‹ Chansons et toastsChapitre 69 sur 100 · LA PROMESSE DE NINON · texte numérisé non relu

LA PROMESSE DE NINON

Éveille-toi, gentille paresseuse,

Le gai soleil brille depuis longtemps;

Les prés sont verts; c'est la saison joyeuse,

C'est aujourd'hui la fête du printemps.

L'hiver dernier, t'en souvient-il, ma belle ? Quand s'ébaucha notre roman d'amour, Tu me juras qu'à la saison nouvelle Tu m'aimerais au moins pendant un jour.

Or, ce beau jour est arrivé, mignonne.

Le pinson chante et le bois refleurit; De fleurs avril a tressé sa couronne : Je viens toucher le cher billet souscrit.

Viens, le printemps donne de douces fièvres, Et je connais plus d'un étroit chemin Où nous irons, les lèvres sur les lèvres, L'un contre l'autre et la main dans la main.

Le ciel est pur, la brise est embaumée, Les nids sont pleins d'amoureuses chansons ; Notre doux nid, à nous, ma bien-aimée, Nous le ferons à l'ombre des buissons.

Viens, nous irons fouler les hautes herbes, Tantôt courant après les papillons, Tantôt faisant de véritables gerbes De fleurs des champs que nous rapporterons.

Puis, à nos jeux, enfin, mettant un terme, Quand nous aurons couru comme des fous, Je sais là-bas une modeste ferme Où l'on boit frais, loin des regards jaloux.

Mets aujourd'hui ta plus belle toilette, Sur tes cheveux pose ce frais chapeau ; Ce ruban sied à ton teint de brunette, Ces bijoux vont à ton cou pur et beau.

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