CHANTEZ, POETES
A mon ami Jean Lassalle.
Que dites-vous, esprits moroses, Sans cesse en vos cris superflus?
Qu'indifférents à toutes choses Les poètes ne chantent plus?
A-t-il donc cessé de paraître Le soleil qui fait tout germer?
Ont-elles oublié de naître Les fleurs faites pour embaumer?
Eh ! Ion, la, vous aurez beau dire, Tant que les roses fleuriront, Sur la musette ou sur la lyre Les poètes chanteront !
Juillet est né, parant sa tète De pampres verts, de blonds épis ; Les coteaux ont des airs de fête, On dirait qu'ils sont rajeunis.
La vigne promet à l'automne Un fruit abondant et vermeil, Et le vieux vigneron entonne Un hymne joyeux au soleil.
Eh! Ion, la, vous aurez beau dire, Tant que les brocs se rempliront, Sur la musette ou sur la lyre Les poètes chanteront !
L'amour est le divin poème
Que dans tous les cœurs Dieu grava.
Aimer est notre bien'suprême...
Qui donc a dit : l'amour s'en va?
La femme est-elle moins jolie?
Et ses baisers sont-ils moins doux?
Si l'amour est une folie,
Les plus heureux sont les plus fous.
Eh ! Ion, la, vous aurez beau dire, Tant que les femmes charmeront, Sur la musette ou sur la lyre Les poètes chanteront !
Dans les buissons ou dans les herbes Faites vos nids, oiseaux charmants ;