‹ Chansons et poèmes /Henri HeineChapitre 21 sur 39 · I. — Couronnements · texte numérisé non relu

I. — Couronnements

Eveillez-vous, ô mes chansons, Et vous, trompettes, de vos sons Saluez celte jeune reine, Saluez cette vierge en fleur, Car, au royaume de mon cœur.

Elle est maîtresse souveraine.

Avec les rayons du soleil

Je veux faire un bandeau vermeil

Pour ceindre sa tête charmante ;

1. Cette pièce a été imitée par M. Jean Richepin sous le titre de Sérénade, dans son recueil des Carefises. Nous nous sommes permis de lui faire des emprunts, sûr qu'il ne nous en saurait pas mauvais gré.

Par moi dérobé dans les deux, Un lambeau d'azur radieux Formera sa royale mante.

Puis, je composerai sa cour Avec des sonnets faits au tour Et d'élégantes poésies ; Mon esprit sera son coureur, Son héraut sera mon humeur Et son bouffon, ma fantaisie.

Moi-même, le cœur plein d'amour, Je viendrai me mettre, à mon tour, A vos genoux, ô ma princesse, Et, féal, vous offrir en don Ce que m'a laissé de raison Celle, avant vous, qui fut maîtresse,

H. — Crépuscule.

Près des flots, sur la pûle grève Je m'assis, le cœur plein de rêve.

LA MER DU NORD 19 i

Le soleil déclinant projetait sur lu iner Ses rais de pourpre et d'or ; je voyais écumer Sous le tlux qui montait la vague mugissante ; Et c'était un bruit plein de charme et d'épouvante. J'entendais des sifflets et des chuchotements, Des rires cristallins, des plaintes douloureuses, Des soupirs étoufles et de longs hurlements Qui, parfois, se mêlaient à des sons doux et lents

Et câlins comme une berceuse.

Il me semblait ouïr ces contes du passé.

Ces si jolis contes de fées

Que j'écoutais, jamais lassé.

Par quelque paisible soirée.

Tout petit, avec mes amis

Assis sur le degré de pierre

De la porte, où quelque commère Nous tenait attentifs, immobiles, ravis.

Et cependant, à leur croisée-

Enlr'ouverle au-dessus de nous.

Auprès d'un pot de giroflée,

De belles filles aux yeux doux.

Blonde pensive, accorte brune.

Souriaient au clair de la lune.

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