PLUS DE POLITIQUE
Çà, disciples de la Chanson, Vous avez donc fait fausse route?
Bien dure est pour vous la leçon; Que d'or votre audace vous coûte !
Politiquer n'est pas permis, Même en la langue poétique.
Chantez, ô mes amis!
Mais plus de politique.
Vous me direz... je vous entends, Qu'on ne saurait toujours se taire, Qu'aujourd'hui d'adroits prétendants Vont... chut! ce n'est pas votre affaire.
(*) Le journal la Ligue des Poètes condamné à 3,000 fr, d'amende pour avoir publié une chanson politique.
Pour relever votre pays
A la Vierge offrez un cantique.
Chantez, ô mes amis !
Mais plus de politique.
Vous direz : « Par delà les mers, Lorsque, par troupeaux, on transporte Des malheureux chargés de fers, Le cœur s'émeut »... Peu vous importe ! Pendant que pleurent les bannis, Rimez quelque refrain bachique.
Chantez, ô mes amis!
Mais plus de politique.
Songez qu'en simples passagers Vous voyagez sur un navire ; Quand le vaisseau court des dangers Les voyageurs n'ont rien à dire.
— Oui ! mais à la côte on fut mis Par un capitaine et sa clique...
Chantez, ô mes amis !
Mais plus de politique.
Non, ailleurs portez vos regards :
Creusez les problèmes immenses; Dans le champ du progrès, des arts.
Jetez de fertiles semences;