‹ Chansons et madrigauxChapitre 29 sur 32 · JEANNE SAMARY · texte numérisé non relu

JEANNE SAMARY

Elle est la jeunesse. Ses yeux, Bien que myopes, ont des flammes.

Toute petite entre les femmes, Elle n'en sait plaire que mieux.

Elle est la grâce. Oiseau joyeux.

Elle n'a rien des grandes dames.

Et l'on n'écrira pas de drames Pour ce Gavroche radieux.

Elle n'est la coquetterie

Que juste assez pour qu'elle rie,

Montrant ses dents d'un blanc de lait.

Elle est la beauté gaie et blonde.

Et, si son caprice voulait.

Elle aurait à ses pieds le monde.

A JEANNE GRANIER. 8l

JEANiNE GRAXIER

Vos jolis yeux de blonde ont des regards d'Avril : Vous êtes le printemps, et de votre jeunesse Sort, avant que l'esprit charmé se reconnaisse, Une grâce qui met vos juges en péril.

Le théâtre est un ciel jaloux. Pourquoi faut-il

Que les vieux astres soient fâchés qu'un astre naisse?

Votre jeune rayon vaut bien leur droit d'aînesse,

Et je trouve l'envie un vice puéril.

Si la joie ici-bas nous vient de la lumière, N'ayez pas le souci d'être ou non la première : Brillez! En vous voyant, je songe aux soirs d'été

Où, cherchant dans l'azur ainsi que sous un voile.

Par un égal désir d'amour et de clarté

Mes veux aiment à voir se lever toute étoile.

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