‹ Chansons et toastsChapitre 15 sur 100 · LA CHANSON DU TROUBADOUR · texte numérisé non relu

LA CHANSON DU TROUBADOUR

Que le jour commence ou s'achève, Pour vivre et savourer mon rêve, Connais-tu l'endroit le meilleur?

L'oreiller où, pauvre poète, Je voudrais reposer ma tête?

Ton cœur.

Sais-tu quelle est la blonde tige, Où, pleine de désirs, voltige Ma bouche, comme un oiseau fou?

Le blanc roseau flexible et tendre Où je voudrais toujours me pendre?

Ton cou.

De tous les pinsons et les merles, De leurs chants égrenant les perles Dans le silence des grands bois, Sais-tu quelle est la note chère Qu'à leur gazouillis je préfère?

Ta voix.

Lorsque la nuit étend ses voiles, Sais-tu de toutes les étoiles Celles qui m'entr'ouvrent les cieux?

Celles qui font, ô mon cher ange !

Qu'en aube mon ombre se change ?

Tes yeux.

Sais-tu, sais-tu quelle est la femme Qui pour toujours a pris mon âme ?

Qui tient ma raison sous sa loi?

Celle qui verse sur ma vie La joie ou la mélancolie?

C'est toi.

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