L OFFRANDE
Veux-tu mon cœur pour tes mains douces ?
Je veux, des repos sur les mousses
Au fond des bois de solitude.
Je suis lasse' de ma tristesse;
La vie est courte, la vie est rude,
Enveloppe ma tète dans tes tresses.
— Je ne connais plus les vieilles tendresses; La vie a pris mon pauvre cœur
Un soir que j'avais eu trop de pleurs.
Veux-tu l'amour que tu ne sais plus?
Je sais la prière éperdue Qui peut te rendre ta jeunesse ; Le printemps mort n'est qu'en allé, Nous aurons de divines paresses Sous les clairs de lune étoile's.
— A quoi bon vouloir le passé ?
Parle plus vite et comprends-moi :
Je ne suis pas celle d'autrefois.
Veux-tu des bagues, des bracelets ?
J'ai des coffres dans mon palais Pleins de perles et de colliers, J'ai des étoffes lourdes de joyaux ; Marchande d'amour sans pitié, Ne pleurons pas de vains tombeaux.
— Pourquoi n'avoir parlé plus tôt ?
Je ne comprends pas les mots d'amant, Le mien est mort il y a trop longtemps.
Roule l'amour mort dans ton manteau !
Loin de l'abri de mon château
Où son image seule est restée,
Elle ausssi, loin, s'en est allée...
Sois-moi comme elle : avec ton corps, avec la nuit
Ce sera peut-être un peu d'oubli.
ioo —