RONDE
Les feuilles nouvelles dans la brise Tremblent aux branches rafraîchies, Les oiseaux chantent dans les prairies Ils se sont vus, ils se sont ri ; Leurs voix ont vibré dans la brise.
La fuite des tristesses anciennes Dit son adieu dans leur antienne.
Le soir est doux, l'heure rêveuse; La lune glisse un rayon doux Dans la chambre du rendez-vous — Des baisers suivent un froufrou ; L'amour étend les heures rêveuses.
Tout le printemps les a bercés, Tout le printemps et tout l'été.
Les feuilles mortes dans le vent Tombent des branches dénudées Dans la forêt abandonnée — lisse sont bien longtemps aimés, Mais leurs voix pleurent dans le vent.
Tout est fané, n'est-ce pas l'automne ? Tout décor s'est fait monotone.
L'aurore filtre une lueur grise Dans l'ombre vague de la nuit D'où toute étoile est évanouie — Leur amour las les a conduits Sur une route longue et grise.
Et d'une voix lasse d'aveux
Où sanglotaient des sanglots vieux.
Tous deux ils se sont dit adieu.
Le soleil luit dans le matin, Le ciel est pur comme d'être heureux, Immensément, si bleu, si bleu — C'est l'heure d'autres amoureux Qui s'aiment encor dans le matin.