LA PERLE
J'eus comme un éblouissement, Et je devins sa fantaisie.
Entre toutes assurément C'est elle que j'aurais choisie.
Cela dura ce que voulut Son cher caprice d'amoureuse ; Puis, un jour, hélas ! il lui plut De me faire une plaie affreuse.
Jours adorables, jours maudits !
Mes lèvres n'ayant plus sa bouche Avaient perdu le Paradis Et le soleil me fut farouche.
Je ne reniai pas l'amour, Seulement je me dis : « C'est elle « Par qui mes yeux voyaient le jour, « Et cette blessure est mortelle! »
Je vis encor, malgré mon cœur; Mais au plus pur de ma pensée, Bien loin de tout regard moqueur, Une larme s'est condensée.