‹ Chansons et toastsChapitre 96 sur 100 · VIEILLES RELIQUES I · texte numérisé non relu

VIEILLES RELIQUES I

Mes doigts toujours tremblent lorsque je t'ouvre, Gentil coffret, qui renfermes, pour moi, Plus de portraits charmants qu'en a le Louvre, Plus de trésors qu'en peut avoir un roi.

Ce médaillon, c'est le portrait d'Estelle, Qui me jura de m'aimer sans retour.

Huit jours après, la volage cruelle Faisait ailleurs mêmes serments d'amour.

Bonjour! Ninon, fleurette à peine éclose, Dont un sultan eût orné le sérail; Tu ris, montrant dents blanches, bouche rose, Perles dormant sur un lit de corail.

Sombre, voici le portrait de Silvie, Brune au cœur d'or, rarement contenté, De nos baisers toujours inassouvie,...

Je te salue, ô fleur de volupté !

Je les .revis avec toi ces dimanches Où nous courions sur les grands tapis verts; Que de festins nous primes sous les branches ! Quels déjeuners... ! et surtout quels desserts...!

i8o CHANSONS

C'était au temps où toute fleur enivre, Où tout renaît pour sourire et charmer. Aux jours d'avril, à deux, il fait bon vivre ! C'est la saison que Dieu fit pour s'aimer.

Voici le coin appelé mes archives, Bibliothèque intime des amants, Pattes de mouche, amoureuses missives, Tendres billets, griffonnages charmants 1

Je vous revois, précieuses reliques, Chers petits riens, ayant plus de valeur Pour moi, que tout l'or des deux Amériques, Car vous parlez de joie et de bonheur.

Voici le gant de la blonde Rosine, De mes baisers tout frisonnant encor.

Gant, qu'as-tu fait de la main blanche et fine» Que tu cachais comme on cache un trésor ?

Frêle ruban dont l'aspect me transporte, Au bal, un soir, dans les cheveux d'Irma, Tu voltigeais, mais comme une aile morte, Tu te flétris... l'oiselet n'est plus là.

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