QUAND TU" SERAS GRAND
De ces soins, de ce tendre amour, Tu connaîtras le prix un jour.
Grandis, mon enfant.
Pour devenir père toi-même;
Grandis, mon enfant, Ça viendra quand tu seras grand.
Enfant, pour te bien baptiser, Dût-il tacher ton premier lange, Ton parrain voudrait t'arroser Du jus pourpré de la vendange; Mais de boire le petit-bleu Tu semblés te soucier peu.
Grandis, mon enfant, Tu verras comme le goût change;
Grandis, mon enfant, Ça viendra quand tu seras grand.
Fils du peuple, on a pris ton nom
Dans les noms des grands rois de France.
Pourtant ni cloche ni canon
N'auront salué ta naissance.
Les rois sont morts. Bientôt, crois-moi,
Le peuple sera le vrai roi.
Grandis, mon enfant, Pour aider à sa délivrance ;
Grandis, mon enfant, Ça viendra quand tu seras grand.
Puisses-tu, c'est notre oraison, Dans la vie avoir en partage, Sagesse, bonheur et raison, Trois bons compagnons de voyage..
Mais la raison, pauvre marmot, Tu n'en sais pas le premier mot...
Grandis, mon enfant, Ce trésor-là vient avec l'âge;
Grandis, mon enfant, Ca viendra quand tu seras grand.