‹ ChansonsChapitre 108 sur 201 · PÈRE CAPUCIN · texte numérisé non relu

PÈRE CAPUCIN

Vous qui confessez ma femme , Gomme un petit saint,

Que pensez-vous de son âme , Père capucin ?

Pour pouvoir mieux parler d'elle, Mettons-nous sous la tonnelle.

— Soit, mon gros Lucas, Mais je ne parlerai pas.

— Approchez-vous de la table , Et puis commencez :

Voyons, ma femme Que diable

Vous la connaissez !

Parlez; je suis tout oreilles

Débouchons ces deux bouteilles.

— Soit, mon gros Lucas ; Mais je ne parlerai pas.

— Bien qu'elle se dise blanche Comme le coton ,

Elle n'avait pas, dimanche,

L'absolution.

Le cas était donc bien grave?...

Si nous goûtions de ce grave?

— Soit, mon gros Lucas; Mais je ne parlerai pas.

— La colère et la paresse Ne sont pas son fait.

Elle est toujours à la messe :

Qu'a-t-elle donc fait?

Allons, pas tant de vergogne

Vous préférez le bourgogne ?

— Oui , mon gros Lucas ; Mais je ne parlerai pas.

— Après tout, que nous importe?

Que nous sommes fous !

Regardez ; je ne m'en porte

Pas plus mai, ni vous.

Allons, je bats la campagne....

Qu'on apporte du Champagne !

— Soit , mon gros Lucas ; Mais je ne parlerai pas.

Pourtant, tu le veux; écoute.

Mon pauvre Lucas :

Ta femme — Non. Je m'en doute ;

Ne le dites pas.

Mettons que c'est la colère ; A ta santë, mon compère.

— Soit, mon gros Lucas; Buvons et ne parlons pas.

Page 1