JOLI MOIS DE MAI
A mon ami Emile Bourdelin.
De la grande plaine au ravin, De la forêt à la colline, Partout c'est un concert divin, Partout l'allégresse domine.
C'est l'apothéose des rieurs :
Apprêtez vos sonnets, poètes; C'est le triomphe des couleurs :
Peintres, préparez vos palettes !...
Joli mois de Mai, te voilà revenu,
Apportant la feuille Qu'avec joie on accueille,
Apportant la feuille Pour orner l'arbre nu.
C'est fête dans tous les buissons, C'est fête sur toutes les branches ; Duos charmants, folles chansons, Partent des aubépines blanches.
Tout est harmonie et gaîté.
Tout est parfum, tout est lumière;
Au soleil, le déshérité,
Peut enfin chauffer sa misère.
Joli mois de Mai, te voilà revenu,
Apportant la feuille Qu'avec joie on accueille,
Apportant la feuille Pour orner l'arbre nu.
Il se fait partout des hymens Ne comportant contrats, ni clauses.
Par les bois et par les chemins Il pleut des baisers et des roses.
Les oiseaux commettent, sans peur, Dans des poses pleines de charme, Mille attentats à la pudeur, Même sous les yeux du gendarme,
Joli mois de Mai, te voilà revenu,
Apportant la feuille Qu'avec joie on accueille,
Apportant la feuille Pour orner l'arbre nu,
Mai, c'est le mois cher aux amours ; De chauds désirs les cœurs s'emplissent Par degrés s'allongent les jours, Et les jupes se raccourcissent.