch. man. d'Arras. Parchemin non coté de 1298-1299; ms. 854i, f* 35 V.)
— Wa^st H. (Congé de Bodel). — Bauduin H., fils du précédent. (Arch.
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CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIII* SIECLE l33
mnn. d'Arras. Trois chartes sur parchemin, de 1298 et 1299.) — Lambert H. (Arch. des miss, scient, et litt., 2* série, t. II, p. a54; BN., lat. 17787, f» 87 V»; Arch, dép, du P.'de-C,, H, Prévôté des eaux. Copies de chirogr., f» 57 V*, année 1268; Ibid., H, carton CG, liasse 3, année 1271.)