L EXILE
Je m'en suis venu trop fort et vrai Vers vos villes de fumées, Sans comprendre les mois de mai De vos passions fades et sucrées.
Vous m'avez dit que j'étais niais, Mais j'ai ri de vos billevesées; Je sais les sources qui ne tarissent jamais Et les tempêtes dans les nuées.
Sur d'autres chairs aux langueurs brunes
J'ai connu l'étreinte des grands bras,
Et vos amours de clair de lune
Feraient rire les yeux qui me pleurent là-bas.
Oh ! les brouillards au-dessus des gares ! Fuir emporté sur des rails de feu Vers les soleils des mers barbares Dans mon pays tout or et bleu !
O mon pays I O mon pays !
Dormir encore sous tes palmiers...
Mais le disque croule et c'est la nuit O vous les serviteurs d'ici Qui m'insultez quand je suis ivre, Versez l'eau verte qui délivre.